Bilans NBA 2019 – 2020 : les Warriors de Golden State, champions déchus

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Crédits photo : NBC Sports

Si la NBA va reprendre ses droits fin Juillet, seulement vingt-deux équipes sur les trente qui constituent la Ligue rejoueront des matchs à Orlando. Ainsi, pour huit franchises, la saison est d’ores et déjà terminée, et il est l’heure d’en tirer le bilan. Aujourd’hui, retour sur la saison des Warriors de Golden State, une franchise qui a eu une saison bien mouvementée, et légèrement amputée dès les Finales de l’année passée. 

Fin d’une ère à Oakland

Les Finales 2019 en point de départ

D’habitude, les Finales NBA sont plutôt le meilleur des moyens de clore son année de basketball sur une victoire sensationnelle. Les Warriors, en Finales depuis 5 ans, espéraient bien jouer un mauvais tour aux Raptors. Rapidement, on comprit que c’en serait tout autre. Kevin Durant, qui revenait beaucoup trop vite de blessure, se lésait de nouveau, au tendon d’Achille. Pour ne rien arranger, Klay Thompson le rejoignait à l’infirmerie, lors du Game 6 des Finales contre les Raptors. Deux blessures très sérieuses, qui empêchaient quoi qu’il arrive les deux joueurs de débuter la saison avec les Warriors. Défaite face aux Raptors donc, et fin de saison pour l’ensemble des joueurs.

Par ailleurs, après le dernier match face aux Raptors, les Warriors disputaient là leur dernière rencontre de leur histoire à Oakland. 47 ans durant, les Warriors ont évolué au sein de l’Oracle Arena, antre de Golden State. Exception fut faite lors de la saison 1996-1997, au cours de laquelle les Warriors ont évolué à l’Arena de San Jose, à cause des importants travaux réalisés à l’Oakland Coliseum Arena. Cet écrin, à la résonance magnifique, avait vu évoluer, de 2015 à 2019, l’une des équipes les plus impressionnantes de notre ère. Aujourd’hui, les Warriors ont traversé la Baie, direction San Francisco, et son Chase Center. Si la salle est ultra-moderne et paraît tout à fait apte à accueillir du spectacle, nul doute qu’il faudra un temps d’adaptation aux fans. 

Une intersaison mouvementée

Outre le changement de stade, les Warriors vivaient un changement majeur au sein de l’effectif. Après avoir vu de nombreuses rumeurs graviter autour de son avenir, Durant décidait de quitter le navire. L’ailier de 31 ans choisissait de rejoindre les Nets, dans l’objectif de gagner une bague en 2021. Il y formait alors un duo avec Irving, lui aussi blessé pour une longue durée. En contrepartie, les Warriors récupéraient D’Angelo Russel, qui venait un peu doubler les postes 1 et 2. Ce transfert, alors que Durant était en fin de contrat, pouvait paraître presque satisfaisant, tant la saison précédent de DLo était bonne. Cependant, les Warriors ne trouvaient pas de quoi se renforcer au poste 3, ce qui fut une belle galère pendant toute une moitié de saison.

Autre départ majeur, celui d’Iguodala. Le MVP des Finales 2015 était envoyé aux Grizzlies dans la plus grande discrétion, contre un no-name. Il n’y jouera d’ailleurs jamais, préférant attendre une offre plus intéressante, à savoir celle du Heat de Miami. Enfin, Shaun Livingston prenait sa retraite, allongeant la liste des joueurs importants arrêtant l’aventure avec les Warriors.

À la Draft, les Warriors s’en sont tirés avec 3 joueurs, plutôt intéressants. Eric Paschall rappelait fortement Draymond Green, tant dans son style de jeu que dans sa vision. Le rookie de l’année à Golden State, c’était bien lui. Le 4 Novembre, le jour de son anniversaire, il scorait 34 points pour 13 rebonds, lors d’une victoire importante face à Portland. 

La même année, Poole et Smailagic étaient draftés. Si le Serbe a été envoyé le plus clair de son temps avec les Santa Cruz Warriors, le jeune meneur américain a lui eu du temps de jeu. Il tournait à 8.8 points de moyenne cette saison avec les Warriors, ce qui est très honorable pour l’arrière de 21 ans. 

Une saison en tout point décevante

Alors que la NBA s’attendait à un choc entre Clippers et Warriors d’entrée, en prime time, pour la première affiche de l’année, il n’en fut rien. Première déroute, première gifle pour les Warriors. Kawhi et PG13 infligeaient à Curry la première défaite de l’année, 122-141. La première victoire de la saison intervint elle contre les Pelicans de Nouvelle-Orléans, équipe également très remaniée, et sans son pick de draft Williamson. Le Chase Center devait attendre le 4 Novembre pour voir une première victoire à domicile.

Cependant, le problème le plus grave de cette saison arriva dès le 4e match, face à Phoenix. Curry se blessa gravement à la main, et c’en était fini des espoirs de playoffs pour les Warriors. L’équipe, sans ses Splash Brothers, ne pouvait avancer. Eux qui marquaient 50 points par match, les voilà cantonnés à l’infirmerie pour un bon bout de temps. Et Draymond Green ne pouvait pas faire le boulot tout seul, même avec Russell à ses côtés. 

Alors Steve Kerr a su s’adapter à la situation. Exit les envies de haut de classement, et place aux jeunes. Vu que tout ce que touche Kerr se transforme en or, on a donc pu voir des matchs impressionnants de la part de Paschall, Damion Lee ou encore Marquese Chriss. D’Angelo Russell était quant à lui libéré de toute forme de pression, et en plantait notamment 52 sur la tête des Wolves. 

Un tanking silencieux

Avec des défaites qui s’accumulent par dizaines, les Warriors sont aujourd’hui la dernière franchise sur 30 de la Ligue. Avec 15 victoires pour 50 défaites, voilà une des pires saisons de l’équipe. On n’a jamais pu distinguer clairement si les Warriors faisaient exprès de perdre ou non. Au vu de leur effectif, on pourrait comprendre ce nombre affolant de défaite. Il s’apparenterait presque plus à un effectif de G-League que de NBA. Cependant, cela a permis l’éclosion de nombreux jeunes joueurs dans l’effectif, qui devront confirmer l’année prochaine avec le retour des stars. 

Autre forme de reconstruction, l’envoi de joueurs contre des tours de draft. Le front office des Warriors en a usé et abusé, tout d’abord en envoyant DLo du côté du Minnesota, où il retrouvait son bon ami KAT. Les Warriors récupéraient en contre-partie un poste 3 solide, ce qui leur manquait, en la personne de Wiggins. L’ancien numéro 1 de Draft n’avait jamais prouvé grand chose, et on fait confiance à Steve Kerr pour réparer cette erreur. Les Warriors ont également envoyé Burks et Glenn Robinson III à Philadelphie à l’intersaison. Pénurie de shooters à San Francisco, et pénurie de résultats aussi.

Pour autant, et si le classement se fige, cela permettrait aux Warriors de récupérer un très gros pick de Draft pour l’année prochaine. Parfait pour se reconstruire et aller chercher un bon poste 5. On imagine déjà un 5 majeur grandiose, articulé autour des Splash Brothers, de Wiggins et de Dray Green. Looney, aussi important soit-il, pourrait devenir le back-up d’un grand poste 5. Et pourquoi pas Gobert, en froid complet avec Donovan Mitchell ?

Les Trophées de la Rédac’

Le MVP : Eric Paschall

On aurait presque pu mettre Draymond Green, seul titulaire encore en poste quasiment toute la saison, mais sa nonchalance sur le terrain a agacé quelque peu. Beaucoup moins concerné que d’habitude, il a manqué de hargne. Au contraire, Paschall a démontré qu’il avait tout d’un futur steal de Draft. En effet, l’ancien joueur des Wildcats de Villanova a beaucoup impressionné pour sa première saison en NBA. Pour son premier match face aux Clippers, le numéro 7 marquait 14 points en sortie de banc. Son record en carrière, début Novembre, prouvait au monde de la NBA que ce jeune ailier fort avait du cran. Sa ligne de statistiques est belle : quasiment 50% au tir, 13,9 points par match, 4,2 rebonds, 2,1 passes décisives… C’est du très bon Paschall. Il fut même récompensé en étant invité au Rising Star Challenge au sein de la Team USA. 

La Saucisse : Willy Cauley-Stein 

Arrivé l’été dernier en provenance de Sacramento, le big man n’aura jamais convaincu chez les Warriors. Incapable de faire la moindre différence, WCS n’aura joué que 41 matchs à San Francisco, avant de s’envoler pour Dallas. Tournant à 7,9 points, 6,2 rebonds et 1,2 contres de moyenne, il n’y avait pas de quoi s’extasier. Pour un poste 5 qui brille, on repassera. À Dallas, il remplacera le pauvre Dwight Powell, qui s’est bousillé le tendon d’Achille lui aussi. Pas de bol, ses statistiques sont encore pires, avec seulement 5,2 points de moyenne, sur ses 13 matchs joués. Avec un temps de jeu réduit (12 minutes par match), on se demande bien quelle sera la prochaine franchise à vouloir s’attacher ses services… 

Le +/- 

Le + : L’éclosion de plusieurs jeunes (Poole, Paschall, Bowman).

Le – : Le préparateur physique.

Et la saison prochaine ? 

Retour en grâce attendu

C’est donc d’ores et déjà officiel, la saison des Warriors est bel et bien terminée. La franchise, sortant de 5 Finales NBA de suite, dont 3 titres, est dernière cette année. Les circonstances atténuantes sont bien là, évidemment. Les blessures se sont entassées, des cadres sont partis, d’autres arrivés. Pour autant, on attend Golden State au tournant l’année prochaine. Le 5 majeur semble se dessiner, et des solutions sur le banc sont trouvées (ce qui semblait cruellement manquer ces deux dernières années). Kerr a profité de cette saison plus que tronquée pour développer des jeunes joueurs, et intégrer Wiggins le mieux possible au groupe. Chaque poste possède un joueur de très grande classe, ce qui est important pour la suite. Aujourd’hui en tout cas, l’effectif semble stable. La plus grosse interrogation réside dans la Draft 2020. À quoi peuvent s’attendre les Warriors ? Vont-ils se faire avoir comme les Knicks l’an passé ? Quelle sera la stratégie adoptée par Bob Myers pour servir au mieux les intérêts des Warriors ? 

L’avis de la Rédac’

Avec quelques mordus des Warriors au sein de la rédaction Basket, nul doute que la déception était de mise. Si le départ de Durant fut rapidement digéré, tant la venue de DLo était forcément hype, la blessure de Curry a été un véritable traumatisme. Ce genre de blessure condamne la saison entière d’une franchise. Alors qu’on pouvait s’attendre à une saison comme 2015, où les Splash Brothers porteraient les Warriors sur leurs épaules, il n’en fut donc rien. Voir une équipe appréciée traîner dans le fond du classement donnait parfois des maux de tête terribles, et on comprenait enfin la douleur des fans des Knicks, où de Cleveland (sensiblement le même cheminement, from Finales NBA to fond de classement).

Toujours est-il que l’espoir est grandement de notre côté. Le retour de Curry s’est fait sans encombre, Klay a pu prendre son temps pour revenir à 100%, et Wiggins deviendra sûrement MVP sous Steve Kerr (ou presque). L’éclosion de jeunes joueurs fait plaisir à voir, et ce n’est pas sans rappeler que les Warriors d’aujourd’hui sont les picks de Draft d’hier. Curry, Thompson, Green, Looney … tous ont été drafté à Oakland. 

« L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage » pouvions-nous entendre dans La Haine. Si la chute est réelle pour les Warriors, l’atterrissage devrait se faire sans encombre. Golden State a de la ressource, et devrait s’en relever dès l’année prochaine.

Enchaîner 5 Finales NBA et une dernière place n’est pas chose aisée pour les Warriors, mais les blessures ont jonché leur saison. Aujourd’hui, plus que jamais, la franchise a besoin de se reconstruire. Une année sans post-season peut aider les joueurs à bien se préparer pour l’année suivante, où ils seront forcément très observés. Avec les deux franchises de LA qui se disputent le Graal, les Warriors pourraient tirer partie de cette place d’outsider. 

À suivre : le bilan des Cleveland Cavaliers. 

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