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Chelsea, le grand perdant de la période des fêtes

Deux défaites et un nul, une triste neuvième place, un coach sur la sellette. Le ciel n'est pas bleu dans l'Ouest de Londres en ce début d'année 2021. Un Chelsea à la peine qui sort perdant de la mythique période des fêtes en Premier League. 

 

L'indigestion du lendemain de Noël

Je m'attendais à des périodes difficiles cette saison. Je sais que tout ne vient pas si facilement“. Les mots de Frank Lampard résonnent tristement dans un Stamford Bridge vide après la lourde défaite contre Manchester City (1-3) dimanche dernier. Cette période difficile, les Blues sont en plein dedans. Quatre défaites lors des six derniers matchs en championnat. Beaucoup prédisaient que Chelsea serait un prétendant au titre au soir de la belle victoire contre Leeds (3-1) le 5 décembre dernier. Moins d'un mois plus tard, ce n'est plus la même histoire. Le foot va très vite.

Il faut dire que de grandes attentes reposent sur les épaules de Frank Lampard. Après une première saison de “transition” sans mercato estival et avec un groupe très jeune, le bilan du manager anglais était plus qu'honorable : une qualification en Champions League et une finale de FA Cup. Cet été, le club de Roman Abramovitch s'est bien rattrapé en termes de mercato. Plus de 200 millions d'euros dépensés pour s'attirer des stars internationales comme Hakim Ziyech, Timo Werner, Ben Chilwell ou encore Kai Havertz.

Olivier Giroud a inscrit un beau but de la tête face à Aston Villa. Crédits : David Klein

Une équipe sans magie

Mais la mayonnaise met vraiment du temps à prendre. À presque mi-saison, impossible de sortir trois matchs maitrisés de bout en bout. Beaucoup plus grave, cette équipe manque d'une identité de jeu qui lui est propre. Au delà du jeu, c'est le caractère qui fait aussi défaut aux hommes de Lampard. Le match contre Arsenal en est la preuve. Face à des Gunners à l'agonie en championnat, les Blues sont passés totalement à côté de leur match. Le score de 3 buts à 1 aurait pu être bien plus lourd si la bande à Arteta n'avait pas vendangé quelques précieuses actions.

On attendait une réaction de Chelsea le 28 décembre, 48h après le derby de Londres, face à un Aston Villa en forme. Alors que Dean Smith ne fait qu'un seul changement par rapport à l'avant-veille (match gagné 3-0 contre Crystal Palace en infériorité numérique pendant une mi-temps), Frank Lampard fait tourner son effectif. Retour des bois morts de la saison dernière, Rüdiger, Christensen, Azpilicueta, Jorginho…

Pas de miracle. Triste match nul, autant dans le résultat que dans le contenu. Six jours plus tard, Chelsea se retrouve à nouveau dans une situation avantageuse. Cinq cas de covid sont détectés dans l'effectif de Manchester City qui vient défier Chelsea affaibli avec Sterling à la pointe de son attaque. Les Blues entament bien la partie. Ils confisquent la balle pendant une quinzaine de minutes puis plus rien. Un trou noir qui les renvoie à la mi-temps avec trois buts de retard. En seconde mi-temps, Lampard met du temps à faire des changements et son équipe ne semble pas réagir. Petit éclaircie dans un ciel sombre : les deux entrants Havertz et Hudson-Odoi se distinguent dans le temps additionnel pour marquer un but qui sauve quelque peu l'honneur des hôtes du soir.

Bye bye Lampard ?

Et si une défaite lors du prochain match contre Fulham éjectait Lampard du banc de Chelsea ? La question n'est pas si folle qu'elle n'y parait. Car oui, nous connaissons tous la réputation du Chelsea d'Abramovitch, celui qui empile les coachs et qui manque cruellement de stabilité. Contrairement à ses prédécesseurs, Frank Lampard bénéficie de son statut de légende du club. Cela pèsera sûrement dans la balance si le Board se réunit pour parler de son cas. Mais les résultats en dents de scie, le manque de fond de jeu, les sommes astronomiques dépensées ou encore une éventuelle rupture avec certains joueurs pourrait sceller le sort du manager anglais.

D'autant plus que certains choix font beaucoup parler au sein des fans du club. La mauvaise utilisation des recrues en fait partie. Jusqu'au match contre Manchester City, Lampard s'est entêté à faire jouer Werner sur l'aile gauche alors qu'il montrait des signes clairs de faiblesse. Quid d'Havertz trimbalé à quatre postes depuis le début de saison ? Quid de Kovacic, meilleur joueur de la saison dernière, souvent mis sur le banc sans raison ? Quid de Giroud qui marque à chaque fois qu'il joue et qui est injustement privé d'une partie sur deux ?

Beaucoup de questions auxquelles Lampard va devoir très vite répondre s'il ne veut pas que son Chelsea sombre dans une crise dont il pourrait être la première victime.

Crédits photo de Une : Andy Rainx

@ThéoPutavy

 

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