En 2018, Naomi Osaka s'est fait connaître en remportant son premier Grand Chelem avant de récidiver l'année suivante. En 2020, la Japonaise a doublé la mise à Flushing Meadows et a fait parler d'elle pour son activisme hors des courts. Retour sur une année triomphale pour la numéro 3 mondiale.

 

La panne en Australie

Entamant la saison à Brisbane, Naomi Osaka s'offre une demi-finale comme la saison précédente. Après trois matchs honorables, la Japonaise cède finalement face à une excellente Karolina Pliskova (non sans avoir eu une balle de match). Elle entame donc avec un minimum d'assurance l'Open d'Australie où elle est tenante du titre.

Mais après deux victoires en deux sets, Osaka tombe sur un os à Melbourne. Face à Coco Gauff qu'elle avait largement dominé à New-York quelques mois auparavant, elle se montre beaucoup trop inhibée. L'Américaine en profite et inflige une cruelle défaite en deux manches. Au-delà de la défaite, on n'a jamais senti Osaka vouloir opposer une quelconque opposition dans cette partie. La Japonaise cède donc son titre océanien sans la manière. Au moment de la pandémie et de l'arrêt du circuit, elle est alors n°10 mondiale.

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Second sacre à New-York

La protégée de Wim Fissette reprend la compétition en août au tournoi de Cincinnati; délocalisé à New-York. La Japonaise y réalise une semaine encourageante en battant de dangereuses joueuses (Yastremska, Kontaveit, Mertens). Elle parvient ainsi à se qualifier pour la finale mais doit déclarer forfait avant d'entrer sur le court, blessée à un ischio. Elle laisse donc le titre à Victoria Azarenka, tout en étant parvenue à relancer pleinement sa saison.

Tête de série n°4 pour l'US Open, Osaka vit une première semaine peu sereine. Commettant beaucoup de fautes directes, elle s'embarque dans des matchs en trois sets mais parvient à chaque fois à retrouver son meilleur niveau  pour aller chercher la victoire.

La deuxième semaine sera une toute autre histoire. Alors 9e mondiale, la lauréate 2018 y fait parler son expérience. Très solide en huitième contre Kontaveit et en quart contre Rogers, la Japonaise sort un tennis de très grande qualité pour arrêter la fougue de Jennifer Brady en demi-finale.

Elle retrouve finalement Victoria Azarenka en finale et à nouveau dans une ambiance à huis clos (Covid-19 oblige). Après une première manche où elle passe complètement à côté, elle accepte finalement le combat face à la Biélorusse. Les échanges sont d'une rare intensité et dignes d'une finale de Grand Chelem. Et avec la manière, Naomi Osaka va parvenir à faire basculer la partie en sa faveur. Elle s'impose 1-6/6-3/6-3 et décroche son second trophée à Flushing Meadows.

De nouveau blessé aux ischio-jambiers, Osaka déclare forfait pour la tournée automnale sur terre et conclut donc sa saison 2020 sur l'acquisition de son troisième tournoi du Grand Chelem.

 

Une victoire politique pour Osaka

On ne peut pas réduire simplement Naomi Osaka à ses résultats sur un court de tennis cette année. Symbole d'immigration et d'ouverture, la Japonaise sait vivre avec son temps et a soulevé des questions pertinentes.

De par le mouvement “Black Lives Matter” né cet été, celle qui est née d'un père haïtien s'en saisit pleinement et veut faire prospérer ces valeurs au sein de son sport. Elle parvient ainsi à stopper la compétition sur le circuit (masculin et féminin confondus) le temps d'une journée afin de rendre hommage à un mouvement dénonçant les discriminations raciales. On est au stade des demi-finales d'un grand tournoi américain (Cincinnati) et c'est une première dans l'histoire du tennis.

A l'initiative de Naomi Osaka, les joueurs.euses et les les organisateurs ont donc accepté de mettre en pause durant 24h leurs activités. Mais la Japonaise ne s'arrête pas là. Lors de l'US Open, elle fait perdurer le mouvement tout en s'adaptant à la crise sanitaire actuelle. Elle arbore alors à chaque entrée sur le court un masque portant le nom d'une victime de discrimination raciale afin de leur rendre hommage.

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Comme si l'Histoire était déjà écrite, Osaka va parvenir à se hisser en finale et arborer ainsi sept masques différents. La portée de ces masques va s'accentuer avec le fait que la joueuse puisse les porter dans le pays même qui a crée ce mouvement. Combiné à son titre new-yorkais, ce sont sans doute ces initiatives qui ont permis à Naomi Osaka d'être récemment élue sportive de l'année par le prestigieux Sports Illustrated.

 

Crédits photo Une : Forbes