Avec 71% de votes favorables à la réforme de la Coupe Davis, l'ITF et le groupe d'investissement Kosmos viennent de mettre fin aux 118 ans d'histoire de la Coupe Davis.
Cette réforme qui sera adoptée dès 2019, donne lieu à un véritable séisme dans le monde de la petite balle jaune…
Vous pourrez poser la question à n'importe quel fan de tennis… On a tous, quelque part dans notre esprit un souvenir indélébile de Coupe Davis…
Moi, j'ai appris à aimer le tennis grâce à la Coupe Davis. Quoi de plus beau que d'allier son sport préféré avec l'amour de sa nation ? Je pose la question, là, ouvertement. Quoi de plus beau ?
J'ai vécu au travers de ma télévision les plus fortes émotions que peut procurer ce sport : des finales perdues en 2010 et 2014, au sacre l'an dernier de la team à Yannick Noah, entre autres… Des larmes, toujours des larmes, de tristesse ou de joie, voilà l'effet que me procure la Coupe Davis.
Des week ends entiers passés à regarder les rencontres, des heures de stress lorsque les matchs joués en 5 sets s'éternisaient… Des émotions décuplées, une ambiance hors normes dans les gradins, une atmosphère fièvreuse qui habite chaque supporter venu défendre ses couleurs que ce soit à domicile ou à l'extérieur; la Coupe Davis, c'est tout cela.
En revanche, ce qu'elle n'est pas, c'est cette “pseudo” semaine de compétition jouée à l'autre bout du monde, sur terrain neutre. Ce qu'elle n'est pas non plus, ce sont ces matchs, joués en deux sets gagnants.
Terminés, ces matchs en 5 sets qui prenaient des allures de dramaturgie. Terminée, l'ambiance survoltée entre les deux nations en tribune.
D'ailleurs, j'ai du mal à y croire. Du mal à croire que quelques présidents de fédérations et un groupe d'investissement mené par un footballeur aient pu mettre fin à une histoire d'amour qui liait cette compétition et ses supporters depuis 118 ans.
Tout ça pour quoi ? Pour des soit-disant Top players qui se fichent de cette compétition ? Pour alléger un calendrier ATP déjà trop chargé? Non… Pour une poignée de billets verts.
Nous sommes le 16 août 2018 et le tennis vient de sceller une nouvelle étape dans son histoire : l'argent et la politique viennent de prendre le pas sur la passion et l'histoire.
Ce vote n'est pas une réforme. Ce vote est un hold up, un vol. Un vol pour les joueurs qui ont donné corps et âme pour le drapeau; un vol pour les supporters qui ont donné leurs tripes pour défendre leur équipe. Un vol, tout simplement, pour tous les amoureux du tennis.
D'ailleurs, on continue d'appeler cette épreuve Coupe Davis ? Ceci n'est plus la Coupe Davis. L'ITF, sans aucun respect pour l'histoire de cette compétition, continuera d'utiliser ce nom et le prestige qui va avec comme une vulgaire marque sur sa nouvelle et flamboyante épreuve…
Je pense à Dwight Davis, honorable fondateur de cette compétition que nous avons tant aimée, qui doit certainement se retourner dans sa tombe s'il apprenait cette terrible nouvelle. Pardonnez les M. Davis… L'argent et le pouvoir rendent les hommes faibles.
A vous, les joueurs, de refuser de jouer cette Coupe Davis réformée.
A nous, les supporters, de ne pas soutenir cette nouvelle compétition.
La Coupe Davis vient d'être achetée, mais notre coeur, lui, n'est pas à vendre.
On la croyait immortelle, mais Madame Coupe Davis vient de tirer sa révérence à 118 ans.
La Coupe Davis est morte, longue vie à la Coupe Davis.