Si la NBA va reprendre ses droits fin Juillet, seulement vingt-deux équipes sur les trente qui constituent la ligue rejoueront des matchs à Orlando. Ainsi, pour huit franchises, la saison est d’ores et déjà terminée et il est déjà l’heure de faire le bilan. Aujourd’hui, retour sur la saison des Knicks, une franchise dont le futur est toujours aussi difficile à cerner.
Une année entre désillusion et espoir
Une intersaison décevante
À New York, le dernier intersaison devait signer le renouveau de la franchise. On attendait Zion Williamson, Kyrie Irving ou encore Kevin Durant, mais aucun de ces joueurs n’a atterri chez les Knicks. Malgré cet échec qui constitue à lui seul un fiasco dans le recrutement, la franchise a essayé de jouer la sécurité pour ne pas hypothéquer ses chances dans le futur. Ainsi, le front office a multiplié les offres de contrat courts (une saison + une autre en option) à divers joueurs pouvant apporter dès leur signature, comme Julius Randle, Taj Gibson, Bobby Portis ou encore Elfrid Payton. Avec cette stratégie, la franchise cherchait à performer dès cette année tout en gardant beaucoup de flexibilité pour la Free Agency 2020 ou 2021. New York voulait aussi profiter de cette saison pour développer ses jeunes et notamment RJ Barrett, drafté en 3e position lors de la cérémonie 2019.
Démarrage manqué
2 (17-65, pire bilan de l’histoire de la franchise), l’espoir semblait renaître avant le premier match de l’année à Big Apple. Toutefois, la saison va rapidement prendre un mauvais virage. Les Knicks enchaînent les défaites dès leurs premières rencontres et livrent un mois de Décembre calamiteux (3-11). Les résultats sportifs ne sont pas au rendez-vous, et le jeu proposé par les joueurs de David Fizdale est loin d’être séduisant. Après vingt-deux rencontres, New York a un bilan de 4-18 et il faut impérativement changer quelque chose. C’est bien évidemment le coach qui va faire les frais de ce début de saison délicat, et il sera remplacé par son assistant Mike Miller, ancien entraîneur des Wechester Knicks en G-League.
Espoir niveau intermédiaire
Au cœur de ce marasme, deux joueurs semblent surnager : Marcus Morris et Julius Randle. Si le premier fait véritablement office de leader, le second a une production statistique le plaçant comme l’un des go to guy de l’équipe. Sous les ordres de leur nouveau coach, les Knicks peinent à améliorer leur bilan mais proposent un jeu plus agréable, sans pour autant ébahir le Madison Square Garden. La franchise alterne le bon et le moins bon jusqu’à début Février, moment choisi par l’exécutif pour se séparer de Steve Mills, président des opérations basket de la franchise. Ce début de mois est aussi l’occasion pour la franchise de se séparer de Marcus Morris, transféré aux Clippers, afin de tirer quelque chose du meilleur joueur de l’effectif.
Des progrès mais de grosses lacunes
Jusqu’à la fin de la saison, New York alternera victoire et défaite sans conséquence, l’équipe étant déjà loin de la course aux playoffs. La franchise finira la saison à la 12e place de la Conférence Est avec un bilan de 21-45, soit quatre victoires de plus que la saison précédente malgré l’arrêt des matchs à la mi-mars. Les Knicks n’auront pas séduit grand monde cette année, et malgré la progression de certains jeunes (Mitchell Robinson, RJ Barrett), de grosses lacunes sont encore visibles. Tout d’abord, dans une NBA toujours plus tournée vers le tir à 3pts, New York a énormément de mal à se mettre au diapason. La franchise présente l’un des pires pourcentages de la ligue derrière l’arc (33,7%) et le plus petit nombre de 3pts inscrits par rencontre (9,6). Cet aspect du jeu n’est tout simplement pas dans leur ADN, car New York est l’équipe qui utilise le moins le tir à 3pts en NBA. Ce choix se ressent énormément sur leurs performances offensives, car la franchise est avant dernière au nombre de points inscrits par match (105,8 pts/match). Seul point positif notable pour la franchise sur le plan statistique, les rebonds offensifs, où New York excelle et arrive à rattraper certaines de ses erreurs.
Les Trophées de la Rédac'
Le MVP : Julius Randle
Malgré une Free Agency 2019 qualifiée de ratée, New York a réalisé une excellente signature : Julius Randle. Joueur le plus utilisé, il termine l’année meilleur scoreur, meilleur rebondeur et deuxième meilleur passeur de son équipe : une véritable preuve que l’ancien joueur des Lakers et des Pelicans a surnagé offensivement. S’il reste assez friable en défense, il pourrait être une option fiable dans la raquette pour New York dans les prochaines années. Associé à Mitchell Robinson qui rattraperait ses erreurs défensives, il formerait une excellente raquette avec ce dernier et pourrait continuer de se développer dans les meilleures conditions possibles. Les Knicks n’ont plus le même pouvoir d’attractivité que par le passé, et Julius Randle pourrait bien devenir un joueur important au sein d’un effectif qui se cherche encore des leaders.
La Saucisse : Steve Mills
Plus que Steve Mills, c’est la direction entière des Knicks qui est à blâmer. Président des opérations basket depuis 2017 suite au départ de Phil Jackson, Mills n’aura pas réussi à redresser la barre avec son compère Scott Perry. Si son prédécesseur avait pour habitude de distribuer des gros contrats, lui aura au moins le mérite de ne pas avoir pourri les finances de sa franchise, et aura même permis aux Knicks de retrouver de la flexibilité financière. Néanmoins, cet argent aurait dû être réinvesti pour attirer des stars, mais aucune n’a souhaité rejoindre le projet (bancal) de la franchise de Big Apple. L’ancien agent Leon Rose va reprendre son poste, et on lui souhaite plus de réussite que ses prédécesseurs.
Le +/-
Le + : La jeunesse
Le – : Le plan de jeu
Et la saison prochaine ?
On ne prend pas les mêmes et on recommence
Avec la multitude de contrats courts signés lors du précédent intersaison, les Knicks vont se retrouver avec près de la moitié de leur effectif à reconstruire. Parmi les signatures de l’été dernier seul Julius Randle devrait être conservé, les autres ne constituant pas vraiment une priorité. Trois axes semblent prioritaires pour New York. Tout d’abord, il va falloir un meneur, un vrai. Les expériences Elfrid Payton, Dennis Smith Jr et Frank Ntilikina n’ont pas été convaincantes, et le front office va devoir trouver une solution. Plusieurs pistes sont possibles : celle d’un joueur libre, même si le marché ne semble pas très dense sur ce poste, celle de la draft, où plusieurs meneurs talentueux seront disponibles (LaMelo Ball, Killian Hayes, Cole Anthony), mais également celle d’un transfert qui pourrait mener à Chris Paul, dans les rumeurs depuis plusieurs semaines.
Dans un deuxième temps, il faudra recruter une star, où au moins un véritable leader pour cette équipe. L’effectif a beau comporter plusieurs pièces prometteuses, New York a besoin d’un joueur capable de prendre les choses en main dès maintenant et de diriger le groupe. Si la piste Chris Paul est privilégiée, cela permettra de faire coup double pour la franchise. Enfin, il faudra recruter des vétérans pour entourer les jeunes et solidifier la rotation. Dans cette optique, un joueur comme Taj Gibson pourrait être conservé pour aider Mitchell Robinson.
L’avis de la Rédac’
Le mot clé à New York l’an prochain devra être stabilité. Depuis maintenant trop longtemps, l’effectif et la direction ne cesse de changer de personnel et il est impossible de construire son futur dans ces conditions. Si la franchise veut redevenir attractive et entrevoir la possibilité de signer une star il va falloir prendre son temps et construire un environnement sain. New York a quelques jeunes à développer et si l’équipe arrive enfin à trouver son style de jeu, les choses s’amélioreront naturellement. Toutefois, stabilité et donc patience ne sont pas des mots très familiers à New York. Avec l’arrivée de Leon Rose, les choses devraient s’accélérer et les Knicks pourraient à nouveau tenter de bâtir un effectif pour devenir immédiatement un candidat à l’est. Pour se faire, Tom Thibodeau serait pressenti pour s’installer sur le banc et Chris Paul pourrait débarquer à la mène. Il faudra toutefois être prudent car ce ne serait pas la première fois que New York se précipite en brûlant les étapes, hypothéquant une nouvelle fois son avenir.
“Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage”, un adage que les Knicks feraient bien de respecter.
Après la pire saison de leur histoire, les Knicks n’ont pas vraiment su rebondir et nous ont livré une saison assez terne. Si les choses pourraient changer dans le futur, il faudra savoir être patient pour ne pas à nouveau tout ruiner.
À suivre : Le Bilan des Chicago Bulls