Coupe du monde

Giroud, comme une évidence

Il sera bien présent au Qatar la semaine prochaine. Il, c'est Olivier Giroud, le deuxième meilleur buteur de l'histoire de l'Equipe de France, qui marche sur l'eau cette saison avec son club de l'AC Milan. Pourtant, sa présence, longtemps, a été remise en cause. Depuis le retour en sélection de Karim Benzema, “Gigi” n'est plus un incontournable des listes de Didier Deschamps. Depuis l'Euro, il n'a même été appelé que lorsque le Madrilène était absent. Mais impossible, dans les conditions actuelles, de se passer de l'ancien Gunners. 

Et si? Et si il devenait meilleur buteur de l'histoire de sa sélection lors du mondial au Qatar? En tout cas, Olivier Giroud en aura sans doute l'opportunité. Appelé pour participer à la Coupe du Monde, il ira sans doute en qualité de remplaçant. Mais lui n'en a que faire et tentera tout pour prouver à Deschamps qu'il a fait le bon choix, et qu'il pourra même compter sur lui, peu importe le contexte. De toute façon, le Giroud version 2022-2023 ne peut que faire du bien à un groupe perturbé par les états d'âme et de forme des uns et des autres.

Une saison magnifique

Car s'il y en a bien un qui brille et dont on ne parle que pour ses performances sur le rectangle vert, c'est bien lui. Titulaire à la pointe de l'attaque des Rossoneri, il empile les buts, mais surtout les buts qui comptent : une reprise de volée magnifique le week-end dernier pour permettre aux siens de s'imposer dans les ultimes minutes du match contre la Spezia, un doublé lors du match de la qualification en Ligue des Champions contre Salzbourg, une autre réalisation lors de la victoire étriquée contre l'Inter dans le derby de la Madonnina. Avec neuf buts en 17 matchs, il est l'attaquant le plus important des siens. Samedi après le match, il n'avait pas la tête à la liste, d'après ses dires : « La possibilité de disputer un troisième Mondial est très importante. Pour moi, c’est un objectif de conserver ce titre. On a une belle équipe, on a beaucoup d’espoirs avec tous les talents que compte la France. Mais je ne veux pas penser au Mondial maintenant, on verra mercredi quand Didier Deschamps communiquera sa liste ». Difficile à croire, bien que l'euphorie après ce but de grande classe et cette victoire à l'arrachée puissent avoir pris le dessus.

Ce constat est le même à chaque fois qu'il revêtit le maillot frappé du coq. Il ne devait plus être sélectionné par Deschamps mais une fois encore, il est revenu à force de travail. Une force mentale que louait d'ailleurs son ancien coach à Chelsea, Frank Lampard : “Nos jeunes doivent prendre Olivier Giroud comme exemple. Il est tellement professionnel. Je ne peux pas lui demander plus. Il n'est pas toujours dans l'équipe, mais ce qu'il montre tous les jours à l'entraînement contribue à rendre l'équipe meilleure. Mettre un quadruplé en Ligue des champions [ à l'époque, contre le FC Séville] n'est pas donné à tout le monde. Je suis ravi pour lui.” Et lors des matchs de septembre avec les Bleus, il s'est de nouveau distingué. Comment ? En marquant, comme à son habitude! Et avec 49 réalisations en 114 sélections, il n'est plus qu'à deux petits buts du record de Thierry Henry. Et pourquoi ne le dépasserait-il pas au Qatar cet hiver?

Un comportement exemplaire

En plus d'être performant sur le terrain, il est également brillant en dehors. Depuis sa sortie médiatique controversée juste avant l'Euro, Giroud se fait tout petit et se dit prêt à clairement se mettre au service du collectif. Peu importe son rôle. Et son comportement depuis l'été 2021 va dans ce sens.

Il fait d'ailleurs l'unanimité, que ce soit auprès des siens, comme pour Zlatan Ibrahimovic, pourtant pas avare de punchlines en tout genre, mais reconnaissant quand il faut l'être : “Oui, c’est un gagnant, c’est une personne sérieuse. Ce n’est pas quelqu’un qui va te mettre 40 buts par an, mais il apporte quelque chose à l’équipe que peu de gens apportent. Parce qu’il n’est pas égocentrique sur le terrain, il joue pour tout le monde

Thierry Henry, dont le record est pourtant proche de tomber, est lui aussi séduit par les qualités footballistiques mais également humaines de Giroud : “Olivier fait partie du type d'attaquants en train de mourir aujourd'hui. Old school, tenant le ballon, le redonnant sur l'aile, entrant dans la surface et se cassant le cou pour marquer de la tête, décrit Henry. Ce que j’aime, c’est la façon dont il met les gens dans le jeu. Il est très bon, il aide quand vous jouez avec lui sur un une-deux. C’est ce type de joueurs. Et je pense que c’est très bien pour l’équipe nationale d’avoir une dimension différente des autres gars, qui aiment revenir derrière, aller sur l'aile et rentrerJe pense que c'est génial pour Didier Deschamps d'avoir un attaquant comme Olivier et s'il arrive à battre mon record, c'est incroyable“.

Si Deschamps l'a rappelé, c'est qu'il est “obligé” de se rendre à l'évidence : se priver de ce Giroud-là paraissait impensable. Car il déclarait cela il y a encore quelques mois seulement : “J'ai toujours considéré qu'un joueur qui a un statut doit avoir le même statut en Bleu. Quand vous avez tout, et qu'un jour vous avez la moitié ou beaucoup moins, c'est très difficile humainement.” Voulait-il seulement se trouver une excuse d'avoir écarté Giroud ou le pensait-il réellement? Sans doute un peu des deux. Mais à l'image du cas Karim Benzema, force est de constater que le sélectionneur n'est pas borné, au point de pouvoir revoir ses jugements.

Un Benzema chancelant 

On ne parle évidemment pas du niveau footballistique du dernier Ballon d'Or. Mais bien plus de sa forme physique. Blessé mi-octobre après le match contre Elche, il n'est revenu que la semaine dernière après pratiquement trois semaines d'arrêt. Mais il a rechuté à l'entraînement, suite au match à Glasgow contre le Celtic, où il est entré à une demi-heure de la fin. Pas d'inquiétude, à priori, quant à sa participation à l'événement de l'année. Mais ces pépins récurrents font suite à ceux du mois de septembre où, déjà, KB9 était sur la touche pendant plus de trois semaines. Il n'aura donc pas eu une préparation optimale et, attention à l'état physique en plein milieu du désert.

Il était donc naturel d'emmener Olivier Giroud pour ce mondial. En cas de coup dur pour Benzema, il apparait légitime que l'attaquant du Milan AC prenne place au sein du 11 de Deschamps. Son profil est unique, et si le sélectionneur rechigne souvent à le faire entrer (il ne le considère pas réellement comme un remplaçant), il a une totale confiance en lui quand il le lance dès le coup d'envoi.

Le choix d'emmener Olivier Giroud au Qatar coule de source. De par son passé et son vécu en Bleu, son expérience, et sa forme actuelle, il est un incontournable de cette liste. Et comptez sur lui pour tenter de porter l'Equipe de France sur le toit du monde, une seconde fois consécutive. Peut importe son statut. 

Crédit photo : Eurosport


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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