Preview Ligue 2 2020/2021 : ES Troyes AC

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Source : gettyimages.fr
Ligue 1

La Ligue 2 BKT reprend ses droits ce week-end, l’occasion pour nous de faire un tour d’horizon des différentes formations de notre championnat. Aujourd’hui focus sur l’ESTAC, potentiel candidat à la montée, qui mise sur la stabilité après deux trêves estivales particulièrement mouvementées.

Bilan saison 2019/2020

Troisième à l’issue du championnat 2018/2019, éliminé en playoffs par Lens (1-2), Troyes avait semble-t-il trouvé une formule qui fonctionne avec Rui Almeida, malgré un jeu peu emballant. Et pourtant le technicien portugais avait tout de même décidé de faire ses valises, sans doute touché par le manque de considération vis-à-vis de l’exploit qu’il venait d’accomplir (14 matchs consécutifs sans défaites entre février et mai 2019, dont une série de 8 victoires d’affilée), les observateurs préférant en effet pointer du doigt (à juste titre) le jeu produit par son équipe. L’ex-entraîneur du Red Star ne fut pas le seul à quitter l’Aube, les deux tiers de l’effectif lui emboîtèrent également le pas, notamment des joueurs clés tels Bryan Mbeumo, Bryan Pelé, Févin Fortuné ou Mamadou Samassa : un nouveau chantier attendait donc le futur coach.

Arrivé à Troyes l’été dernier, Laurent Batlles a eu la lourde tâche de reconstruire une équipe compétitive pour jouer les premiers rôles – Source : gettyimages.fr

Quitte à faire table rase, le président troyen Daniel Masoni a choisi de repartir de zéro avec un coach inexpérimenté au niveau professionnel, mais avec des principes de jeu adhérent avec la philosophie de l’ESTAC. C’est ainsi que Laurent Batlles – ancien milieu de terrain de Marseille, Saint-Etienne ou encore Toulouse – a débarqué dans l’Aube à l’été 2019. Avec une volonté forte de faire monter son équipe en 2 ans grâce au “beau jeu”, l’ex-entraîneur de la réserve de Saint-Etienne a immédiatement conquis les dirigeants et le public. Il restait néanmoins à le montrer sur le terrain, avec un 11 titulaire largement remanié par rapport à l’exercice précédent.

Pour autant, Troyes pouvait s’appuyer sur quelques cadres restés au sein du club tels que Jimmy Giraudon, Yohann Salmier et Yoann Touzghar. Ajoutée à cela l’expérience de Maxime Barthelmé (ex-Châteauroux), Florian Tardieu (ex-Zulte Waregem), Oualid El-Hajjam (ex-Amiens) et Gauthier Gallon (ex-Nîmes), plus quelques jeunes prometteurs tels que Warren Tchimbembé (centre de formation), Stone Mambo (centre de formation) et Dylan Chambost (ex-Saint-Etienne B), et cette équipe avait fière allure sur le papier.

Après un début de championnat poussif (2 défaites et 1 nul lors des 4 premiers matchs), les Champenois ont peu à peu trouvé leur rythme de croisière, au point de se rapprocher petit à petit des places qualificatives pour les playoffs. Mais si les résultats étaient là, l’irrégularité chronique des Troyens posait tout de même problème. Sur une même rencontre, l’ESTAC pouvait en effet être totalement dominatrice sur un quart d’heure, puis petit à petit sombrer dans une léthargie le reste du temps, en reculant de plus en plus au point de concéder plusieurs buts évitables. Capables de rivaliser avec les équipes du haut de tableau – victoires contre Lens (2-0), Lorient (0-1), Ajaccio (2-1) – mais aussi de complètement s’écrouler contre des adversaires plus modestes.

On pense notamment à ce revers concédé à domicile face à Orléans (1-2), alors lanterne rouge, ou encore à la gifle infligée par le promu Chambly (0-4) fin novembre. Plus solide à l’extérieur lorsqu’il s’agissait de procéder en contre, Troyes peinait à garder le contrôle au Stade de l’Aube. Mais l’épisode camblysien a finalement agi comme électrochoc, du moins jusqu’à la trêve hivernale, avec 4 victoires consécutives pour terminer 2019.

Seulement les belles promesses de fin 2019 ont vite laissé place au doute début 2020, avec 4 défaites concédées, dont 2 contre des adversaires directs Clermont (3-2) et Lens (1-0). Après une nouvelle remise en question, les Aubois semblaient enfin s’être remis sur des bons rails, avec 4 succès et 1 nul jusqu’à l’arrêt définitif du championnat. Si on se penche sur le classement, l’ESTAC était quatrième, 1 point derrière Ajaccio, 2 derrière Lens et 3 derrière Lorient. Sans cette pandémie, qui sait ce que la suite aurait pu donner. En tout cas du point de vue des dynamiques, Troyes avait clairement un coup à jouer. On ne saura malheureusement jamais si le club champenois aurait fini par décrocher une montée ou non…

Les transferts au 20 août

  • Départs
    • Pape Souaré – Défenseur, fin de contrat
    • Warren Tchimbembé – Milieu, Metz
    • Rominigue Kouamé – Milieu, retour de prêt à Lille
    • Ihsan Sacko – Attaquant, retour de prêt à Nice
    • Lenny Pintor – Attaquant, retour de prêt à Lyon
    • Chris Bédia – Attaquant, retour de prêt à Charleroi puis Sochaux
  • Arrivées
    • Gabriel Mutombo – Défenseur, Orléans
    • Rominigue Kouamé – Milieu, prêté par Lille
    • Dylan Saint-Louis – Attaquant, Beerschot VA (Belgique)
    • Levi Lumeka – Attaquant, Varzim (Portugal)

Effectif 2020/2021

Pour la première fois depuis 3 ans, Troyes ne va pas totalement chambouler son effectif à l’aube de cette nouvelle saison. Certes, pour l’instant la balance penche plus dans le sens des départs, mais c’est somme toute logique. Tout d’abord, plusieurs joueurs évoluaient en prêt l’an passé, et leur apport n’a pas forcément été à la hauteur des attentes. Compilant seulement 10 buts à eux trois, les attaquants Chris Bédia (prêté par Charleroi), Lenny Pintor (prêté par Lyon) et Ihsan Sacko (prêté par Nice) ont globalement déçu. Autre départ, celui de Pape Souaré, qui devrait faire plus de bien qu’autre chose, tant le latéral gauche a peiné durant le championnat précédent. Son grave accident a laissé des traces indélébiles, et nous avons été très loin de voir le niveau du Souaré de Crystal Palace. Enfin, après Mbeumo en 2019, les dirigeants troyens ont également décidé de laisser partir une autre pépite du centre de formation en la personne de Warren Tchimbembé. Si la volonté du joueur semblait être de prolonger dans son club formateur, son appel du pied n’a pas été écouté. Direction Metz donc, pour un 1 million d’euros, une équipe qui devrait lui permettre de continuer sa progression au plus haut niveau, lui qui restait sur 3 buts inscrits en 2 matchs.

Outre ces départs, d’autres joueurs devraient suivre lorsque le mercato reprendra le 1er septembre. On pense notamment à Kiki Kouyaté, défenseur central et meilleur buteur (!) de l’ESTAC la saison passée avec 6 réalisations toutes compétitions confondues (5 en Ligue 2). Convoité par Metz, le Malien ne devrait pas s’éterniser dans l’Aube, où son mètre 92 a fait des ravages sur coups de pieds arrêtés. D’autres joueurs sont également annoncés partants, tels que Rayan Raveloson (Italie ?) ou Terence Baya, très peu utilisé par Batlles.

Meilleur buteur de l’ESTAC la saison passée, Kiki Kouyaté fait l’objet de plusieurs convoitises et devrait faire ses valises lors du mercato – Source : gettyimages.fr

Si on s’intéresse maintenant aux arrivées, elles se comptent sur les doigts d’une main jusqu’à présent. L’ESTAC a réussi à renégocier avec Lille un prêt du milieu Rominigue Kouamé, arrivé lors de la précédente trêve hivernale. Pour compenser un probable départ de Kouyaté en défense, Gabriel Mutombo est arrivé en provenance d’Orléans. Sur le front de l’attaque, Troyes s’est attaché les services de Dylan Saint-Louis, ancien attaquant du Paris FC qui évoluait l’an passé en Belgique à Anvers (Beerschot VA), ainsi que de Levi Lumeka, jeune ailier prometteur, arrivé en provenance de Varzim en D2 Portugaise (voir notre joueur à suivre).

Si l’on passe en revue chaque ligne, il reste encore quelques ajustements à faire au niveau de l’effectif à certains postes clés. Ces ajustements ne concernent pas le poste de gardien de but. Impérial dans les cages après des débuts discrets, Gauthier Gallon est un dernier rempart plus que fiable pour l’ESTAC (12 clean sheets en 28 matchs). Son suppléant Sébastien Rénot est également de qualité, lui qui a été très intéressant lors de la préparation.

Après une première année réussie, Gauthier Gallon est prêt à confirmer cette saison avec l’ESTAC – Source : gettyimages.fr

En défense, Troyes dispose également d’une assise solide dans l’axe avec la paire Jimmy Giraudon / Yohann Salmier et Kiki Kouyaté (tant qu’il est encore au club), ainsi que le jeune Mahamadou Dembélé et le nouvel arrivant Gabriel Mutombo. Sur les côtés en revanche, la répartition est inégale. Il y a bien évidemment l’expérimenté Oualid El-Hajjam à droite, suppléé par Rémy Vita du centre de formation. En revanche, à gauche Batlles s’appuiera d’abord sur Stone Mambo, pourtant axial de formation, qui a convaincu lors de ses apparitions la saison précédente. Néanmoins, n’étant pas latéral de métier, il apporte tout de même moins de percussion que Terence Baya, arrivé l’été dernier, mais sacrifié pour un Souaré dépassé. Les besoins semblent être un latéral gauche d’expérience (piste creusée par les dirigeants troyens mais pour le moment laissée en suspens), ainsi qu’une doublure à droite. Surtout qu’il faudra prendre un compte un potentiel départ de Baya, qui a besoin de temps de jeu pour pouvoir réellement progresser.

Au milieu de terrain, la formation auboise est déjà bien armée, avec des joueurs de qualité. On pense notamment à Florian Tardieu, Rominigue Kouamé et Maxime Barthelmé, meilleur passeur du dernier exercice (8 passes décisives). À cela s’ajoutent Dylan Chambost, qui s’est imposé comme un titulaire en puissance avec son pied gauche redoutable, Rayan Raveloson, qui doit néanmoins faire preuve de plus de concentration, et Rui Pires, qui aura sûrement besoin d’un peu de temps étant donné qu’il revient d’une grave blessure. On notera également les néo-professionnels Calvin Bombo et Brandon Domingues, intéressants durant la pré-saison. Un profil plus défensif supplémentaire ne ferait sans doute pas de mal, mais cela n’est clairement pas la priorité lors de ce mercato. Attention tout de même au possible départ de Raveloson, qui devra être remplacé.

Brandon Domingues (ci-dessus) et Calvin Bombo (ci-dessous), jeunes talents du centre de formation de l’ESTAC qui auront à cœur de bousculer la hiérarchie au milieu – Source : gettyimages.fr

En attaque, l’ESTAC pourra compter sur l’inusable Yoann Touzghar, de retour de blessure, ainsi que sur Hyun-Jun Suk, revenu dans l’Aube lors de la trêve hivernale. Si son exposition au coronavirus l’a impacté (beaucoup moins tranchant en préparation), le buteur coréen est tout de même une valeur relativement sûre en Ligue 2. Les recrues Dylan Saint-Louis, attaquant polyvalent, et Levi Lumeka, ailier virevoltant auront également leur rôle à jouer, sûrement en sortie de banc dans un premier temps. Sans oublier Pape Méissa Ba, qui évoluait d’abord en équipe réserve avant d’être titulaire à plusieurs reprises la saison dernière. Si les ailes peuvent être aussi occupées par Ba, Chambost et Barthelmé, un ailier droit ne serait pas de trop, ainsi qu’un profil plus axial pour concurrencer Suk et Touzghar, car Ba n’est pas une garantie suffisante.

Le 11 type pronostiqué par la rédaction : Gallon – El Hajjam, Giraudon, Salmier, Mambo – Raveloson, Tardieu, Kouamé – Chambost, Touzghar, Barthelmé

Le joueur à suivre : Levi Lumeka

Prometteur attaquant anglais, Levi Lumeka a tout pour être la révélation de la saison côté troyen – Source : gettyimages.fr

S’il était resté à Troyes, nous aurions choisi Warren Tchimbembé, qui était destiné à vraiment exploser lors de l’exercice à venir. Mais notre choix s’est porté sur un nouvel arrivant en la personne de Levi Lumeka. L’ailier de 22 ans, formé à Chelsea, sort d’une saison pleine avec Varzim (D2 Portugaise), durant laquelle il aura compilé 9 buts et 4 passes décisives en 28 matchs. Des statistiques très intéressantes pour un jeune joueur, qui aura l’opportunité de faire parler sa vitesse sur le front de l’attaque troyenne. Si on l’imagine mal démarrer titulaire dans un premier temps, il devrait être une arme redoutable en sortie de banc pour dynamiser son couloir. Il a d’ailleurs déjà eu l’opportunité de se montrer en amical, avec un but face à Sedan.

Mention honorable à Dylan Chambost, notre joueur à suivre de l’an passé, qui a réalisé une première année prometteuse à Troyes, au point d’intégrer le 11 type lors de la deuxième partie de saison (bien que tronquée).

Le feuilleton de l’été

C’est un peu le “running gag” à chaque intersaison : est-ce que Troyes va trouver un repreneur ? Après maintes et maintes rumeurs souvent farfelues, il semblerait que le club aubois ait enfin trouvé acquéreur. Cité à de nombreuses reprises, notamment à Nancy, le City Football Group (propriétaire notamment du géant anglais Manchester City) aurait jeté son dévolu sur l’ESTAC. Si jusqu’ici toutes les négociations à propos d’éventuels rachats avaient toujours capoté – le président Masoni ne disposant pas de garanties suffisantes pour céder son club sereinement – cela ne serait visiblement pas le cas cette fois.

Arrivé à la présidence en 2009, Daniel Masoni s’apprête à passer la main à City Group début septembre – Source : gettyimages.fr

Le rachat de Troyes serait quasi acté pour début septembre, soit une semaine après le début du championnat. Cela impliquerait un changement de direction, car Masoni vendrait l’intégralité de ses parts (82.5%) et n’aurait ainsi plus aucun rôle au sein de la formation champenoise. D’un point de vue sportif, il ne faudra pas s’attendre à une révolution totale avec des sommes invraisemblables investies, mais l’ESTAC devrait tout de même avoir un budget transfert revu à la hausse pour renforcer son effectif, avec un objectif à terme de retrouver la Ligue 1 pour s’y pérenniser. À suivre…

Le pronostic de la rédaction

Sans une saison 2019-2020 annulée à cause du coronavirus, nous ne compterions peut-être plus l’ESTAC parmi les pensionnaires de notre Ligue 2.  L’histoire en a décidé autrement, et les Troyens repartiront sans doute avec le couteau entre les dents, afin d’aller décrocher une montée en mai prochain (c’est du moins la volonté affichée par bon nombre de cadres). Avec l’appui potentiel du City Group, Troyes fait potentiellement figure des favoris de ce championnat, si bien sûr un budget est alloué pour renforcer l’équipe avec des joueurs d’expérience dans les secteurs qui en ont besoin (ou pour compenser les probables départs de Kouyaté voire Raveloson).

Si le rachat ne se fait finalement pas, les Aubois ont tout de même de quoi faire, avec une ossature globalement similaire à l’an passé. Reste qu’il faudra tout de même corriger les soucis d’irrégularité chronique dans le jeu, car la formation champenoise peut être vraiment redoutable lorsqu’elle récite son football fait de combinaisons à une touche de balle. Il y aura également le souci du public à gérer, puisqu’à l’heure où nous écrivons ces lignes seuls 5000 supporters sont autorisés – pour le moment – dans les stades. Même si le Stade de l’Aube n’est pas réputé pour son ambiance, une enceinte qui sonne vraiment creux n’aide pas vraiment. Mais nous voyons tout de même bien l’ESTAC accrocher au minimum les playoffs, dans une Ligue 2 qui semble être très homogène en termes de niveau.

Source images à la une : gettyimages.fr

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