Au coeur de la We Are Tennis Fan Academy avant la finale de Coupe Davis !

Chaque semaine nous vous donnons rendez-vous pour une expérience 100% fan ! Une chronique conçue pour vous, les supporters, afin de partager vos souvenirs au stade, devant votre TV ou derrière votre poste radio. Désormais ce rendez-vous hebdomadaire rempli d’anecdotes, de joie, d’émotion et de rires, sera votre moment !

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Stéphane, fan inconditionnel de tennis et membre de la We Are Tennis Fan Academy. Vous voulez tout savoir sur le plus gros réseau de fan de tennis de France ? Stéphane vous explique tout dans son interview 100% fan !

Bonjour, et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. A la veille de la finale de la Coupe Davis, c’est un grand plaisir de pouvoir interroger un membre de la We Are Tennis Fan Academy* (WATFA) qui sera présent à Lille, pour supporter nos bleus.

Pour commencer, on aimerait savoir qui tu es, à quand demeure ta passion pour le tennis, si tu le pratiques et comment tu t’es retrouvé dans la WATFA ?

 

Je m’appelle Stéphane, j’ai 22 ans, et ça fait depuis l’âge de 7 ans que je m’intéresse au tennis. J’ai commencé à jouer au tennis à l’âge de 8 ans, j’ai été classé 15/3 à 14 ans, mais pour des raisons personnelles, j’ai dû totalement arrêter ma pratique jusqu’à tout perdre. Aujourd’hui, je ne joue que pour le plaisir, avec des amis. Je regarde le tennis à la télé et sur le Net depuis l’âge de 15 ans. Je me documente sur le plus de joueurs possibles, leur style de jeu, leur tenue, leur raquette, etc. Je regarde tout ce que je peux regarder en matière de tennis : des Grand Chelems aux tournois Challenger, en passant par les ATP 250 et 500, et les M1000.

La WATFA a commencée à l’époque en Mars 2015, où un très petit comité s’était déplacé pendant un entraînement surprise pour Gaël Monfils afin de se faire connaître. Le groupe est réellement né plus tard, en Juillet 2015 lors de la rencontre GB-France à Londres sur le gazon du Queen’s Club. Le but était de se faire entendre comme un supporter suffisamment fou pour enflammer le bord du court et l’ambiance du stade. Il fallait rédiger un texte expliquant jusqu’où serions-nous prêts à aller pour faire monter l’ambiance dans le stade, puis faire une démonstration vidéo en direct devant John McEnroe himself et à la fin, nous savions de suite si oui ou non, nous étions sélectionnés.

J’ai eu la chance d’avoir été pris dans le groupe français, notamment en ayant écrit un pavé excessivement long sur ma perception du supporting ! Nous étions 50 français et 50 anglais triés sur le volet parmi les supporters les plus fous de l’Hexagone et du Royaume-Uni. Aujourd’hui, après plus de 2 ans de présence dans le groupe, j’ai eu la chance d’avoir vécu énormément de moments inoubliables avant, pendant et après les matchs au contact de la WATFA.

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As-tu déjà rencontré un joueur à cette occasion ? Ou autre personnalité du monde du sport ?

Oui, toute l’Equipe de France de Coupe Davis, à plusieurs reprises dont le capitaine Yannick Noah : Jo-Wilfried Tsonga, Nico Mahut, P2H, Lucas Pouille, Gilles Simon, Micka Llodra, Julien Benneteau, Jérémy Chardy, Jonathan Eysseric; mais aussi l’Equipe de France de Fed Cup : Kiki Mladenovic, Alizé Cornet, Pauline Parmentier et Amandine Hesse, notamment.

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Si tu devais choisir un moment en particulier où tu as eu le plus d’émotions en tant que supporter, lequel serait-ce ?

Un seul ? Je dirai le ¼ de finale République Tchèque-France en Coupe Davis de l’an dernier à Trinec. 1200 kms en 14h de route à 17 personnes au total, dans un convoi de 2 voitures et un minibus, pour un week-end exceptionnel sur le plan humain comme tennistique. J’avais emmené ma caisse claire et ma grosse caisse pour le week-end, et encore aujourd’hui, ça me fait sourire de savoir que 2 instruments de musique et nos 17 voix compilées ont suffi pour faire autant de bruit que tout le public tchèque (et polonais, car Trinec est limitrophe avec la Pologne) ! Pour la première fois, on a eu l’occasion de voir de près les joueurs, de leur parler, d’accéder à leur zone VIP, et de fêter la qualification en ½ avec eux. Ce fut un moment très intense dont on parle souvent avec des amis encore aujourd’hui.

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Tu seras présent à Lille pour la finale de la Coupe Davis. Ça reste un des rares événements avec la Fed Cup où il y a une ambiance vraiment particulière dans les gradins. Il y a comme une sorte de symbiose entre le public et les joueurs. Comment expliques-tu cela ?

Le tennis est un sport individuel à la base. L’ambiance est feutrée au bord des courts en tournoi ATP/WTA comme en Grand Chelem, et faire autant de bruit qu’en Coupe Davis ou Fed Cup peut s’avérer vite dérangeant pour le statut du tournoi en question. Quand on se place au niveau du spectateur et que l’on regarde un match de tennis dans un tournoi ATP ou WTA, on apprécie le beau jeu, les beaux échanges, on est bien assis, on se tient correctement… alors qu’en Coupe Davis ou Fed Cup, c’est totalement différent ! Le classement ATP/WTA n’a plus aucune importance, on joue pour son pays, pour le maillot national, on lutte pour représenter au mieux ses couleurs, on se met minable pour apporter un point à l’équipe nationale ! Depuis les gradins, on pousse comme jamais pour aider notre (ou nos) représentant(s) à aller gagner chaque point en faisant monter l’ambiance. Ça passe par des chants, des capos, des tifos, des drapeaux, etc comme au football, en fait ! Je dirai enfin que cette symbiose a lieu entre le public et les joueurs lorsque l’on arrive à transformer la phrase « JE veux gagner. » en « ON veut gagner. »

Comment ça se prépare un gros événement comme ça avec la WATFA? Raconte-nous tout ! l’avant, le pendant et l’après !

Avant chaque WATFA, j’essaie d’enregistrer au plus vite ma place. En général, on a 2 mois de battement en fonction des rencontres. Ensuite, j’ai des rituels particuliers : à J-2, je revois les matchs des Bleus et de leurs adversaires sur Youtube afin de bien saisir le contexte de chaque joueur (style de jeu, tactique durant le match, blessures ou non, titres ou non, etc). Je le fais avec énormément de joueurs sur le circuit, mais encore plus à l’approche de chaque match de Coupe Davis ou de Fed Cup avec la WATFA, et ça peut durer des heures, un peu comme les séances vidéo des coachs de foot.

A J-1, je fais ma valise, prends mes accessoires porte-bonheurs (chaussures fétiches perso, serre-poignets, chargeur de téléphone à bloc, casque audio), mon t-shirt préféré de la WATFA, et ma caisse claire. Une fois ceci fait, je prends le temps de me refaire sur Youtube les ambiance de foot les plus légendaires de ces 20 dernières années afin de me mettre dans l’ambiance. Il faut savoir que de simple fan, je suis devenu un membre de la WATFA Band, la fanfare du groupe ! La Banda Paname m’a fait une fleur en m’intégrant dans leur groupe, et j’en suis très honoré. Le jour J, lors de chaque rencontre, je me cale au mieux avec Vincent, le leader du groupe, afin de jouer au mieux pendant les répétitions, puis pendant le match.

photo n°4[263]Pendant le match, je vis le moment à fond. Photos, vidéos, selfies avec les amis… je communique énormément sur Twitter et Facebook, tout en donnant de la voix sur chaque point important. Il m’arrive même de commenter chaque point avec mes potes, tellement je suis au taquet, et même de perdre l’intégralité de ma voix à la fin du week-end ! Je débriefe même le match qui vient de se dérouler, c’est dire… (rires)

Après chaque WATFA, l’instant déchirant de défaire la valise devient insupportable quand on se revoit les photos et vidéos faites là-bas durant le week-end… après un week-end WATFA, on prend encore plus conscience que la reprise dans la vie active est difficile : comme Garfield le Chat, après un week-end à la WATFA, « on hait les lundis » !

Pour les nouveaux, je conseille de voir les chants de la WATFA sur la chaîne Youtube officielle, très utile afin d’éviter d’être perdu dans les gradins !

Si tu te retrouvais à la tête de la We Are Tennis Fan Academy pendant une saison, qu’est-ce que tu mettrais en place ?

Question très difficile ! Peut-être acheter 2 paquets de Strepsils par personne ? (rires) Plus sérieusement, je pense que je ferai tout mon possible pour réunir le plus de fans au même endroit. Mobiliser un hôtel à l’avance serait une très bonne solution dans l’idéal pour connaître encore plus de monde. Aujourd’hui, je constate que lorsque les rencontres se passent en France, on est tous dispersés à droite à gauche. A Trinec, en République Tchèque, ça avait très bien marché, la mayonnaise a pris de suite avec tout le monde. Même chose pour Strasbourg lors de la finale de la Fed Cup ou encore Londres lors de la première WATFA. Sinon, Laurent est excellent au poste qu’il occupe : il se charge de la création des chants avec la fanfare, de la logistique avec Jérôme et Jean-Marc, ses deux fidèles acolytes, de l’animation en tribunes… il est partout, c’est le bon élément à la bonne place.

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A part en Coupe Davis et Fed Cup, pour ou contre une ambiance stade de foot dans un match de tennis ?

Pour, à condition que ça soit comme l’a fait la WATFA pour le tournoi ATP 250 de Marseille ou le M1000 de Paris-Bercy*. A Marseille ou Metz, par exemple, on ne supporte plus le joueur favori ou le joueur préféré, mais le tennis en général. On va être beaucoup plus neutres tout en faisant monter l’ambiance, même quand ce sont deux joueurs étrangers qui jouent. Il n’y a que la WATFA pour faire partir une ola à 1 set partout entre Dustin Brown et Martin Klizan, par exemple ! Je me souviens des très bons retours de joueurs français, mais aussi de joueurs étrangers comme Nick Kyrgios ou encore Marin Cilic qui avaient beaucoup apprécié la présence de la WATFA.

Aujourd’hui, la WATFA est demandée dans presque tous les tournois ATP français : l’Open de Moselle à Metz, l’Open Rhône-Alpes à Lyon, les tournois Challenger, et même Roland-Garros ! Preuve que c’est une piste à creuser dans les prochaines années. Mon plaisir ultime serait de soutenir un joueur français à Roland-Garros au sein de la WATFA. Le joueur se sentirait beaucoup moins inhibé qu’à l’heure actuelle, je pense.

* : (plus de WATFA à Bercy, Rolex a remplacé BNP Paribas en sponsor principal, snif)

Toi qui es habitué des courts de tennis, n’as-tu pas une petite anecdote à nous raconter ?

J’en ai quelques-unes très sympas : je suis déjà passé à la TV en tant qu’invité sur beIN Sports (Thibault le Rol avait vraiment apprécié mon intervention et me l’a dit de vive voix à Lille, d’ailleurs), sur La chaîne l’Equipe où j’ai pu rencontrer Benoit Maylin ; les commentateurs de beIN Sports ou Eurosport qui lisent mes tweets en direct lors des matchs ; la fois où j’ai été suivi une journée entière par France 3 pour présenter la WATFA au JT National pendant Roland-Garros ; ma caisse claire et mes baguettes signées par Yannick et Jo eux-mêmes à Lille lors de la ½ ; ma photo avec toute l’équipe de beIN Sports présente sur place ; le bœuf interminable à la caisse claire et la grosse caisse que j’ai fait à Trinec avec les joueurs en zone VIP ; ma mère qui a vécue pour la première fois un week-end avec la WATFA cette année pour le ¼ de finale à Rouen contre les Britanniques, et qui a littéralement adorée.

Jo-Wilfried Tsonga qui a pris le temps de signer mon téléphone, mes t-shirts, ma housse de raquette, ma baguette de caisse claire, mes programmes du week-end… Une fois, il a même signé un de mes travaux personnels réalisés durant mes études : une chaussure de tennis à son effigie ! J’avais dû sécher mes cours de l’après-midi pour aller le voir, je fus récompensé de mon méfait, mais ne le dites à personne, hein (rires) ! J’espère un jour réussir à taper des balles avec lui sur n’importe quel court. Peut-être grâce à la WATFA ?

La plus belle anecdote vient de Jo-Wilfried Tsonga, que j’ai pourtant vu en vrai plusieurs fois en près de 10 ans. La dernière fois, c’était lors de l’inauguration d’une galerie de photographie sportive à porte d’Aubervilliers. Il faisait froid, il pleuvait, j’avais fait le déplacement en transports depuis le fin fond du 77 jusqu’au lieu de rendez-vous, et j’étais parmi les premiers arrivés. Il venait de remporter la veille l’Open 13 de Marseille contre Lucas Pouille en finale et était dans une superbe période avec 2 tournois remportés à la suite dont Rotterdam contre David Goffin en finale (Coucou, Coupe Davis…) et l’arrivée imminente de son premier enfant.

J’ai patienté plus d’1h30 quand tout à coup, je vois tout l’encadrement de Jo arriver, accompagné de Haron Tanzit et son caméraman pour France Télévisions… mais pas Jo ! Il arrive 1h plus tard et sous les yeux ébahis de… 25-30 personnes, on lui présente la galerie de photos, le nouveau restaurant (ses raquettes, tenues et chaussures sont exposées et à vendre !) ou encore les boutiques environnantes. Fin de l’attente, il signe ses autographes, prend ses photos, parle avec tout le monde, et me voit :

« Salut Jo ! Tu me reconnais ? On s’est vus à Trinec avec la WATFA ! »

« Ah ouiii je vois qui tu es, le gars à la caisse claire, c’est ça… Trinec, quel souvenir… tu me suis vraiment partout, dis donc ! C’est bien : ne lâche rien, on en a besoin, de supporters comme toi !».

Il voit mon t-shirt de la WATFA, le signe, me dédicace un bandeau, et ça aurait pu se terminer là, mais non ! Je vois un mec détendu, cool, avec le sourire, qui prend le temps de parler avec moi pendant 5 bonnes minutes de tennis, et la pluie et du beau temps malgré le monde, c’était à des années-lumière de l’image d’homme arrogant, sûr de lui, prétentieux au possible qu’on lui prête en général. Un tel instant alors qu’on est pressé lors des séances de dédicaces classiques, c’est dément ! J’étais l’homme le plus heureux du monde, moi qui le suit depuis 2009 ! J’ai pu parler avec son frère, Enzo, et lui aussi est très gentil, très cool.

Quel est ton pire souvenir ou le plus mauvais joueur que tu as pu voir en tant que supporter ?

Mon pire souvenir ? Je n’en ai pas forcément un seul qui ressort plus que les autres… Les défaites des joueurs français en 2ème semaine de Grand Chelem font mal, surtout quand on voit qu’ils ne sont pas loin du but et qu’ils livrent de grands matchs malgré la défaite. Si près, si loin, comme on dit…

J’ai assez mal vécu Lille 2014 et l’après-finale : les remous au sein de la Fédération (qui conduit à une implosion lors de GB-France l’année suivante… devant la WATFA !), l’affaire Arnaud Clément sur la tenue du vestiaire ; l’affaire Tsonga, qui avait eu le malheur d’aller jouer l’IPTL en étant blessé à l’avant-bras alors qu’il a dû laisser sa place à Richard Gasquet contre Roger Federer lors du 4ème et dernier match… A titre d’information, le contrat de l’IPTL avait été signé en février : qui pouvait penser en février que la France serait à la finale de la Coupe Davis à ce moment précis de l’année ? Personne. Les gros médias étaient à mon avis beaucoup trop présents et dévoilaient trop de choses ce week-end là pour que la finale se passe bien en interne, à mon sens. Espérons que la leçon a été retenue pour cette année.

Le plus mauvais joueur que j’ai pu voir, en termes de comportement, c’est Benoit Paire. Il fait ABSOLUMENT TOUT CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE sur un court de tennis sur le plan comportemental : il parle trop, râle trop, jette voire casse sa raquette à terre, joue parfois même certains matchs en étant tête basse… C’est d’autant plus frustrant que quand il se tait et se concentre en acceptant mentalement de tenter des choses et de faire des erreurs, il devient très très bon. Un diamant brut techniquement parlant comme on n’en a pas eu depuis Richard Gasquet, mais au mental de chips et au comportement de joueur amateur de 4ème série. Et pourtant, je suis quasi sûr que c’est un bon gars en dehors du court. Si j’avais un message à lui faire passer : « TAIS-TOI ET JOUE. TU PEUX LE FAIRE. » ! Bernard Tomic est pas mal, aussi.

En parlant de Gasquet, il m’a déjà fait hurler de rage au sein de la WATFA. Lors de la ½ finale l’an dernier, à Zadar en Croatie, le forfait de Gael Monfils a contraint Noah à envoyer Gasquet en tant que n°1. Contre Coric, il avait gagné avec autorité, mais contre Cilic, c’était lui qui se faisait maîtriser. Je me souviens qu’à la fin du 2ème set, Gasquet était mené 6-3 6-2 et j’avais hurlé « TU TE FAIS BOUFFER MENTALEMENT, C’EST INSUPPORTABLE !!!! FAIS-TOI RESPECTER ET RENTRE-LUI DEDANS, B***** !!! » ! Mes amis ne m’avaient jamais vus m’énerver comme ça contre un joueur français… je ne sais pas si ça a servi de quelconque déclic, mais Richard a livré un 3ème set de bien meilleure qualité, s’offrant même des balles de break et haussant considérablement son niveau, mais ça n’a pas suffi, score final 6-3 6-2 7-5.

En termes de tennis pur, Océane Dodin tient la tête du chapeau. Elle possède un jeu qui provoque en moi consternation, effarement et colère. Elle est incapable de faire des frappes bombées, d’avoir de la variété dans son jeu, comme utiliser son slice, aller au filet, faire des amortis, etc. Dans sa tête, c’est BADABOOM à chaque frappe, on a l’impression qu’il n’y a aucune réflexion tactique !

Elle le dit elle-même : elle n’aime pas les longs échanges car elle est incapable de tenir plus de 10 frappes ! Incroyable d’entendre ça quand on voit que des joueuses comme Agnieszka Radwanska ou Kristina Mladenovic possèdent quasiment tous les coups du tennis dans leur raquette. J’ai regardé son 1/8ème de finale contre Venus Williams à l’US Open cette année, et Venus qui possède un jeu très similaire au sien lui a donnée une véritable leçon tactique, malgré un score tout à fait respectable pour elle : 7-5 6-4. Au moins, elle est Top 60…

A combien de rencontres assistes tu dans l’année avec la WATFA ? Explique-nous un peu l’ambiance et le fonctionnement au sein de ce groupe.

Jusqu’à maintenant, j’ai fait 12 rencontres avec la WATFA, la 13ème sera la finale de cette année à Lille. J’essaie d’être le plus présent possible. Je n’ai raté que 7 WATFA : le Moselle Open (2016, 2017), l’Open 13 de Marseille que je n’ai jamais fait (2016, 2017), le ¼ de finale de Fed Cup l’an dernier à Marseille contre l’Italie, le match de barrage contre l’Espagne cette année à Roanne et l’Open de Lyon cette année.

Le week-end commence par un comité d’accueil musical en compagnie des Ambassadeurs (dont je fais partie), le petit-dej et la collation du midi sont offerts, et le leader, Laurent, vous briefe sur la marche à suivre, vous fait connaître les chansons et chorégraphies de la WATFA pendant les répétitions avant de prendre place au bord du court.

Durant les matchs, vous serez amenés à profiter au plus près du court des échanges comme un spectateur classique. Lors des temps morts entre chaque point, chaque jeu ou chaque set, une chanson accompagnée de sa chorégraphie sera proposée par Laurent. La fanfare donne le là, et vous suivez ! Il arrive même que la WATFA lance une ola !

A la fin de chaque journée, nous prenons l’habitude de se retrouver tous ensemble dans une adresse conviviale en ville : bar, restaurant, entre autres. Les nouveaux rentrent souvent chez eux car la journée est longue et harassante, mais ça n’empêche pas de voir quelques nouveaux fous de venir nous rejoindre ! On finit la journée par un pot de l’amitié qui peut vite devenir mythique pour tous ses participants.

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Le sport féminin est de plus en plus médiatisé. Pourtant, beaucoup critiquent le tennis féminin considéré parfois comme « moche » à regarder comparer au tennis masculin. Il reste encore parfois boudé du grand public. Quel est ton avis sur ce sujet ? Considère-tu que la WTA soit tout aussi importante que l’ATP ?

Le tennis féminin actuel est à mon sens beaucoup trop stéréotypé techniquement. La plupart des joueuses arrivent jeunes voire très jeunes sur le circuit avec un bagage technique faible qui se résume à frapper très fort au fond de court et uniquement à plat dès le retour de service. Jelena Ostapenko est le premier exemple qui me vient en tête. Elle, c’est « un coup, KO » : un coup gagnant en puissance pour une faute directe. Cette tactique à la prise de risques démesurée lui a quand même permis de remporter Roland-Garros cette année, et chapeau à elle.

Le circuit WTA souffre d’un intense déficit d’intérêt du public car il n’y a pas, à l’heure actuelle, une locomotive charismatique en termes d’image qui sert de porte-drapeau au tennis féminin. On a pourtant aujourd’hui Maria Sharapova, les sœurs Williams (surtout Serena), ou encore Viktoria Azarenka sur le retour, mais quand ces 3 joueuses ne sont pas présentes, pas une seule autre joueuse ne se démarque suffisamment et durablement pour rester au sommet. Des joueuses comme Petra Kvitova, Garbine Muguruza ou encore Angelique Kerber, qui ont pourtant chacune 2 trophées en Grand Chelem n’ont pas réussi à passer ce cap. Peut-être que ça viendra avec 2 ou 3 trophées majeurs supplémentaires…

Pour autant, même si comme beaucoup de monde, je regrette énormément l’époque des Hénin, Mauresmo, Clijsters, Dementieva, Safina, Capriati, Davenport, etc, où les filles étaient infiniment plus fortes techniquement et variaient bien plus leurs coups qu’aujourd’hui, je me réjouis de voir la moindre joueuse atypique qui sort du lot : Dominika Cibulkova (et son « POME !!! ») ou Daria Gavrilova et leur petit gabarit font des merveilles, Naomi Broady possède un revers à une main, Agnieszka Radwanska a un tennis tout en toucher, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia possèdent un jeu relativement complet, les sœurs Pliskova ont un service puissant et précis à la Lindsay Davenport, Shuai Peng joue ses coups à deux mains à la Monica Seles (ou Marion Bartoli, cocorico), Monica Niculescu joue un slice de coup droit improbable… il ne manque plus qu’une serveuse-volleyeuse pure et dure à l’ancienne, et le tableau est complet !

J’adorerai revoir une future Justine Henin qui sait tout faire sur le court comme la joueuse belge. C’était elle qui m’avait fait aimer le tennis féminin, elle qu’on a longtemps comparée à Roger Federer.

Tu préfèrerais manger un Kinder Bueno avec JW Tsonga, ou faire un Virtua Tennis avec Gaël Monfils ?

Avant toute chose, même si j’adore en manger, la blague du Kinder Bueno est interdite depuis 2010 (rires). Sinon, je suis un fou de jeux vidéo de tennis, j’en possède beaucoup et j’y joue beaucoup. Faire un Virtua Tennis ou un Top Spin 4 avec Gael Monfils, par exemple, ça me plairait énormément. J’aimerai beaucoup jouer contre lui. Mais j’aimerai aussi faire mieux un jour, dans l’idéal : un Tennis Elbow 2013 avec Roger Federer. Le meilleur jeu de tennis de tous les temps avec le meilleur joueur de tous les temps, ça sonne bien, non ?

Si demain on a envie de faire partie de la WATFA, que devons-nous faire ?

Tout d’abord, il faut suivre les pages Facebook de la WATFA et de We Are Tennis, puis s’inscrire sur le site wearetennis.fr. Là-dessus, on se tient au courant de l’actu de la WATFA et du tennis en général. Lors des prochaines rencontres, une billetterie s’ouvre quelques semaines plus tôt et chacun peut s’inscrire afin d’avoir une chance d’être pris au tirage au sort. Si vous êtes pris, un e-mail de confirmation vous sera envoyé et vous indiquera la marche à suivre.

A tous les nouveaux arrivants : ne prenez pas peur, laissez-vous aller et vivez la rencontre à fond ! La WATFA, c’est la détente et le lâcher prise : personne ne sera sur votre dos à vous montrer du doigt si vous ne savez ni chanter ni danser, bien au contraire ! On vous accueille avec grand plaisir !

Un petit pronostic sur la finale de la Coupe Davis ? (En toute objectivité bien sûr !)

La France DOIT repartir avec le trophée. On est tellement dans une disette de trophées majeurs que les Bleus doivent la gagner après un tel parcours, c’est maintenant ou jamais. Pour autant, la Belgique, avec David Goffin, mine de rien, ça fait quand même peur, et surtout avec Steve Darcis, aka M.Coupe Davis, le facteur X de leur équipe. 5 fois aligné au 5ème match, 5 fois vainqueur, ça vous pose un esprit de dévouement et de combat pour la Nation !

Allez, je me lance : même si je suis nul en pronostics, je vois un 5ème match remporté par les Bleus au bout du bout ! Dans tous les cas, peu importe le score, la WATFA veillera à bien retourner le stade Pierre-Mauroy pour aller chercher la victoire finale !! ALLEZ LES BLEUS !!!

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Merci Stéphane pour cette belle interview pleine d’anecdotes. On te souhaite un bon week end à Lille, et allez les bleus !

 

Charlotte HILDEBRAND @MadameTennis

We Sport

 

A propos de l'auteur

alias Madame Tennis. Le tennis matin midi et soir, 7 jours sur 7, 365 jours par an !

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