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Pourquoi t’aimes le basket : l’ASVEL, par la grâce du père

Ah, le basketball, un sport chéri par beaucoup de personnes sur notre planète. Chaque son, chaque mot peut rappeler à un fan un merveilleux moment, mais aussi un souvenir douloureux. “Curry, way downtown : BANG !”, “Oh, blocked by James !”, “Oh Thomas Heurtel, donne-moi ton short !”, tant de phrases qui résonnent en nous encore et toujours. Mais au juste, qu’est-ce qui nous a fait aimer le basket, nous autres amateurs de la balle orange ? Quels évènements, quelles équipes ou quels joueurs nous ont fait basculer du côté obscur du terrain ? La rédaction basket de We Sport a essayé de répondre à ces questions à travers le point de vue de différents rédacteurs. 

L'ASVEL comme tremplin outre-Atlantique

Lorsqu'on naît à Lyon, que l'on est un garçon de la fin des années 90, il est difficile de ne pas se tourner vers le sport. Peu importe lequel d'ailleurs, tant la capitale des Gaules rayonne dans le domaine sportif. Football, hockey sur glace, rugby, aviron, athlétisme ou encore … basketball. L'ASVEL, à la fin des années 2000, est une place forte du basket en France. Vincent Collet entraîne cette équipe de la banlieue lyonnaise, composée de grands noms. Andrija Žižić, frère d'Ante, Edwin Jackson, Mickael Gelabale, Kim Tillie, Davon Jefferson, Léo Westermann… On retrouve même dans l'organigramme un certain Tony Parker, dont l'influence est de plus en plus grande au sein du club. Sa carrière aux USA est en revanche déjà bien écrite, aux Spurs de San Antonio.

Premier match à l'Astroballe

Mon père, passionné de basketball, m'avait déjà parlé de son amour pour les Bulls de Chicago, pour Michael Jordan. Durant nos longues parties sur PlaySation 2, sur un jeu d'arcade de basket où s'opposaient de manière hallucinante His Airness au Shaq (seul joueur que je savais reconnaître à l'époque), une opposition de style s'y glissait déjà. Les Bulls de mon père, “mes” Lakers. Mais ça, je ne le saisissais pas encore. Le point d'ancrage de cet intérêt toujours plus grandissant pour le basketball, le premier véritable contact, fut ce match d'Euroleague, un 24 Septembre 2010, opposant l'ASVEL au Košarkaški Klub Budućnost Podgorica. Mon père avait réussi à obtenir des places grâce à son travail, l'invitation ne se refusait pas. Habitué de Gerland, je découvris une ambiance totalement différente, bien plus chaleureuse. Une musique omniprésente (The Final Countdown de Europe), des spots lumineux dans tous les sens, un parquet parfaitement lustré, des panneaux lumineux affichant le score où trop de chiffres se mêlaient et des joueurs immenses.

Ce premier contact avec le monde du basketball se passe plutôt très bien. Le match est haletant, bien que les règles soient encore bien trop floues. Chaque équipe a ses périodes, l'ASVEL se détachant en premier et deuxième quart-temps (de dix minutes), avant que le club monténégrin se rebelle en deuxième période et recolle au score en fin de match. Malgré un score défavorable, l'avantage de cinq points pris à l'aller au Monténégro par Budućnost envoie les deux équipes en prolongations. L'ASVEL l'emporte finalement 15-11 en prolongations, avançant au second tour. L'ambiance de l'Astroballe fut à ce moment indescriptible, le basket devenant un nouvel univers à explorer, un nouveau terrain de jeu. Chaque supporter se sentait concerné, responsable de l'ambiance dans cette enceinte close.

Un VIP se glissait dans la salle

Mis à part sur ce match tendu, les yeux étaient également rivés sur le bord de terrain. Tony Parker, annoncé comme présent dans l'arène en début de match par le speaker, était bien assis en courtside. À ses côtés, Gilles Moretton, ancien président de l'ASVEL. Ce Tony Parker, ce grand joueur des Spurs, connu de nombreux fans de basket comme le pionnier français outre-Atlantique, ne représentait encore rien pour moi. Mais, intrigué par sa présence, il ouvrait un second univers encore plus vaste : le basketball outre-Atlantique. Durant cette folle soirée, les billets VIP que nous avions obtenu nous permettaient de rencontrer Edwin Jackson en personne, pour qui j'avais émis un doute sur sa grande taille. De loin, son mètre 91 ne choquait pas vraiment. De près, ce fut beaucoup plus impressionnant. Tony Parker aussi déambulait dans les coulisses de l'Astroballe, sans pour autant se laisser approcher de près, même par un gamin plein d'étoiles dans les yeux.

Tony Parker, joueur puis président

L'année suivant cette campagne d'Euroleague achevée après une défaite au Mans, un grand chamboulement arrive aux USA. Le lock-out bat son plein aux États-Unis, et les joueurs refusent de jouer pour leur franchise tant que leur syndicat ne s'est pas entendu avec les grands patrons de la Ligue. En effet, aucun terrain d'entente n'avait été trouvé concernant le CBA, ou Collective Bargaining Agreement. Grossièrement, cela régit tous les contrats, échanges, distributions de revenus entre la NBA, les joueurs et les franchises. Tony Parker en profita alors pour venir jouer au sein du club dont il est actionnaire, accompagné de son ami Ronny Turiaf. En direct à la télévision, deux stars françaises de la NBA défiaient Châlons, Paris-Levallois ou encore Strasbourg. En sept matchs de Pro A, le meneur sera élu meilleur joueur d'Octobre, avec une ligne de statistiques très impressionnante : 20,3 points, 4,9 rebonds et 6,3 passes de moyenne.

De TP à Kobe

Son passage à l'ASVEL était éclair mais tellement impressionnant. Après cela, pas question de le quitter des yeux. L'horaire des matchs de basket aux USA est peut-être rédhibitoire pour certains  – il est vrai que se lever à 3h du matin pour regarder des matchs est parfois difficile – mais le pullulement de highlights de joueurs de NBA favorise l'accès à cette discipline. Pour autant, mon intérêt pour la franchise des Spurs de San Antonio ne décollait pas. Los Angeles m'attirait d'ailleurs bien plus. En 2012, l'âge d'or des Lakers de Kobe est déjà passé, mais il y a quelque chose de particulier qui émane de cette franchise. La mentalité de Black Mamba, l'attaque permanente, le spectacle proposé, le Staples Center, la Californie… tout est fait pour mettre des étoiles dans les yeux à un enfant. Le premier affrontement entre ces deux hommes, de mémoire, intervient lors des playoffs 2013. Ou plutôt, non, l'affrontement entre les deux franchises. Kobe Bryant, blessé, ne put participer à ce premier tour entre Lakers et Spurs. Bilan lourd pour la franchise californienne, balayée 4-1.

Le mal était fait. Le virus attrapé, la passion imprégnée. La NBA prenait de plus en plus le pas sur la Pro A, bien que les performances françaises et européennes du club de Lyon-Villeurbanne continuaient de me procurer une certaine satisfaction. La fin de carrière en dents de scie de Kobe Bryant, plus aussi flamboyant, contrastait avec son âge d'or, que je regrettais de ne pas avoir connu. Heureusement, les images d'archive existent. Le plaisir de découvrir ces playoffs de légende au tout début des années 2000 reste intact. Des images du Shaq reviennent en tête, se mêlent, enivrent, tantôt issues du jeu d'arcade de mon enfance, tantôt de ses performances aux côtés de Kobe.

Première véritable idole en NBA, le numéro 8/24 des Lakers m'aura rendu accessible ce sport pourtant inconnu deux ans auparavant. Les connexions sont parfois peu évidentes, mais finalement, de l'ASVEL à la NBA, il n'y a qu'un pas. Ce pas, ce liant, ce fil rouge, ce fut Tony Parker. Pour moi, Tony Parker ne pouvait guère représenter ce statut d'idole, peut-être parce que presque trop accessible, peut-être parce que j'avais eu la chance de l'avoir “checké” lors de ce match d'Euroleague en 2010. Kobe Bryant représentait lui cette inaccessibilité. Aujourd'hui, la Californie trouve toujours une place dans mon coeur, et le Black Mamba n'y est certainement pas étranger.

Crédits photo Une : vl-media.fr

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