100% Fan

A la rencontre de Jeu Set et Maths pour une interview 100% fan !

C’est une véritable référence sur les réseaux sociaux en matière de chiffres et de tennis et aucunes statistiques ne lui fait peur. Nous avons voulu faire la connaissance de Jeu, Set et Maths et nous sommes partis à sa rencontre pour une interview 100% fan.

Vous êtes prêt à parler de tennis et maths ? (Rassurez-vous, pas besoin d’avoir fait Maths Sup’ pour ce qui va suivre !)

Allez, installez-vous, et savourez !

 

Bonjour, et merci à toi d’avoir accepté de répondre à nos questions. Tout d’abord, on aimerait bien savoir qui se cache derrière les chiffres de Jeu Set et Maths. Peux-tu te présenter ?

Bonjour ! Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, « Jeu, Set et Maths » s’écrit au féminin, et au singulier ! Bas-Normande et fière représentante du Mont-Saint-Michel, j’ai pris le risque de m’exiler en Bretagne pour le lycée et le début de mes études. Pour ceux qui ne connaissent pas, il faut absolument que vous goûtiez les galettes-saucisses. Une spécialité du coin composée d’une galette, et… d’une saucisse ! Et puis, la petite provinciale a rejoint la capitale pour y terminer ses études. Diplômée d’un Master (pas les Masters 1000, l’autre) en Ergonomie, je suis désormais à la recherche de mon premier emploi en Ergonomie/UX Design !!

Les maths et le tennis, est-ce une passion au point de vouloir combiner les deux ?

Le tennis est une véritable passion, je ne sais pas si on peut en dire autant des maths ! Mais c’est vrai que scolairement parlant j’ai toujours été plus attirée par les matières scientifiques que littéraires.

Et certains de mes entraîneurs de tennis l’avaient bien compris et utilisaient les maths, à base de bissectrices et autres triangles rectangles, pour me faire passer leurs consignes ! Par exemple pour savoir où se placer lors d’une montée au filet, en fonction de la zone de son coup d’attaque (vous noterez au passage mon bac+8 en Photoshop) :

jeux set et maths

Dans la vie, tu es plus forte en maths ou en tennis du coup ?

Disons que j’ai toujours été plus adroite avec une raquette à la main qu’avec un compas !

Quelle est ton histoire avec le tennis ? Le pratiques tu ?

Le tennis est, jusqu’à aujourd’hui, l’unique sport que j’ai pratiqué en club. Je suis tombée dans la marmite étant petite. Des débuts en mini-tennis à 6 ans, quelques mois avant le dernier titre de Guga Kuerten à Roland Garros et son cœur dessiné sur la terre-battue : mon plus lointain souvenir tennistique ! J’ai fait de la compétition de 8 à 17 ans, jusqu’à atteindre le classement de 5/6. Et puis les études ont repris le pas sur tout ça et depuis, j’essaie de taper la balle une fois par semaine et je ne fais plus qu’une quinzaine de matchs à l’année, notamment à l’occasion des championnats par équipe.

Est-ce que tu te rends régulièrement sur les courts en tant que spectatrice ?

Tous les ans, je réalise mon pèlerinage printanier à Roland Garros, toujours en première semaine afin de pouvoir profiter de tous les courts annexes et des joueurs français ! Cette année, j’ai eu la chance de passer deux jours à l’US Open. Ce qui m’a permis de valider le deuxième quart de mon rêve : assister aux quatre tournois du Grand Chelem !

Et sinon, j’ai toujours aimé les ambiances de Coupe Davis et de Fed Cup. Depuis début 2016, grâce à la WATFA, je n’ai pas loupé une seule rencontre à domicile (excepté la rencontre en Guadeloupe). J’ai même fait le voyage jusqu’à Zadar (24h de bus, « déter » !) lors de la défaite de la France face à la Croatie l’an passé. Et enfin, ce week-end était le bon ! Après avoir vécu en live la défaite en 2002 face à la Russie, la défaite en 2014 face à la Suisse, auxquelles on peut ajouter la défaite en Fed Cup l’an passé face aux Tchèques, j’ai enfin pu voir de mes propres yeux les français soulever le Saladier d’Argent !

Jeu Set, et Maths, il fallait trouver l’idée ! Comment a émergé ce projet ?  

Tout est parti d’un cours à l’Université sur les réseaux sociaux. Plutôt que de nous évaluer sur un devoir sur table à la fin du semestre, le prof’ nous a proposé de créer un compte sur Twitter, sur le thème de notre choix et de l’alimenter tout au long du semestre. Le thème du tennis m’est apparu comme une évidence mais ça ne m’intéressait pas de seulement donner les résultats à la chaîne. J’ai repensé à la page Ligue 1 du cahier « Sport » du Ouest France où il y a chaque semaine un chiffre mis en avant. Quand j’étais petite, j’ouvrais le journal, je lisais ce chiffre, vérifiais le classement du FC Nantes (pas facile tous les jours) et je le refermais ! Et à partir de là, le nom « Jeu, Set et Maths » m’a sauté aux yeux. J’ai créé le compte et c’était parti.

A la fin du semestre, forte de mes 100 abonnés (et de ma note !), j’ai décidé de continuer. Et depuis, je me suis vraiment prise au jeu de trouver des chiffres à la fois pertinents, inédits et parfois décalés et l’aventure continue !

Ce qui est génial, c’est qu’il suffit d’aller sur ta page, et hop, on voit une statistique qui nous parle. Même si l’on est un fan assidu, ce n’est pas facile d’être toujours au courant de tout ce qui se passe sur le circuit.

Ne trouve-tu pas que le tennis peut être un sport assez difficile à suivre et à comprendre pour un non initié ? Quand on voit tous les joueurs du circuit et tous les tournois qui se jouent pendant une saison, c’est facile de s’y perdre. Quand on compare avec d’autres sports comme le football ou le basket, on peut trouver ça beaucoup moins abordable. Quel est ton avis sur le sujet ?

Si on prend du recul, c’est vrai que c’est un joli bazar ! Je nage dedans depuis toujours et pourtant, y a encore certaines subtilités qui m’échappent, notamment en ce qui concerne toute la méthode de calcul des points pour les classements ATP ou WTA. Alors pour un non-initié… Mais après, est-ce qu’il y a besoin de comprendre les catégories de tournois, pour profiter de ce sport ? Pas sûr. Du moment que vous avez compris qu’il faut mettre une fois de plus la balle dans le terrain adverse que votre adversaire vous avez compris le principal. Le comptage des points s’apprend vite. Et le tennis reste à mes yeux plus abordable que certains sports comme le judo ou la boxe par exemple. J’ai suivi récemment les championnats du monde à partir des demi-finales pour suivre le sacre de Teddy Riner et sur certains combats, j’étais bien incapable d’expliquer pourquoi untel avait scoré et pourquoi lorsque untel bis avait fait (à mes yeux) le même truc, il n’avait pas de points ! Tous les sports ont leurs subtilités mais je pense qu’on peut apprécier un match de tennis sans pour autant tout comprendre.

On a l’impression que les statistiques du tennis n’ont aucun secret pour toi. Comment fais-tu pour retrouver tous ces chiffres sur les joueurs ou les matchs ? C’est secret ou tu peux nous en dire un peu plus ?

Avec le temps je suis de plus en plus organisée. J’ai créé de nombreux tableurs Excel, certains sont encore en cours. Une fois qu’ils sont créés, ça me permet de gagner un temps fou ! Pour les remplir, j’essaie au maximum de croiser mes sources : ATP, ITF, parfois Wikipédia, des archives… Du côté de la WTA, c’est un peu plus difficile maintenant qu’ils ont rénové leur site Internet, beaucoup de données ne sont plus accessibles (par exemple les anciens classements, certains palmarès…). Mais je fais avec… Même si je rêverais avoir accès aux bases de données ATP et WTA !

Y a-t-il un joueur ou une joueuse qui t’inspire plus que les autres en matière de chiffres ?

Les membres du Big Four et Serena Williams sont un vrai bonheur d’un point de vue des chiffres ! A chacun de leur match ou presque, un record tombe ! D’ailleurs, « Jeu, Set et Maths » m’a un peu réconciliée avec ces joueurs : il y a quelques années, j’étais lassée de voir toujours les mêmes gagner (d’autant plus qu’ils ne sont pas français) et souvent sans gros suspens. Aujourd’hui, je sais que quand ils gagnent, j’aurai tout un tas de chiffres tous les plus fous les uns que les autres à sortir. Et même si on ne peut pas résumer ces joueurs qu’avec des chiffres, ça permet de mettre encore plus en perspective l’immensité de leur carrière respective !

On a bien envie de s’amuser un peu et parler chiffres avec toi… Prête ? Si je te dis :

2 comme… le nombre de joueurs en activité, hors Big Four, qui ont à leur actif plusieurs titres en Masters 1000. Et parmi eux un certain Jo-Wilfried. Petit clin d’œil pour tout ceux qui dénigrent sa carrière et la résument à des Kinder Bueno !

23 comme… le nombre de Grand Chelem remportés par Serena Williams.

12 comme… le meilleur classement de Paul-Henri Mathieu, qui aura participé à écrire l’histoire du tennis français mais qui est sorti par la petite porte.

10 comme… le nombre de victoires de la France en Coupe Davis et de Rafael Nadal à Monte-Carlo, Barcelone et surtout à Roland Garros ! C’était la saison des Decima (poke Teddy Riner).

25 comme… l’âge de Bjorn Borg lors de son 11ème et dernier titre en Grand Chelem. On parle beaucoup aujourd’hui des 19 titres de Federer ou des 16 de Nadal, mais Bjorn Borg a remporté 41% des Grand Chelem auxquels il a pris part. A combien de titres en Grand Chelem culminerait-il s’il avait continué quelques années de plus ?

Le compte est bon.

Je suis sûre que tu connais au moins une statistique que tout le monde ignore sur le tennis. Impressionne-nous, on t’écoute !

La pression ! Pas évident car je partage toutes les statistiques que je trouve, dès lors que je les juge pertinentes… Mais, une statistique réalisée spécialement pour vous : depuis 2003, 242 tournois ont eu le plaisir d’accueillir au moins deux membres du Big Four dans leur tableau. Dans 89% d’entre eux, au moins un des quatre joueurs a disputé la finale. Dans 82% d’entre eux (soit quatre fois sur cinq), un des membres du Big Four s’est imposé.

Pour les fans de tennis aguerris que nous sommes, on a remarqué que tu es beaucoup cité par les présentateurs de BeIN Sports. Quel effet ça fait d’être une référence auprès des professionnels ?

La première fois que j’ai entendu « Jeu, Set et Maths » à l’antenne, j’étais surprise, un peu fière car à la base « Jeu, Set et Maths » est un simple travail universitaire, et en même temps très reconnaissante qu’ils prennent le soin de citer la source. Même si ça peut paraître normal, tout le monde ne le fait pas. Mais c’est vrai que c’est toujours plaisant de voir mes chiffres relayés par les journalistes et consultants de beIN Sports, ou d’autres journalistes d’ailleurs, ça prouve que mon travail est reconnu. Et étant donné que certains chiffres découlent de plusieurs heures de recherches, ça leur permet d’être partagé à un plus grand nombre de personnes qu’à mes simples « followers » et c’est tant mieux ! Mais ça oblige en même temps une certaine rigueur ! Je sais que si je sors un chiffre erroné, ça peut être partagé et ça peut très vite virer à l’« Echec et Maths »…

Une petite anecdote à nous raconter ?  

J’ai eu la chance de disputer un tie-break en double avec Richard Gasquet et Yannick Noah sur le court N°1 de Roland Garros le jour de la finale de Roland Garros. Et… je ne peux désormais plus jamais me moquer des français qui jouent mal à Roland Garros ! C’était très impressionnant et le fait d’être sur un court mythique, avec une raquette qui n’est pas la vôtre, un partenaire et des adversaires plutôt inhabituels n’arrangent rien (comment ça des excuses ?) ! Mais cela reste un très excellent souvenir.

Avec tout ça, tu pourrais sortir l’encyclopédie du tennis non ? Ça ne serait pas génial de devenir THE référence en matière de statistiques sur le tennis ? Tu pourrais même faire des cours et ouvrir une académie ! On adorerait pouvoir passer un Masters en « statistiques du tennis » et en mettre plein la vue à nos copains supporters. (rires)

C’est un beau projet, je vais me pencher dessus !

Plus sérieusement je suis bien loin d’être une encyclopédie, à la rigueur on peut parler de petit fascicule !! La seule véritable époque tennistique que j’ai connu, c’est l’ère du Big Four. Je n’ai ni le recul, ni l’expertise, ni l’expérience de certains journalistes ou consultants qui sont également sensibles aux chiffres. Je cite des joueurs dans mes chiffres qui ont pris leur retraite avant même que je sache parler. Des joueurs comme Borg, Edberg, Becker (…), je ne les ai jamais vu jouer (à l’exception de quelques images d’archives). Mais avec mes moyens et ma vision d’amatrice, je prends malgré tout un énorme plaisir à sortir toujours plus de chiffres et stats en tout genre !

Une dernière statistique pour la fin ?

Je vais faire comme les hommes politiques et détourner la question pour finir sur une citation de Mark Twain que j’aime beaucoup : « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques ».

 

Charlotte HILDEBRAND @MadameTennis



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