Watford FC : Des Hornets pas si frêles que ça

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Watford peut-il le faire ?
Ligue 1

Aujourd’hui à l’arrêt forcé, la Premier League risque de ne pas reprendre tout de suite. Watford, qui a longtemps été très mal embarqué dans sa saison de PL, pourrait bien s’en sortir indemne ! Les Hornets, de retour dans l’élite après leur sacre en Championship en 2015, font désormais partie intégrante du paysage de la PL. En lutte pour le maintien cette année, les hommes de Pearson pourraient bien s’en sortir in extremis !

Classement en Premier League : 17e, avec 27 points (-17).
Parcours en : FA Cup : éliminé au 3e tour par les Tranmere Rovers au match d’appui (2-1). En League Cup : éliminé au 4e tour par Everton (2-0).

L’effet rétro

Un mercato flambeur

35M€. C’est ce qu’aurait coûté, plus ou moins, Ismaïla Sarr. Le Sénégalais, arrivé tout fraîchement de Rennes, devient d’un seul coup la recrue la plus chère de Watford, dépassant largement le montant dépensé pour la venue de Gray en 2017. Il est accompagné de la venue de Pussetto en provenance de l’Udinese pour 8M€, lui aussi ailier droit. Craig Dawson (6M€), défenseur central de métier, et Joao Pedro (4M€), jeune attaquant prometteur, finissent d’entamer le budget transfert de Watford. Les dirigeant réalisent un autre gros coup en enrôlant Welbeck, libre de tout contrat avec Arsenal. L’ancien international anglais, qu’on aurait pu penser se battre avec les titulaires bien installés, n’est finalement resté qu’un joker de luxe. 

Un début de saison galère

Avec 27 points en 29 journées, tout comme West Ham (16e) et Bournemouth (18e), Watford risque de trembler pour le maintien jusqu’à la fin de la saison. Pourtant, au vu de la physionomie de la saison, les Hornets s’en sortiraient presque bien. Après avoir commencé par 3 défaites inaugurales, en ne marquant qu’un but en Premier League, Watford n’avait pu faire mieux qu’un nul face à Southampton. Avec un point en 4 journées, Watfotd débutait de la pire des manières son exercice 2019/2020. Les dirigeants tentèrent tant bien que mal d’insuffler une nouvelle dynamique en changeant d’entraîneur, mais rien n’y fit. Watford s’enfonçait dans la crise. Seule la victoire face à Coventry en League Cup permettait aux Frelons de sortir un peu la tête de l’eau. Leur recrue phare, Ismaïla Sarr, inscrivait d’ailleurs son premier but sous ses nouvelles couleurs. 

Les matchs se poursuivaient et se ressemblaient pour les Hornets. Tactiquement, aucune stabilité n’était trouvée. Les joueurs devaient s’adapter à de multiples systèmes de jeu, quitte à s’y perdre. Ont notamment été aperçus : le 4-4-1-1, le 4-2-3-1, le 5-3-2, le 3-5-2, le 5-4-1… autant de systèmes que de journées avec Sanchéz Flores à sa tête presque. Watford prend des valises (8-0 contre Manchester City lors de la 6e journée), marque très peu (8 buts en 14 journées de PL) et perd beaucoup. Il fallait attendre la 12e journée (!) pour voir Watford gagner son premier match en Premier League, sur la pelouse de Norwich. Les Canaries, alors 19e, virent leurs adversaire du jour se rapprocher un peu. 

La révolte a sonné

Au soir de la 17e journée, et après une 10e défaite, cette fois-ci face à Liverpool, Watford semblait enfin se réveiller. La magie semblait opérer avec son nouveau coach, Nigel Pearson. Surtout, un dispositif se démarquait enfin pour les Hornets. Le 4-2-3-1 fut rapidement adopté, et portait ses fruits. On a ainsi eu le droit à des victoires probantes face à Aston Villa (3-0), aux Wolves (2-1), et à Bournemouth, concurrents directs au maintien (0-3). Mais surtout deux victoires restèrent en tête pour les supporters de Watford. La première victoire importante, la deuxième de leur saison, n’arriva pas contre n’importe qui, mais face à Manchester United. Les Hornets frappaient un grand coup en battant les Red Devils 2-0 chez eux. Ismaïla Sarr en profita pour inscrire un but, et rentrer de plus en plus dans la rotation. 

Mais le véritable coup de maître de Watford fut sans doute leur victoire face à Liverpool, le 29 Février 2020. Avant cette rencontre, comptant pour la 28e journée de Premier League, Liverpool dominait toujours outrageusement le championnat, et pouvait être sacré dès le mois prochain. Sur les traces des grands Gunners d’Arsenal, Liverpool n’avait pas perdu un seul match de la saison. Ils s’avançaient chez des joueurs de Watford, certes remontés, mais sortant de 3 défaites et 2 nuls. Le match ne ressemblera aucunement à ce que l’imaginaire laissait présager. En 2 frappes, Sarr faisait complètement chavirer Vicarage Road, pour ce qui restera jusqu’à présent le plus beau souvenir des supporters cette saison. Deeney ne fera qu’aggraver la marque, mais le mal était fait. Liverpool n’était plus invincible, Liverpool était terrassé. Watford en profitait pour remonter à la 17e place du classement, pour ne plus la lâcher avant la trêve forcée. Pendant 5 journées seulement, Watford aura été non relégable. Suffisant, pour l’instant, pour rester en Premier League

Le tournant de la saison

Le 7 Septembre 2019, Javi Garcia était limogé, après une entame complètement ratée des Hornets (1 point en 4 matchs). Il avait pourtant réussi à mener Watford en finale de FA Cup l’année précédente, et jusqu’à la 11e place de Premier League cette même saison 2018/2019. Dans la foulée, Quique Sanchéz Flores était alors officialisé. L’entraîneur espagnol connaissait bien la maison, puisqu’il y avait déjà travaillé en 2015-2016. Entre temps, le technicien espagnol était passé par l’Espanyol et par le Shanghai Shenhua. 

Après 10 journées aux commandes de l’équipe première, le constat est le même pour l’Ibérique, Watford n’avance pas. La défaite 2-1 à Southampton, alors 19e, est fatale à Sanchéz Flores, qui est prié de s’en aller. L’intermédiaire est assuré pendant 2 matchs par Hayden Mullins, et arrive alors Nigel Pearson. Depuis, le club se porte beaucoup mieux, et a enchaîné les bon résultats, notamment en Décembre et Janvier. Si aujourd’hui le club a sorti la tête de l’eau, il peut notamment remercier son nouvel entraîneur, autrefois passé par Leicester. 

Ce que l’arrêt du Championnat change 

Pour Watford, cet arrêt est une aubaine totale. Si le Championnat ne reprend pas du tout (pour l’instant aucune date de reprise n’est communiquée), le club sauverait sa place dans l’élite. Cela en ferait pâlir plus d’un, à commencer par Bournemouth qui compte le même nombre de points après 29 journées. Les Cherries ne sont devancés qu’à la différence de but (-17 contre -18 pour Bournemouth). Mais si le Championnat venait à reprendre, les Hornets devront reprendre leur marche en avant. La victoire contre Liverpool ne doit pas faire oublier aux joueurs qu’ils sont encore en danger. Leur défaite face à Crystal Palace n’a confirmé aucune garantie, et le calendrier qui s’annonce est plutôt chargé. Les joueurs de Pearson doivent encore se frotter à Leicester, à Chelsea, puis à Manchester City et à Arsenal lors des deux dernières journées de PL. Les Gunners, qui seront sûrement encore en lutte pour une place européenne, ne pourront se permettre de lâcher ce match. 

Watford a été l’un des premiers clubs en Angleterre à mettre à disposition son stade (Vicarage Road) ainsi que ses installations à la NHS. En effet, Vicarage Road se situe à proximité de l’hôpital de Watford, ce qui pourrait bien aider le personnel médical. Aujourd’hui de nombreux stades participent à l’effort collectif, comme par exemple l’Etihad Stadium de Manchester City.

De son côté, le nouveau joueur de Watford Danny Welbeck, arrivé cet été en provenance d’Arsenal, a décidé de donner 10.000 Livres Sterling, sous forme de matériel, pour aider le Ghana à lutter contre le Covid-19. Le don est revenu à la ville d’origine de sa mère, Nkawiepanin. 

Les Tops / Flops 

Le vivier offensif de Watford

Le club de Watford possède un fort potentiel offensif. Complètement apathiques en début de saison, bridés par un système à 5 défenseurs, les joueurs à vocation offensive sont aujourd’hui nettement plus mis à contribution. Forcément, jouer en 4-2-3-1 aide beaucoup. Surtout, les joueurs présents sont de qualités. Deulofeu, éternel espoir espagnol, continue de faire les beaux jours de Watford. Bien accompagné par Troy Deeney, les deux joueurs totalisent 10 buts à eux deux. 

Sarr, symbole de la dichotomie 

À droite, par contre, les incertitudes subsistent. Pereyra, Sarr ou encore Pussetto peuvent y évoluer. En début de saison, le Sénégalais a même été mis au ban. Sanchez Flores comptait l’intégrer peu à peu dans la rotation, mais il n’a pas donné entière satisfaction lors de ses entrées en cours de jeu. L’ancien joueur de Rennes, qui a cumulé les petits pépins physiques, ne jouait que des bouts de matchs, entre blessures et trêves internationales. Il a donc du se reconstruire petit à petit, et être patient, qualité rare lorsqu’on est jeune, et qui plus est la recrue phare. 

Heureusement, son temps de jeu s’est depuis nettement amélioré, son nouvel entraîneur lui faisant de plus en plus confiance. L’attaque semble avoir trouvé sa stabilité (Deulofeu – Deeney – Sarr, avec Doucouré en soutien), et le milieu aussi de fait. Ce qui est de facto fatal à Welbeck, qui voit sa fin de carrière arriver de plus en plus vite. Capoue tient toujours la baraque derrière cette attaque, bien épaulé par Hughes. 

L’absence de recrutement majeur en défense

Pendant de nombreux matchs, le problème récurrent de Watford était la défense. À part Dawson, aucun joueur n’est venu renforcer ce secteur. Déjà assez vieux (31 ans), il rejoint une défense composée de Kabasele, Cathcart, Masina, ou encore Femenia qui ont tous 29 ans ou plus, excepté l’Italien (26). Foster, qui fêtait ses 37 ans il y a peu, n’est pas en reste non plus. L’âge n’est évidemment qu’un facteur, mais cela prouve aussi que le club n’a pas réussi à attirer de jeune recrue, de joueur souhaitant s’épanouir et progresser au sein de cette défense. Pourtant, il y a fort à parier que Kabasele, pour ne citer que lui, ferait toujours de l’excellent boulot aux côté d’un jeune.

Les perspectives d’avenir pour Watford

Pour l’instant, les instances de Premier League l’ont répété plusieurs fois, le Championnat ne possède pas encore de date de reprise. Tout comme en France, la tendance est plutôt vers une volonté de reprendre tandis que les championnats amateurs sont d’ores et déjà clos. Watford, qui fait partie de l’élite depuis désormais la saison 2015-2016, est devenue une bonne équipe de milieu de tableau, très bien capable d’aller titiller les grosses écuries anglaises dans un bon jour. Lorsque l’équilibre est trouvée, les Hornets sont même capables de tout. 

Avec un éventuel maintien, et un recrutement toujours cohérent l’été prochain (en conservant ses bons éléments : Capoue, Doucouré, Sarr, Deeney, Kabasele, Foster…), cette équipe a de quoi rivaliser, pourquoi pas, pour une place dans la première partie de tableau ! Bien sûr, les places valent très cher en Premier League, mais Watford en est certainement capable. Il y a fort à parier que l’ensemble des supporters pousseront dans ce sens, pour enflammer toujours plus Vicarage Road. 

Les Hornets ont beaucoup fait parler d’eux, depuis cet été. Avec un mercato osé, ambitieux, les Hornets ne s’attendaient certainement pas à devoir lutter pour le maintien toute la saison. Longtemps 20e, Watford est aujourd’hui en attente à la 17e place, juste devant Bournemouth et derrière les Hammers. Les trois équipes, à égalité de points, lutteront jusqu’à la fin pour ne pas descendre. Leur effectif, riche en talent et en individualités, devrait cependant donner de l’espoir aux dirigeants et aux supporters, qui visent une 6e saison consécutive dans l’élite du football Anglais. 

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