Cahill, Roi du Pacifique

Futur adversaire des Bleus lors de la Coupe du Monde 2018 en phase de poule, Tim Cahill participera à sa 4ème Coupe du Monde avec l’Australie en juin prochain. WeSportFR revient sur son parcours atypique.

Timothy Filiga Cahill est né le 6 décembre 1979 à Sidney. Fils d’une mère samoane et d’un père irlandais, Tim grandi d’abord dans une atmosphère plus rugbystique que footballistique. Son père l’a emmené jeune à découvrir le rugby, il est d’ailleurs cousin avec de nombreux rugbymans qui ont fait carrière tel que Ben Roberts ou même l’ancien joueur de l’ASM, Benson Stanley. Mais sa mère le fit vite sortir de ce cadre, trouvant ce sport trop violent et dangereux pour son fils. C’est comme ça que Tim Cahill a commencé le football.

Le rêveur Tim Cahill
crédit: The Advertiser

Son père comprend vite cette passion naissante chez son fils et n’hésite pas à le laisser regarder la Premier League anglaise très tard le soir entre minuit et 4h du matin tant que ses résultats scolaires restent bons. C’est en regardant ces matchs que Tim Cahill devint supporter du club d’Everton (à l’époque dominateur du championnat) et de son attaquant vedette Gary Lineken.

Son talent dans ce sport au ballon rond se fit vite remarquer. En effet dès l’âge de 14 ans il est sélectionné pour jouer avec la sélection samoane, grâce à ses origines maternelles.

Mais l’Australie n’étant pas une terre de football ou plutôt de soccer (pour nos amis australiens), le pays devint vite trop petit pour les ambitions du jeune Cahill.

Rêveur de pouvoir jouer dans en Angleterre comme son idole, ses parents feront de nombreux sacrifice afin de l’emmener au sommet.

Conquête de l’Europe

C’est ainsi qu’en 1996, ses parents ayant obtenu un prêt de 10 000$, Tim Cahill s’envole pour l’Angleterre afin d’y tenter sa chance. Il hébergera d’abord chez son cousin Gllenn Stanley puis il louera une chambre . Tim ira tenter sa chance au sud de Londres du côté de Millwall alors en 3ème division. Les talents du garçon ne font aucun doute et après beaucoup de travail et d’efforts, le 22 mai 1997, le jeune australien effectua ses débuts sous ce nouveau maillot des Lions. Mais l’histoire serait trop belle si elle se continuait ainsi… Ses parents toujours en Australie ont d’énormes difficultés à rembourser leur emprunt et à vivre décemment. Son frère aîné Sean devra arrêter ses études et travailler pour pouvoir aider ses parents à s’en sortir.

Dès ses premiers revenus, Tim renvoya petit à petit l’argent à ses parents. Ce dernier se rappelle souvent de cette période qu’il assimile à une cicatrice.

Cahill jouera peu la première année à Millwall mais deviendra titulaire indiscutable dès l’année suivante. Il disputera 253 matchs avec les Lions et marquera 62 buts. Il connaîtra et sera un des principaux acteurs en 2001 de l’ascension de son club en seconde division suite a son titre en 3ème division.

La popularité de Tim Cahill décollera lors de sa dernière année pour le club sud-londonien lorsque que son équipe et lui alors toujours en Championship accéderont en 2004 à la finale de la FA Cup. Ils s’inclineront 3 à 0 face à Manchester United mais auront fait preuve de pugnacité tout au long de leur parcours dans cette coupe.

Suite à cette belle saison, c’est la consécration pour Cahill qui sera appelé pour la première fois en sélection d’Australie. C’est ainsi que le 30 mars 2004, Tim honora sa première sélection face à l’Afrique de Sud. Cette même année avec sa sélection il sera sacré champion d’Océanie et joueur océanien de l’année. L’Australie aura vu naître en cette année 2004 un véritable crack dans ce sport qui se développe de plus en plus dans ce pays.

Du rêve à la réalité

Et après tant d’efforts et de combativité pour accéder au haut niveau, la consécration arriva. Avant le débuts de saison 2004-2005, d’abord pressenti pour rejoindre Crystal Palace, les scouts d’Everton, qui avaient eu longtemps les yeux rivés sur l’Australien, arrivent à persuader les dirigeants de s’offrir ses services. Le 1er Juillet 2004, le milieu offensif Tim Cahill est transféré à Everton pour 1,5 M de livres.

Le rêve du jeune Cahill devient alors réalité, jouer pour son club de cœur.

Il jouera durant durant 8 ans pour les Tofees et rentrera dans l’histoire du club grâce à son amour pour le maillot bleu qui lui vaudra 276 apparitions, sa célébration du « boxeur » et ses nombreux buts (68 buts et 29 passes décisives). Pour Everton, il fut sûrement l’une des meilleures recrues suivant le critère qualité-prix. Lors de sa première année sous le maillot des Tofees, il sera nommé dans l’équipe type de Premier League. Il figurera même dans la liste du ballon d’or lors de l’année 2006.

Tiger Tim du club d’Everton
crédit: planet football

Le joueur est sanguin et son surplus d’engagement ne plaît pas toujours, même en Angleterre. En effet Tim Cahill a écopé de 47 cartons jaunes et de 2 cartons rouges pour le club du Goodison Park. Ce comportement lui a aussi valu plusieurs blessures importantes qu’une déchirure du ligament du genou en 2006-2007 face à Aston Villa ou même une fracture du cinquième métatarse contre Sheffield United l’année suivante.

Moyes s’est souvent inquiété de la façon dont les Socceroos l’utilisait suite à ses blessures.

Tim Cahill est considéré comme le fidèle serviteur du club, joueur clé du système de Moyes, toujours fidèle au poste. Il est une des légendes du club d’Everton. Il est lié sportivement et amicalement à l’entraîneur David Moyes qui l’a dirigé pendant qu’il jouait à Everton. Les supporters des Tofees considèrent Myes comme le 2ème père de Cahill.

La pré-retraite

A l’âge de 32 ans, Cahill a fait son temps dans son club et considère que s’il reste il devra arrêter sa carrière à 35 ans et ne pourra plus jouer en sélection. Après 8 ans de bons et loyaux services, il sera transféré le 24 juillet 2012 aux New York Red Bulls pour 1,3 M d’€. L’Australien a fait son temps en Premier League.

C’est mal connaître le personnage. Tim ne franchit pas l’Atlantique pour se reposait sur ses lauriers. Le milieu de terrain marquera 16 buts et sera aligner à 67 reprises.

Il choisira par la suite de profiter de sa fin de carrière pour choisir quelques destinations exotiques (et gonfler sans aucun doute son compte en banque) tels que la Chine au Sanghai Shenhua puis le Zhejiang Greentown.

A 36 ans, il fait son retour au pays au Melbourne City où il fera une première saison digne de son statut. Il remportera pour l’occasion la coupe d’Australie. Il racontera que son retour au pays fut pour lui très important.

Retour aux sources
crédit: beinsport

Cette saison, non convaincant en Australie, suite à un accord mutuel en le club et lui, il signa le 29 janvier 2018 là où tout à commencer pour lui, à Milwall. Reconnaissant envers ce club qui lui a ouvert les portes du haut niveau, cela semble être un juste retour. L’Australien en manque de temps de jeu, privilégia son retour en Angleterre afin de préparer la Coupe du Monde.

Cela semble raté… Ses statistiques sont désastreuses : Cahill n’a joué que 10 matchs avec un total de 99 minutes de jeu (légèrement plus d’un match entier), pour un total de 0 but et 4 cartons jaunes. Un retour loin d’être évident.

The nation first

Cahill est une véritable légende du football australien, équivalent à Zidane chez nous.

En 2004, récemment transféré à Everton, le crack australien est nommé joueur océanien de l’année. Il sera un des grands acteur de la qualification de l’Australie au Mondial 2006. Cette dernière se joua jusqu’en barrages où son équipe élimina l’Uruguay à l’issue des tirs au buts. Il remportera la même année la Coupe d’Océanie des Nations.

Il fera connaître le football australien au monde entier notamment par son but lors de la Coupe du Monde 2014 face aux Pays-Bas.

Enfin en 2015, il remporta la Coupe d’Asie des Nations.

Le milieu offensif australien à marqué à 50 reprises sous le maillot des Aussies en 105 apparitions. On se souviendra de sa magnifique reprise volée face aux Pays-Bas au Mondial 2014.

Inscrit dans la pré-liste de son sélectionneur Bert van Marwijk pour la Coupe du Monde, le vétéran d’Océanie, devrait s’envoler pour la Russie où il disputerait alors son 4ème Mondial après celui de 2006, 2010 et 2014.

La qualification de l’Australie ne se déroula pas sans accroc. Lors de la phase de qualification, elle a joué sa place jusqu’au derniers instants des qualifications contre la Syrie où Cahill délivra les siens d’un doublé.

Tim Cahill est sans aucun doute l’un des plus grand joueur de football que l’Australie et même l’Océanie n’est connue. Un amoureux du football, qui à dû faire bon nombre de sacrifices pour atteindre son rêve de jouer pour Everton. Un caractère sanguin, ambitieux, déterminé et passionné a forgé le destin de cet Australien.

Après une saison loin de ses standards habituels et un âge conséquent, Tim Cahill disputera sûrement sa dernière compétition internationale et pourrait mettre fin à sa carrière suite au Mondial. On peut se demander si à 38 ans la place de Cahill est toujours légitime. Néanmoins une expérience tel que la sienne pour une des petites nations de cette Coupe du Monde semble tout de même indispensable, cet homme n’a jamais cessé d’impressionner à des moments où l’on ne s’y attendait pas toujours. Il est en sélection comme à la maison.

Good Luck Tim Cahill.

 

Robin Garnier

A propos de l'auteur

Rédacteur rubrique football & Community Manager

Poster un commentaire

id non luctus amet, ut mattis elementum