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Road to Tampa : les Buccaneers et Brady bientôt au septième ciel ?

Après la rétro de la saison des Chiefs, place à celle des Buccaneers de Tampa Bay. Emmenés par le meilleur joueur de l’histoire de la NFL, vainqueur du Super Bowl à six reprises, les Buccaneers ont les armes pour au moins retrouver les playoffs où, avec Tom Brady dans leurs rangs, tout pourrait arriver.  

UNE SAISON REGULIÈRE EN DENTS DE SCIE

A l’issue de la saison 2019/2020, le ciel s’est éclairci du côté de Tampa. En terminant avec sept victoires et neuf défaites, la franchise des Buccaneers a réalisé son meilleur bilan depuis 2016. Encore très loin des sommets, les Floridiens comptent sur la free agency pour se débarrasser de leur quarterback titulaire, Jameis Winston, premier choix de la draft 2015, qui n’a jamais réellement réussi à répondre aux attentes.

Le coup du siècle ?

Or, à l’aube de cette free agency, on apprend très vite que Tom Brady, en difficulté l’année passée, ne serait pas parvenu à trouver un accord avec ses Patriots de la Nouvelle-Angleterre et chercherait donc à quitter l’équipe avec laquelle il a remporté six Super Bowl en vingt ans de carrière. Les Buccaneers n’hésitent pas une seule seconde et sautent sur l’opportunité. Alors qu’à Kansas City on mise sur la continuité, Tampa Bay tente un énorme pari.  Résultat : Tom Brady, 42 ans, signe un contrat de cinquante millions de dollars pour une durée de deux ans avec la franchise floridienne où il espère retrouver son meilleur niveau.

Il sera très vite rejoint par son compère de toujours, le Tight End Rob Gronkowski, qui avait pourtant annoncé sa retraite l’année passée. Le duo de légende pourra s’appuyer sur une attaque très solide portée par deux receveurs de grand talent : Mike Evans qui enchaîne les saisons à plus de mille yards et Chris Godwin, un peu en retrait en comparaison avec son coéquipier bien que très précieux au sein de l’effectif des Bucs. Mais qui dit nouveau quarterback dit nouvelles connexions à établir et nouveaux plans de jeu nécessitant forcément un certain temps d’adaptation, même si le quarterback en question détient le plus gros palmarès de l’histoire de son sport.

En témoigne cette défaite 34 à 23 lors de la Week 1, face au plus gros rival de cette équipe des Buccaneers, les Saints de la Nouvelle-Orléans, grands favoris pour le titre de division. Tom Brady le sait, pour atteindre les playoffs, la superstar devra faire face à une concurrence très rude.

De sérieuses difficultés face aux concurrents directs

Rude certes, mais pas invincible. En profitant d’un calendrier assez favorable, les Bucs prennent vite confiance. L’attaque répond aux attentes et la défense impressionne, notamment lors de cette victoire référence face aux Packers de Green Bay (une des meilleures attaques de la ligue) en Week 6, 38 à 10. Aaron Rodgers se fait intercepter à deux reprises, il n’en concèdera que cinq sur l’ensemble de la saison. Menés 10-0 après un mauvais premier quart temps, les Buccaneers infligent un cinglant 28 à 0 dans le second où attaque et défense se relayent avec perfection, symbole d’une symbiose naissante au sein de cette équipe.

A la mi-saison, la défaite contre la Nouvelle-Orléans semble très loin. Avec six victoires pour deux défaites, Tampa est virtuellement en tête de sa division, devant les Saints. Tout n’a pas été parfait à l’image d’une défaite d’un point contre les Bears de Chicago (20-19) et d’une victoire étriquée face aux faibles Giants de New York (25-23) mais l’essentiel est là et la confiance avec. Seule ombre au tableau : le calendrier des Floridiens se durcit considérablement. En quatre semaines, les Bucs affrontent trois concurrents de taille. Ils vont d’abord devoir tenter de prendre leur revanche contre les Saints puis affronter les Rams de Los Angeles et les Chiefs de Kansas City, respectivement meilleure défense et attaque de la NFL, rien que ça.

Malheureusement pour cette équipe des Bucs, la marche est bien trop haute et le résultat est sans appel : trois défaites dont un inoubliable 38-3 lors de cette supposée « revanche » face aux Saints en Week 9. Avec sept victoires pour cinq défaites, Tampa Bay est encore virtuellement en playoffs mais n’a plus le droit à l’erreur. L’espoir d’être titré au sein de la division n’est plus qu’un lointain souvenir et le sésame si précieux devra s’obtenir par une « Wild Card ».

Tom Brady, visage fermé, vient de concéder la défaite la plus sévère de sa carrière. (credit photo: Associated Press)

Tom Brady, visage fermé, vient de concéder la défaite la plus sévère de sa carrière. (credit photo: Associated Press)

Une fin de saison régulière parfaitement maîtrisée

Les boucaniers se doivent de rebondir s’ils ne veulent pas voir leur bateau couler prématurément, et c’est ce qu’ils vont parvenir à faire avec brio. Certes les équipes que Brady et les siens ont affrontées étaient toutes ou presque éliminées de la course aux playoffs, il n’en reste pas moins que les Buccaneers ont su se reprendre et terminer la saison par quatre victoires consécutives, portant leur bilan total à onze victoires pour cinq défaites. Pour la première fois depuis 2007, les Buccaneers joueront les playoffs NFL.

Sur un plan statistique, Tampa a parfaitement su répondre aux attentes en faisant tomber plusieurs records de la franchise. Collectivement d’abord avec le nombre de points marqués (492) et celui de touchdowns (59 en seize matchs); individuellement ensuite avec quarante touchdowns à la passe pour Tom Brady qui inscrit déjà son nom dans les livres d’histoire de la franchise. Mike Evans bat de son côté le record de touchdowns pour un receveur avec treize unités.

Une attaque qui peut très vite prendre feu, une des défenses les plus solides de la ligue et le meilleur quarterback de l’histoire dans ses rangs… Aucun doute, les Buccaneers ont revu leur objectif à la hausse : remporter la NFC et jouer le Super Bowl 2021, dans leur stade, le 7 février prochain.

UNE LÉGENDE NE MEURT JAMAIS

Bien que seulement 5e tête de série les contraignant à jouer à l’extérieur jusqu’à un hypothétique Super Bowl, les Buccaneers profitent tout de même d’un tirage favorable et jouent leur premier tour de playoffs face à la Washington Football Team, logiquement bien inférieure. D’autant plus que Washington est privée de leur quarterback titulaire, Alex Smith. L’équipe victorieuse da la NFC Est s’appuie donc sur son remplaçant Taylor Heinicke qui, malgré un excellent match, n’est pas en mesure d’inquiéter ces Buccaneers-là qui s’imposent 31 à 23 et se qualifient pour le Divisional Round où ils retrouvent des amis de longue date, les Saints !

Un célèbre adage sportif dit qu’au sein d’une équipe, l’attaque fait gagner des matchs tandis que la défense fait gagner des titres. Brady et ses hommes en sont l’incarnation. Dans un match fou, la défense des Buccaneers a éteint une attaque qui leur avait pourtant fait si mal quelques semaines en arrière. Alors qu’elle avait concédé 72 points en deux affrontements, elle n’en concèdera que 20 sur l’ensemble de cette rencontre grâce à quatre pertes de balles provoquées dont une interception décisive à dix minutes de la fin du match.

De son côté l’attaque n’est pas en reste dans cette rencontre et particulièrement le jeu de courses. Alors que Tampa a plus l’habitude de s’appuyer sur le bras droit de Tom Brady, les coureurs Leonard Fournette et Ronald Jones II cumulent à eux deux 125 yards sur ce match. La réussite est telle que même Tom Brady ira inscrire un touchdown à la course, mettant définitivement fin aux rêves de la Nouvelle-Orléans. La superstar s’amusera d’ailleurs sur ses réseaux sociaux du refus de l’arbitre de lui taper la main pour le féliciter. En NFL, le professionnalisme passe avant tout !

S’il y en a un qui aura fait preuve de professionnalisme tout au long de sa carrière, c’est Drew Brees. A 42 ans, le quarterback des Saints, monument de la NFL, a peut-être joué son dernier match en carrière face aux Buccaneers lors de ce Divisional Round. Seul l’avenir nous le dira mais pour lui, le scénario est cruel… Il l’est beaucoup moins pour les Floridiens qui s’imposent donc 30 à 20 et se qualifient en finale de conférence où ils affronteront les Packers de Green Bay, à nouveau en tant que gros outsider.

Brady fait partie de ces joueurs à qui tout réussit. Alors qu’il porte son équipe à bout de bras dans la première mi-temps (21-10), il est ensuite responsable de trois interceptions consécutives qui auraient pu (dû) coûter le match à Tampa, il n’en est rien. Green Bay ne mènera pas une fois de la rencontre et n’arrivera jamais à faire craquer les Bucs dans les moments les plus chauds. Malgré une saison exceptionnelle, Aaron Rodgers et ses troupes s’inclinent devant Tom Brady et les siens (31-26) qui se sont appuyés sur une défense à nouveau ultra solide et capable de compenser les erreurs de leur leader.

Sur ces playoffs, la performance est bien plus collective qu’individuelle mais on ne peut s’empêcher de se concentrer sur cet homme né avec la culture de la gagne dans le sang. Tom Brady n’est pas mort. A désormais 43 ans, un challenge immense se dresse devant lui. Faire tomber la meilleure équipe du monde, championne en titre, dans un 55e Super Bowl qui sent déjà la poudre et fait saliver d’avance tous les fans de NFL.

LE MVP : TOM BRADY, BIENTÔT AU SEPTIÈME CIEL ?

Si l’on se posait des questions au début de la saison, Tom Brady aura fourni tous les éléments de réponses nécessaires. Non, Brady n’est pas trop vieux. Oui, Brady est capable de jouer avec une autre franchise que les Patriots et un autre entraineur que Bill Belichick.

Il faut dire que Tampa a tout fait pour le mettre dans les meilleures dispositions possibles. Depuis novembre, les Floridiens peuvent compter sur la présence de la superstar Antonio Brown qui a effectué son grand retour en NFL en signant à Tampa alors que des déboires judiciaires l’avaient privé de ballon ovale pendant plus d’un an. L’armada offensive des Buccaneers impressionne et terminera d’ailleurs sixième meilleure attaque de la saison (deuxième meilleure à la passe).

Entre ses 40 touchdowns en saison régulière (meilleur résultat depuis sa saison 2007) et ses 4633 yards à 65,7% de réussite, le vétéran s’impose tout naturellement comme l’un des meilleurs quarterbacks de l’année 2020. Assez pour remporter une septième bague dimanche soir ? Toute la ville de Tampa n’attend que ça.

LE FACTEUR X : UNE DÉFENSE EN PROGRESSION CONSTANTE

La saison 2019 avait eu pour intérêt de remettre Tampa dans la première moitié de tableau des ratings défensifs (15e) pour la première fois depuis cinq ans mais c’est bien en 2020 que la défense floridienne a pris feu en finissant sixième meilleure défense de la ligue. En rentrant un peu plus dans le détail, on distingue clairement un aspect du jeu où cette défense des Bucs a largement surpassé ses adversaires : la défense de courses.

Avec 1289 yards concédés, elle se place largement en tête de ce classement dont tous les poursuivants se situent autour des 1500 yards. Emmenés par un jeune Devin White (22 ans) déjà devenu indispensable, la première ligne défensive est parvenue à exercer une pression continue sur les plus grands quarterbacks de la NFL à l’image d’Aaron Rodgers et de Drew Brees. Seul un des grands noms de la ligue est parvenu à déjouer le piège tendu par cette défense lors de la saison régulière : Patrick Mahomes. Quoi de plus symbolique donc que de retrouver ce « match dans le match » dimanche soir lors de cette grande finale.

Pour la première fois dans l’histoire de la NFL, une des deux équipes au Super Bowl jouera dans son stade. Une aubaine pour Tom Brady qui espère remporter dimanche une septième bague et accroître davantage sa légende, avant de passer le flambeau à Patrick Mahomes. À Tampa Bay le rêve est devenu réalité. En une seule saison, l’équipe est passée du milieu de tableau au Super Bowl. Dix-huit ans après leur seul et unique titre, les boucaniers partent à l’abordage du plus gros navire de la NFL : les Chiefs de Kansas City.

 

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