Julien Chaput de BeIN SPORTS se livre à WeSportFR pour une interview passionnante autour du ballon rond.

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Ligue 1

Aujourd’hui, WeSportFR vous propose de partir à la rencontre de Julien Chaput, journaliste et commentateur sur BeIN SPORTS ! Nous avons voulu connaître un peu plus sa passion, son passé, son présent et son futur. Du centre de formation de La Berrichonne jusqu’à la CAN 2017, Julien nous fait l’honneur de se dévoiler à nous.

Vous êtes prêts ? C’est parti !

 

Bonjour Monsieur Chaput, WeSportFR vous remercie de prendre le temps de répondre à nos questions. C’est un réel bonheur et honneur de recueillir vos propos.

Bonjour, pas de souci c’est avec plaisir.

 

Vous êtes l’un des journalistes du groupe BeIN SPORTS. Nous voudrions savoir comment le jeune Julien Chaput qui commentait les matchs devant sa TV est devenu le journaliste que l’on connait aujourd’hui ? Quel est votre parcours ?

Hé bien passionné de foot évidemment, j’ai fait sport études à Châteauroux pendant 3 ans et malheureusement je n’ai pas réussi à devenir professionnel. Je voulais rester dans le milieu et les médias me plaisaient, enfant je lisais déjà l’Équipe et en effet je m’amusais à commenter les matchs chez moi. Donc je me suis dis que devenir journaliste sportif dans le milieu du foot serait un bon moyen de rester dans ma passion et c’est ce que j’ai fait par la suite.

 

Vous rêviez donc de ce métier depuis tout jeune. Est-ce qu’aujourd’hui vous vivez votre travail comme un rêve éveillé ou est-ce devenu si on peut dire une banalité ?

C’est toujours une grande passion, surtout d’aller sur le terrain et d’assister aux matchs dans des conditions privilégiées. On a l’impression d’être acteur du match à notre façon, c’est donc, oui, un réel plaisir c’est évident.

 

Vous étiez donc joueur dans les équipes jeunes de La Berrichonne puis joueur en DH parisienne, que retenez vous de cette époque ?

Quand je suis monté à Paris pour mes études de journalisme j’ai voulu continuer le foot, je suis arrivé à St Maur en DH (94) et c’était top parce que la division d’honneur Parisienne est assez relevée, largement au dessus des DH provinciales, c’était assez cool car je voulais continuer le foot.

 

Est ce que pendant cette période vous avez croisé des footballeurs qui sont devenus pro par la suite ?

Oui plein ! Je suis tombé dans une superbe génération à Châteauroux, j’ai joué avec Florent Malouda, Stéphane Dalmat, Sébastien Roudet qui joue encore à Valenciennes, Julien Cordonnier et Marc Giraudon qui eux ont fait surtout des carrières en ligue 2.

 

Êtes-vous toujours en contact avec eux ?

Je suis toujours en contact avec eux et d’ailleurs ça m’a bien aidé au début, j’ai fait plusieurs reportages avec Florent Malouda, c’était beaucoup plus simple. Avec Sébastien Roudet nous sommes potes depuis tout petits, nous étions déjà ensemble à Guéret puis nous sommes partis la même année à Châteauroux. On essaye de se voir régulièrement.

 

Avez vous déjà eu un moment de solitude à l’antenne ou au contraire un grand fou-rire ? est ce qu’il y a des moments où c’est difficile de garder son sérieux ?

C’est un peu compliqué, comme hier* j’étais à Amiens avec Xavier Domergue et Patrice Ferri et le stade d’Amiens est assez particulier, il était en plein vent et les deux ont eu énormément de mal à faire l’avant match parce qu’ils étaient en pleine tempête en haut de la tribune, puis cette histoire de projecteur qui était prêt à tomber (rire). Mais ils étaient vraiment en plein vent, moi j’étais dans les couloirs avec mon invité Mathieu Bodmer, nous allions faire l’interview et nous étions totalement mort de rire… Donc oui c’était assez compliqué de reprendre son sérieux. Mais oui évidemment il y a de très bons moments.

  • Match de ligue 1 Amiens- Lyon du 10 décembre

 

Quel est votre plus beau souvenir de journaliste ?

Je pense que c’est la première coupe d’Afrique que j’ai couvert au Ghana en 2008, c’était ma première grosse compétition internationale, ambiance particulière, à l’africaine. Je me souviens du match d’ouverture c’était à Accra et autour du stade de 7h du matin à 21h il y avait je ne sais combien de millier de personnes qui étaient là, et je me suis dit : Ce n’est pas possible il ne va jamais avoir lieu ce match, il y a trop de monde autour du stade ça ne va jamais tenir toute la journée comme ca ! Et en fait ça s’est très bien passé mais ça reste un engouement incroyable, pour une première compétition internationale c’était hyper impressionnant.

 

La passion africaine se vit-elle différemment de la culture foot qu’on connait en Europe ?

Oui c’est très diffèrent, c’est pour ça que c’est sympa de couvrir une CAN, j’en ai fait 2 (Ghana 2008 et Gabon 2017), c’est vrai que la culture et le mode de fonctionnement sont différents. En France nous sommes habitués à des clubs très fermés où tout est calculé, où tout est très strict, alors qu’à la CAN tout est accessible, on peut aller dans les hôtels des sélections. Je me suis retrouvé à faire des interviews de joueurs dans leur chambre d’hôtel et on se dit qu’en Europe c’est totalement impossible. C’est vraiment ce coté décalé qui est sympa.

 

C’est plus une histoire de sécurité ou c’est une culture différente ?

C’est une question de culture je pense, ils sont beaucoup plus ouverts. Même si les sélections africaines prennent souvent des coaches européens on ne peut pas les obliger à imposer ce qu’on fait en Europe, ça ne fonctionnerait pas, on ne peut pas tout fermer, tout cloisonner. C’est un mode de fonctionnement totalement diffèrent du notre. Pendant une CAN on va dans les hôtels, on croise les joueurs dans le hall.

Je comparerais ça à la NBA, j’avais été très surpris ! J’ai fait des reportages sur les Lakers et j’avais un peu halluciné du système américain parce qu’on se retrouve dans les vestiaires des équipes jusqu’à 10 minutes du coup d’envoi. Parce qu’ils font la promotion de leur “produit” qui est la NBA, du coup ils ouvrent beaucoup les portes et ils font tout pour que ce soit mis en avant et c’est super bien vendu ! C’est vrai que ça m’avait bien surpris et on peut comparer ça à l’Afrique même si c’est à des années lumières l’un de l’autre mais non, finalement c’est assez proche.

 

Justement c’est peut-être l’Europe qui est en retard ?

Exactement, je pense qu’il y a trop de procédures en Europe, c’est dommage. Après je ne dis pas qu’il faut ouvrir tous les vestiaires, faut pas que ce soit n’importe quoi non plus. Un peu plus d’accessibilité ce serait pas mal mais il y a une vraie paranoïa des médias, parfois à juste titre, il faudrait trouver un juste milieu un peu plus sympa.

 

Vous commentez les matchs, vous faites du bord de terrain, des reportages, mais qu’est ce que vous préférez dans tout ça ?

Je reconnais que je me suis éclaté à faire des reportages pendant un certain temps, je faisais tout moi même, tout seul avec le pied et la caméra. J’avoue qu’au bout de 15 ans j’en ai eu un peu marre, j’étais fatigué de tout ça, de bouger autant, de porter le matos… Au bout de 15 ans j’avais un peu fait le tour mais je me suis vraiment bien éclaté. J’ai eu envie de basculer vers le commentaire, ce que je fais depuis 2 ans, et je prends un pied monstrueux, je m’éclate réellement. Je pense qu’il ne faut pas se prendre la tête, ce n’est que du foot, c’est juste un jeu, c’est du plaisir pour ceux qui jouent, pour ceux qui commentent, pour ceux qui regardent, donc faut que ce soit à la cool, en étant sérieux aussi car nous sommes là pour faire le travail et que tout le monde passe un bon moment, le journaliste le joueur et le spectateur. Le bord du terrain aussi c’est très sympa car on est au cœur du jeu, on voit tout ce qu’il se passe, on se trouve entre les deux bancs de touche, on a un accès privilégié, on voit surtout ce que tous les gens derrière leur TV ne voient pas. Finalement tout me plait, c’est un plaisir diffèrent… Mais j’aime ces trois domaines.

 

Est ce qu’il y a un stade en particulier où vous aimez aller ? Châteauroux évidemment, mais sinon ?

(Rires) Evidemment Châteauroux, même si j’aimerais que ce soit plus le feu à Gaston Petit, mais c’est le cœur qui parle. J’adore Saint-Etienne, Geoffroy-Guichard, c’est un super stade, le stade Vélodrome est magnifique également et puis le parc des princes qui redevient LE parc des princes, et ça, ça fait plaisir. Celui qui m’a le plus marqué en Europe c’est le stade de Dortmund, le Signal Eduna Parck c’est vraiment un truc de fou ! Honnêtement il faut y aller pour s’en rendre compte, ça ne raconte pas, ça se vit ! Le fameux “mur jaune” est hyper impressionnant et je conseille à tout le monde de le faire au moins une fois.

 

Vous collectionnez les maillots, quelle est votre plus belle pièce ?

C’est compliqué ça… Il y en a plein que j’aime bien. Il y a celui d’Aubameyang de Dortmund, il m’en a donné trois et il y en a qui est vraiment sympa. Quand on le met sur l’envers il y a toutes les signatures des membres du club, je trouve que c’est un super clin d’oeil mais ça ne m’étonne absolument pas de la part ce club historique avec des valeurs. Donc c’est un peu une pièce de collection. Après j’ai celui de Florent Malouda, porté pendant l’euro en Ukraine, Lloris à Tottenham, j’en ai plein. Mais Aubame c’est quelqu’un que j’aime beaucoup, donc on va dire celui ci.

 

Quel est le meilleur footballeur actuel ?

Alors, mon footballeur préféré toutes époques confondues, ça va vous surprendre mais c’est Wayne Rooney ! Il est sur la fin de carrière mais il est encore très bon. Si j’avais été footballeur professionnel c’est à lui que j’aurais voulu ressembler. Et le meilleur actuellement, Ronaldo ou Mbappé je ne sais pas. D’ailleurs ils vont se rencontrer, on pourra savoir à ce moment là. Ronaldo parce qu’évidemment 5 Ballons d’or, c’est très très fort, et Mbappé parce que son potentiel est énorme, il a des capacités un peu hallucinantes…

 

La coupe du monde de foot approche, vous aimeriez la couvrir ?

Mais évidemment, avec grand plaisir. Ce serait ma deuxième coupe du monde, mais oui on fait ce métier pour faire ce genre de compétition, donc forcement on a envie d’y être. Déjà celle au Brésil, je me suis dit que c’était un aboutissement, et une fois finie on a envie d’en faire d’autre. Donc oui bien-sûr j’ai envie d’aller en Russie !

 

 

Nous remercions Julien Chaput pour sa gentillesse et sa disponibilité.

« Le sport rassemble les passionnés, et c’est grâce à cette passion que nous faisons ces rencontres incroyables. »

 

Mille merci, à bientôt, j’espère.

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