Enfin, la trêve internationale est de retour ! Après un mois d’attente, nos sélections nationales vont revenir sur le devant de la scène. Ça t’embête plus qu’autre chose ? Ne t’en fais pas, on va bien s’occuper de toi pendant ces quinze jours! On profite de ce petit moment de répit (ou d’ennui) pour te montrer ce qui nous a fait aimer le football, avec une liste non exhaustive de matchs de légende du XXIème siècle. L’objectivité est loin d’être le maître mot mais force est de constater que les amoureux du football se souviennent forcément de ces soirées endiablées, pour leurs scénarios, leurs ambiances, leurs contextes, leurs émotions dégagées.

Olympique Lyonnais – Olympique de Marseille, Ligue 1 2009-2010, 13ème journée

  • Le contexte :

A la lutte avec les Girondins de Bordeaux en tête du championnat après 12 journées, Lyonnais et Marseillais ont l'occasion de frapper fort et reprendre les devants. Engagées en Ligue des Champions, les deux équipes sont également sur tous les fronts, et sont, à cette époque, deux mastodontes de notre championnat. De plus, les phocéens venaient d'en passer 6 à Zurich dans la plus prestigieuse des coupes d'Europe. Le moral est alors au beau fixe. On s'attendait donc à un match des grands soirs, une vraie bataille. Nous n'allions pas être au bout de nos surprises.

  • Les compos :

Quelques absences sont malheureusement à déplorer, puisque ni Reveillère ni François Clerc ne seront présents pour l'OL, en plus de Boumsong, alors que l'OM devra se passer de son maître à jouer, El Commandante, Lucho Gonzalez.

  • Le match :

Pas de round d'observation, le match commence tambour battant. A peine 3min de jeu et Miralem Pjanic ouvre les hostilités. Alors que Kallstrom s'était essayé quelques instants auparavant, c'est le Bosniaque, à la réception d'un deuxième ballon, qui ouvre le score d'un merveilleux enchaînement contrôle poitrine frappe en demie volée, sous la barre de Mandanda. Mais les Marseillais ne vont pas baisser la tête, bien au contraire, et Diawara, d'un coup de casque sur un corner d'Abriel, va tromper Lloris pas exempt de tout reproche. Un partout après à peine 11 minutes !

crédit photo : RFI

Si l'ouverture du score de Pjanic est somptueuse, le but de Govou l'est au moins tout autant. A peine le temps de respirer après l'égalisation marseillaise, que l'international français percute plein axe après un beau jeu en triangle avec Gassama et Pjanic, mystifie Hilton pour se remettre sur son pied gauche et envoyer un missile croisé dans la lucarne du portier olympien.

crédit photo : le progrès

Si le match ne perd pas en intensité, les occasions se font plus rares. Les lyonnais semblent avoir la maîtrise technique, mais ne parviennent pas à se mettre à l'abri. Et généralement, dans ce cas-là, la sanction tombe. Juste avant la mi-temps, Cheyrou, plein axe à 30m, a le temps de se retourner et envoyer une frappe du droit, lui le gaucher, qui surprend Lloris encore une fois largement fautif.

Si les hommes de Deschamps ont été capables de revenir juste avant la pause, c'est juste après qu'ils prendront l'avantage. Galvanisés et encore euphoriques de leur fin de premier acte, les marseillais vont inscrire, dès la 47ème minute, le but du 3-2. Abriel se bat bien coté gauche et adresse un centre splendide à Bakary Koné. Le petit Ivoirien caresse le ballon de l'extérieur du pied droit, pour battre Lloris qui ne peut que dévier le ballon. Les olympiens peuvent exulter.

Les Rhodaniens semblent accuser le coup, d'autant que ce sont bien les marseillais qui ont les balles de break, par Brandao tout d'abord qui bute sur Lloris, puis Niang, tout proche d'inscrire un but à Gerland, comme à l'accoutumée. Les marseillais jouent en contre et font beaucoup de mal en transition, d'autant que l'entrée de Valbuena permet d'avoir une petite touche technique toujours bienvenue dans ces moments-là.

Si Lisandro est tout proche d'égaliser c'est finalement Brandao, d'une reprise Zlatanesque sur corner, qui vient faire le break pense-t-on, à la 78ème minute. Ce que l'on ne savait pas, c'est que l'on venait d'entrer dans le quart d'heure le plus fou de l'histoire de la Ligue1.

Car deux minutes plus tard, Lisandro Lopez, pourtant dans un angle très fermé, se joue d'Hilton et pique son ballon du pied gauche pour tromper Mandanda. L'OL n'est pas mort. D'autant que 3 minutes plus tard, sur un Corner de Delgado, Heinze dévie malencontreusement le ballon du bras. Monsieur Bré n'hésite pas et désigne le point de penalty. Lisandro se charge de transformer, à ras de terre, à droite de Mandanda pourtant parti du bon coté.

crédit photo : le progrès

Les marseillais ont pris un énorme coup sur la tête. Et ce n'est pas fini car, alors que se profile les arrêts de jeu, les Lyonnais vont démontrer toute leur classe au terme d'une action d'école. Lisandro trouve Gomis en retrait qui, d'un une-deux pour le troisième comme dirait Jean-Michel Larqué, lance Pjanic à la limite du hors-jeu. A l'angle de la surface coté gauche, le futur milieu de la Juve décale Bastos à l'opposé. Le Brésilien, fraîchement entré en jeu, enveloppe sa frappe à ras de terre au premier poteau pour battre le portier phoccéen. Lyon est revenu de l'enfer. Lyon mène 5-4. Et ce sont toutes les Bouches-du-Rhône qui n'en reviennent pas. Mais l'OM a du cœur et n'abdique pas. On joue la 93ème minute quand, sur une longue touche de Bonnart, un cafouillage profite à Niang qui frappe en pivot. Lloris repousse mais Toulalan, au duel aérien avec Mbia, est contraint par le Camerounais à marquer contre son camp. 5-5 score final ! Exceptionnel, grandiose, sensationnel, mythique, bref. Ce match ne manque pas de superlatifs.

Alors oui, les deux coachs, Claude Puel et Didier Deschamps, avaient de quoi s'arracher les cheveux. Aucune maîtrise des événements, des systèmes défensifs à la rue, un match trop ouvert et indécis pour deux prétendants au titre. Là n'est que la vision d'entraîneur. Car que l'on soit supporter, spectateur, fan de foot en général, commentateur, joueur et même arbitre, quel plaisir ! «Quel pied, oh “putain” ! » nous aurait gratifié Thierry Roland. De l'envie, du spectacle, des buts, de l'intensité, de la maladresse, un scénario dantesque et un score à faire pâlir la Premier League. Oui mesdames messieurs, nous sommes bien en Ligue 1, la ligue des talents. Pour notre plus grand plaisir.

  • Le jeu : 

Si techniquement les Lyonnais étaient supérieurs, les contre marseillais ont fait mal à la défense Rhodanienne.  Ce sont d'ailleurs plus généralement les attaques qui ont pris le pas sur les défenses. Et c'est pour ça qu'on aime le football ! La maîtrise technique des Pjanic, Ederson et autres Lisandro Lopez a permis à l'OL dans un premier temps de monopoliser le ballon. Mais malheureusement (ou heureusement), dans une rencontre comme celle-ci, difficile de maîtriser quoi que ce soit. Les buts se sont empilés les uns sur les autres et il a fallu, pour l'une comme pour l'autre des deux équipes, se livrer, pour revenir à un moment où à un autre. Et dans ces instants-là, il n'y a pas vraiment de calcul. Les deux coachs ont également réussi à faire des changements décisifs, puisque Bastos par exemple a été déterminant dans la fin de rencontre, tout comme Valbuena a apporté sa touche technique. Oui, du point de vue des deux entraîneurs, il y a beaucoup à redire. La physionomie, le scénario ont fait qu'il était difficile pour qui que ce soit de maîtriser les débats. Néanmoins, il faut souligner le caractère des deux équipes qui se sont livrées, du début à la fin, pour une rencontre mémorable.

  • L'homme fort :

S'il est compliqué de ressortir un joueur en particulier, il faut tout de même souligner la grosse prestation de Lisandro Lopez. Chahuté encore et toujours par rapport au prix de son transfert (le plus élevé de l'histoire de l'OL à l'époque), « l'homme qui valait 24 millions d'euros” a éclaboussé la rencontre de son talent. C'est lui qui est au duel sur le premier but qui permet à Pjanic d'ouvrir le score. C'est encore lui qui emmène Diawara sur son appel et ouvre la voie du but à Govou sur le second. Il inscrit les 3ème et 4ème réalisations de son équipe avant de parfaitement servir Gomis sur un pas pour créer le décalage sur le 5ème. Hormis cela, son impact dans le jeu et son football ont égayé une rencontre qui ne manquait pourtant pas de talent.

Prochain match demain, Chelsea – Liverpool 2009

Crédit photo :Onze Mondial