Novak Djokovic a vécu une année 2020 bien particulière. Brillant avant l'arrêt des compétitions provoqué par la pandémie, le n°1 mondial a vécu une seconde partie de saison plus difficile, marquée notamment par des affaires extra-sportives.
Difficile de juger la saison de Novak Djokovic. D'un côté, le Serbe entre un peu plus dans l'histoire de son sport avec une 6e saison terminée en n°1 mondial, égalant le record de son idole, Pete Sampras. De l'autre, son moment sportif le plus marquant est probablement sa disqualification malheureuse à l'US Open, tournoi dont il était le grandissime favori. Peut-être est-ce ainsi que l'on peut résumer son année 2020 : alors qu'il trône toujours au sommet de la hiérarchie mondiale, Djokovic a beaucoup plus fait parler pour ses frasques que pour ses exploits.
18 matchs, 18 victoires
Pourtant, c'est bien par ses performances sur le court que le Serbe se fait remarquer en début de saison. C'est simple, avant la pause forcée du circuit, Djokovic a remporté tous les matchs qu'il a disputé. 18 rencontres, 18 victoires. Même diminué physiquement, même acculé au score, il trouvait la solution pour l'emporter. Demandez donc à Gaël Monfils, qui a pourtant eu 3 balles pour enfin battre le n°1 mondial. Durant cette période, le “Djoker” s'est offert un 8e Open d'Australie, son 17e titre en Grand Chelem. Pas un détail, quand on connaît l'obsession du Serbe pour les records. Surtout, il ravivait les souvenirs de son extraordinaire saison 2011, qu'il avait débuté par… 41 victoires de rang !
Hélas, la pandémie de coronavirus va complètement arrêter le circuit ATP de long mois. Et elle coupe aussi l'élan du n°1 mondial. Si les résultats post-reprise bruts restent très bons (2 Masters 1000, finale à Roland-Garros), ils ne sont pas à la hauteur des ambitions du “Djoker”. L'implacable, l’irrésistible machine du début de saison à laissé place à un joueur solide, certes, mais suffisant par moments. Rien ne le montre plus que le match qu'il a proposé contre Lorenzo Sonego à Vienne. Insipide, peu concerné, Djokovic se fait corriger 6-2, 6-1 alors qu'il venait tout juste de s'assurer la place de n°1 mondial pour la fin de l'année. Jamais il n'a semblé proche de retrouver son niveau de jeu du début de saison.
Un Djokovic sur tous les fronts
Il faut dire que le Serbe a laissé beaucoup d'énergie hors des courts. En attendant le retour des compétitions officielles, Djokovic avait lancé l'Adria Tour. 6 étapes dans les Balkans du 13 juin au 5 juillet, des joueurs renommés comme Zverev ou Thiem, le programme était terriblement alléchant. Surtout que les recettes seraient redistribués à des associations caritatives. Mais ce qui devait être une fête pour le tennis, tourne au fiasco. Plusieurs joueurs, dont Dimitrov et Coric contractent le Covid-19. Djokovic, lui-même testé positif au virus et critiqué par beaucoup en tant qu'ambassadeur et instigateur de l'Adria Tour, en ressort l'image écornée.
Le Serbe a également fait réagir le monde du tennis par ses déclarations. Ses prises de positions sur la présence des juges de ligne, sur le format en 3 sets gagnants ou sur l'hypothèse d'un vaccin obligatoire pour le circuit n'ont pas laissé indifférent. Mais Djokovic a surtout fait parler lorsqu'il a fondé la PTPA (Professionnal Tennis Players Association) en marge de l'US Open. Le but : mieux représenter les droits des joueurs par rapport à l'ATP. Pourtant, le projet divise. Si le n°1 mondial se vante d'avoir réuni 200 signataires dès septembre, il se heurte à l'opposition des autres membres du “Big 3”, Roger Federer et Rafael Nadal. Dans une période où tous les acteurs du tennis appellent à l'unité, ce n'est clairement pas l'idéal.

A force d'être sur tous les fronts, Novak Djokovic ne s'est-il pas épuisé ? Il n'est pas impensable que sa débauche d'énergie hors des courts ait influencé ses performances sur la fin de saison. Toutefois, la saison 2020, sans être complètement à la hauteur de ses ambitions, reste de très bonne facture, avec un nouveau titre à l'Open d'Australie et une place de n°1 mondial. Malgré l'explosion d'un Thiem ou l'abnégation d'un Nadal, c'est toujours le Serbe qui siège sur le trône. Et en 2021, il sera encore l'homme à abattre pour grimper au sommet.
Crédit Photo en Une : Toby Melville/REUTERS