Moto GP

Bilan 2020 : Ducati, tout en puissance

Jusqu’à fin février, avant d’embrayer sur une nouvelle saison de MotoGP, la rédaction sports mécaniques va tirer les conclusions de cette saison 2020 très palpitante. D’Aprilia à Ducati, plusieurs mondes d’écart existent, avec des ambitions totalement différentes. Il est temps pour chaque écurie d’être passée au crible, afin de voir ce qui a pêché, ce qui a été bien réalisé, ce qui aurait pu être mieux fait. Aujourd’hui, la saison de Ducati sera analysée et nous verrons en quoi la saison de la firme aux couleurs rouges fut véritablement satisfaisante.

DUCATI TEAM : ESPOIRS DÉÇUS (4E, 213PTS)

COUP D’ŒIL DANS LE RÉTRO :  

La saison 2019 fut bonne pour l’écurie italienne. Certes, en raison de la domination de l’Espagnol Marc Márquez, Ducati ne put remporter que 3 courses au cours de cette année. Mais l’équipe a pu montrer que les deux pilotes italiens étaient capables de réussir de grandes choses, additionnant les 3 podiums de Danilo Petrucci et les 9 d’Andrea Dovizioso. Ce dernier fut même « sacré » vice-champion du monde. Les objectifs de la marque italienne pour la saison 2020 étaient donc les trois titres : constructeurs, équipes, et pilotes, avec Andrea Dovizioso…

LE RÉSUMÉ DE LA SAISON :

La campagne 2020 ne fut pas aussi bonne que les précédentes pour l’écurie. En effet, avec seulement deux victoires pour ses pilotes (une chacun), et un podium supplémentaire pour Andrea Dovizioso, l’écurie ne put se contenter que d’une quatrième place. Il s’agit de son moins bon résultat depuis 2013. De plus, l’objectif donné à Andrea Dovizioso n’a pas été rempli, et il a dû se contenter d’une quatrième place finale. De son côté, Danilo Petrucci termine sa dernière saison en rouge à la douzième place. En revanche, du côté du classement constructeurs, le résultat est bien meilleur. En effet, pour la première fois depuis 2007, la marque italienne a été sacrée championne du monde !

LES PILOTES :

ANDREA DOVIZIOSO (4E, 135PTS)

Pilote Ducati depuis la saison 2013, Andrea Dovizioso jouit d’une grande expérience avec cette marque. Avec de nombreuses victoires et plusieurs titres de vice-champions du monde, il était celui qui devait succéder à Casey Stoner. Mais à la surprise générale, c’est le 16 août que la nouvelle tombe: il s’agira de sa dernière saison avec l’écurie. Le lendemain de cette annonce, il réussit tout de même à remporter le GP d’Autriche, après une course mouvementée. Mais le reste de la saison ne fut pas aussi bon que ce Grand Prix. Malgré un podium à la première course de la saison, Desmo Dovi ne fut plus capable d’intégrer le parc fermé. Sa dernière saison chez les rouges ne fut pas mauvaise, même si elle aurait pu être meilleure pour un pilote qui, comme lui, était favori pour le titre. Mais il faut garder en tête que cette saison était extrêmement disputée. Avec 135 points, le numéro 04 se trouvait à quatre points de la troisième place, mais aussi à dix de la neuvième. L’année sabbatique qu’il se réserve pour la saison 2021 lui permettra de se ressourcer après 12 ans passés en catégorie reine, et surtout de préparer son retour pour 2022.

DANILO PETRUCCI (12E, 78PTS)

Le pilote de 30 ans n’a pas eu une saison très aisée. En effet, malgré avoir été plus au moins au même niveau que son coéquipier en qualifications, il n’a pas pu rivaliser avec lui en course. Dovizioso a bel et bien marqué près du double de ses points. Dans un championnat aussi ouvert que celui qui vient de se dérouler, Petrucci n’a pas réussi à rentrer dans le top 5, excepté une fois. Effectivement, au Grand Prix de France, le pilote italien a réussi l’exploit de remporter la course. À la surprise générale, Petrux a réussi à rester sur ses roues sur la piste humide de la Sarthe, et à remporter sa deuxième course. À l’instar de son coéquipier, le reste de la saison ne fut pas joyeux, et il terminera la saison à la douzième place, bien loin de ses espérances du début de saison. Il espère maintenant pouvoir rebondir au guidon de la KTM de l’écurie française Tech 3.

 

PRAMAC RACING : LA JEUNESSE S’IMPOSE (5E, 183PTS)

Constituée des deux mêmes pilotes que l’an passé, l’écurie Pramac a réussi une saison tout à fait honorable. Avec un total de 5 podiums pour ses pilotes, elle a réussi à se maintenir à ses positions habituelles. Mieux encore, ses pilotes ont réussi à prouver que la différence entre les équipes satellites et officielles n’était plus aussi imposante. Il ne reste donc maintenant plus qu’à obtenir une victoire pour l’écurie italienne. Un objectif qu’elle espère atteindre depuis sa création, en 2002…

LES PILOTES :

JACK MILLER (7E, 132PTS)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jack Miller s’améliore d’année en année ! En effet, avec 4 podiums cette saison, le pilote australien s’est imposé comme un prétendant sérieux à la victoire. De plus, il a fait preuve d’une régularité exemplaire, terminant dans le top 10 à chaque fois qu’il passait le drapeau à damier. Mais Jackass a malheureusement été touché par la malchance cette année : son abandon en Andalousie fut le seul dont il était réellement responsable. En effet, au Grand Prix d’Emilie-Romagne, son filtre à air se retrouve bouché par un tear-off de Fabio Quartararo. Au Mans, son moteur casse alors qu’il se battait pour la victoire. Enfin, au GP de Teruel, Brad Binder le percute en début de course. Malgré tout, l’Australien réussit à terminer à la septième place finale, à seulement 7 points de la troisième place. Nul doute que sans ces déboires malencontreux, il aurait certainement pu intégrer le podium du classement final.

FRANCESCO BAGNAIA (16E, 47PTS)

La saison de Francesco Bagnaia fut assez particulière. D’un côté, il a pu montrer qu’il était capable de maitriser la Ducati qu’il avait entre les mains. De l’autre, il a aussi montré qu’il manquait d’expérience en MotoGP et surtout de régularité. Mais sa saison aurait pu être bien différente. En Andalousie, Pecco était à deux doigts d’atteindre le podium pour la première fois, mais son moteur en a décidé autrement. De plus, sa chute lors des essais libres à Brno lui a fracturé le tibia, l’obligeant à manquer trois rendez-vous. Fort heureusement, dès son retour, il réussit à monter sur la seconde marche du podium, chez lui à Misano. Mais dès la semaine suivante, il chute sur le même circuit, alors qu’il s’envolait vers sa première victoire. Le reste de la saison fut bien plus compliqué pour le disciple de Valentino Rossi. Il ne put rentrer qu’une fois dans le top 10, et abandonna à 4 reprises.

Ducati Jack Miller Pecco Bagnaia

Jack Miller et Francesco Bagnaia
Crédit photo : Paddock GP

MICHELE PIRRO (23E, 4PTS)

Comme à son habitude depuis 2013, Michele Pirro a roulé pour Ducati cette saison. Compte tenu de la crise sanitaire, il n’a pas pu exercer en tant que Wild-Card, mais en tant que remplaçant. Il a en effet remplacé Francesco Bagnaia à deux reprises, blessé au tibia. Le pilote essayeur a réussi à marquer 4 points pour la marque et l’équipe en Autriche, alors qu’il s’élançait dernier. Il ne put cependant pas marquer de points la semaine suivante au GP de Styrie.  Peu de choses peuvent donc être dites sur la saison de Michele Pirro. Il faut donc espérer que la situation sanitaire s’améliore, afin que l’on voie l’ancien policier et d’autres Wild-Card de retour sur les pistes l’an prochain.

 

ESPONSORAMA RACING : ENTRE EXPLOITS ET DÉSILLUSIONS (10E, 87PTS)

La troisième écurie Ducati a de nouveau vécu une saison bien compliquée. Malgré le fait que Johann Zarco ait pu démontrer qu’il était capable de maîtriser la machine italienne, l’équipe espagnole ne termine que 11e du championnat par équipes, et donc avant-dernière. Probablement pénalisée par les GP19 que pilotaient leurs pilotes, l’écurie n’a pas pu bénéficier de cette saison très ouverte. Bien qu’elle ait profité du talent de son pilote français….

LES PILOTES :

JOHANN ZARCO (13E, 77PTS)

Rédemption ! Après une demi-saison catastrophique avec KTM, le pilote français est revenu en force cette année. Au guidon de sa GP19, il a réussi de belles choses, sûrement bien plus que ce que l’on attendait de lui. Découvrant la machine Ducati, les exploits de cette saison ont permis d’oublier ses déboires de l’an passé. Dès le troisième Grand Prix de la saison, Johann Zarco effectue la pole le samedi à Brno. Le lendemain, il s’adjuge la troisième position et monte sur le podium pour la première fois depuis plus d’un an. Il rentre au passage dans l’histoire d’Esponsorama Racing, étant leur premier pilote à accomplir ces résultats. Le reste de la saison ne fut pas aussi glorieux, mais avec deux autres Top 5, le pilote cannois peut être satisfait de sa saison d’adaptation à sa nouvelle machine.

Ducati Tito Rabat Johann Zarco

Johann Zarco et Tito Rabat à Portimao
Crédit photo : GP Inside

TITO RABAT (22E, 10PTS)

Ce fut une saison de nouveau bien difficile pour Esteve Rabat. Le pilote de 31 ans n’a pas pu suivre le rythme de son coéquipier. C’est bien simple, au bout de la saison, Johann Zarco a marqué près de huit fois plus de points que lui. L’Espagnol ne réussira à marquer que dix petits points cette année, avec comme meilleur résultat une onzième place. Il accusera même, au micro de DAZN, son équipe de lui empêcher d’effectuer un bon résultat. Et bien qu’étant un apport massif d’argent pour l’écurie, le divorce était acté et le pilote catalan quitte l’écurie. Il tentera alors dès la saison prochaine d’avoir de bons résultats en Superbike, au guidon d’une Ducati de l’équipe Barni. Son premier objectif sera sans doute de se refaire une image, et d’oublier ses déboires passés en MotoGP…

 

COUP D’ÉCLAT / COUP DE BLUES

  • Le sacre du constructeur italien à la fin de cette saison, pour la première fois depuis 13 ans.
  • Les équipes seront (presque) complètement remodelées l’an prochain, rendant bien difficile le fait de continuer le travail déjà entamé cette saison.

 

LE POINT STATISTIQUES :

  • 229 : le nombre de courses auxquelles a participé Andrea Dovizioso dans sa carrière en catégorie reine.
  • 13 : le nombre d’années entre le dernier sacre de Ducati au championnat constructeurs et celui-ci.
  • 352,9 : le nombre de kilomètres par heure qu’a atteint Francesco Bagnaia sur le circuit de Barcelone.
  • 20 : le nombre de circuit où Ducati a réussi à gagner depuis son arrivée en MotoGP.

 

Ducati a réussi ! Après treize saisons sans titre, l’écurie italienne a une nouvelle fois décroché le titre constructeurs. Il est sûr que la marque va viser plus lors de la saison à venir, allant contester l’écurie championne, Suzuki. Et pour ce faire, elle va compter sur une line-up totalement inédite ! Les trois rookies se préparant à faire leurs débuts en MotoGP vont tous les trois les faire chez Ducati. L’écurie Esponsorama Racing va aligner ses deux pilotes venants du Moto2 : le vice-champion du monde 2020 Luca Marini en fera partie. Monté en catégorie reine grâce à la structure de son demi-frère Valentino Rossi, il roulera pour le team Esponsorama, mais sous les couleurs du Sky VR46, couleurs qu’il portait déjà l’année écoulée. Il sera accompagné par son rival de cette saison, et l’actuel champion Moto2, Enea Bastianini. Les deux pilotes italiens seront rejoints au sein de la firme Ducati par un autre rival, en la personne de Jorge Martin. Le jeune pilote espagnol fera ses débuts en catégorie reine après une belle saison en Moto2, ponctuée de 6 podiums. Ayant quitté la firme KTM pour rejoindre l’écurie italienne, il sera épaulé par Johann Zarco dans le team Pramac. Le pilote de 30 ans bénéficie d’une promotion, et aura pour objectif de monter sur le podium, ainsi que d’obtenir des victoires. Cela serait une occasion pour lui de prouver à l’écurie officielle qu’elle a eu tort, lui préférant Pecco Bagnaia. Le pensionnaire de la VR46 Academy intégrera l’écurie officielle aux côtés de son coéquipier de la saison passée, Jack Miller. Les deux pilotes connaissant déjà la GP20, leur but sera ainsi de continuer le travail entamé en cette saison 2020. Et peut-être que, pour le pilote australien, l’objectif de cette saison sera de viser la couronne mondiale…

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