Même si il s’est achevé prématurément, l’épisode 2019-2020 de la saison de patinage artistique nous aura réservé beaucoup d’émotions. We Sport vous propose un review complet, catégorie par catégorie, et on commence donc par les hommes.
Le Super Slam de Yuzuru Hanyu
Yuzuru Hanyu est devenu le premier homme de l’histoire à compléter un « Super Slam ». Cela consiste à gagner tous les grands titres internationaux : championnat du monde junior et senior, finale du Grand Prix junior et senior, championnats d’Europe / 4 Continents (cela dépend de la nationalité du patineur) et Jeux Olympiques. Il ne lui manquait qu’un seul titre, celui des 4 Continents, et il l’a obtenu cette année à Séoul. Dans une compétition réunissant tous les athlètes non-Européens, mais sans ses principaux concurrents que sont Shoma Uno et Nathan Chen, il a eu la voie libre pour triompher et rentrer un peu plus dans l’histoire de son sport.
Nathan Chen, la folie des grandeurs
Le duel Chen – Hanyu tant attendu toute la saison aura eu lieu une seule fois, à 2 (GPF). C’est l’américain qui l’a gagné, en établissant par la même occasion trois records du monde (celui du programme court sera battu par Hanyu quelques semaines plus tard). Chen, connu pour ses nombreux quadruples sauts, a fait d’indéniables progrès dans l’interprétation de ses programmes. Pour preuve, son programme court de cette saison, patiné sur « La Bohème » de Charles Aznavour, ci-dessous à la GPF. La revanche, prévue à Montréal, n’aura pas lieu, mais cela restera le duel à suivre la saison prochaine.
Kévin Aymoz, une saison en grand huit
Des hauts très hauts, et des bas très bas. Voilà comment on pourrait résumer en quelques mots la saison du français, même si objectivement, il y a eu plus de hauts que de bas. Deux médailles en Grand Prix, une qualification à la finale, et surtout ce fantastique podium à cette même finale, derrière les deux cadors Hanyu et Chen. Cela n’était pas arrivé depuis 13 ans, et Brian Joubert lors de la saison 2006-2007. Malheureusement, alors qu’il avait une vraie chance de médaille aux championnats d’Europe, il n’a pas réussi à se qualifier pour le programme libre après un programme court catastrophique. Néanmoins, il est maintenant connu et reconnu par le public et par les juges, qui apprécient sa musicalité et son interprétation.
Les patineurs japonais, entre renaissance et relève
C’est une autre histoire incroyable de cette saison, et elle tient en deux mots : Shoma Uno. Il est passé d’une très décevante 8ème place aux Internationaux de France, à une victoire éclatante aux championnats nationaux japonais, devant Hanyu ! Le vice-champion olympique de 22 ans n’aura pas pu prouver cette renaissance aux Mondiaux, mais nous le retrouverons sans doute l’année prochaine.
Chez les juniors, la relève est bien assurée. Shun Sato et Yuma Kagiyama ont porté haut les couleurs du Japon en remportant pour le premier, la finale du Grand Prix junior, et pour le deuxième les Jeux Olympiques de la jeunesse. Ajoutons également pour Kagiyama une médaille de bronze aux 4 Continents et une médaille d’argent aux Mondiaux juniors, et on peut facilement assurer que Hanyu et Uno n’ont pas de souci à se faire pour les prochaines années concernant la génération suivante.

Une saison russe en demi-teinte
Les hommes russes, contrairement aux dames, sont plutôt connus pour leur irrégularité. Et on en a eu l'exemple cette saison. Après des Grand Prix satisfaisants, et deux qualifiés pour la finale (Alexander Samarin et Dmitri Aliev), ils sont repartis bredouilles de Turin. Aux championnats d’Europe, Samarin, candidat au podium, n’a pas pu faire mieux qu’une 10ème place, alors que son compatriote Aliev remportait son premier grand titre. Artur Danielan, repêché aux championnats nationaux russes et que personne n’attendait là, a réussi à obtenir une belle 2ème place pour ses premiers championnats. Bref, vous l’avez compris, une saison en dents de scie pour la Russie, mais qui arrive toujours à présenter de sérieux prétendants au podium.
Cette catégorie présente un plateau très dense, mais sans hiérarchie clairement définie, ce qui nous donne de nombreuses surprises. Nul doute que ce sera la même chose la saison prochaine, surtout avec les montées en senior de certains juniors prometteurs.