Coupe du monde

Iniesta, les meilleurs exploits de l’Espagnol en Coupe du monde

Ceux qui ont eu la chance de voir évoluer Andrés Iniesta entre la fin des années 2000 et le début des années 2010 se souviennent très certainement de ses prouesses au cœur du jeu catalan, de ses conduites de balle envoûtantes et de ses double contacts légendaires capables de mettre à l’amande ses adversaires les plus tenaces pour remporter les plus beaux trophées. « El Maestro » comme on le surnomma souvent, a également porté la Furia Roja jusqu’au toit du monde, un certain 11 juillet 2010.

25 juin 2010 : Le Roi de Castille qualifie la Roja

En 2010, Andrés Iniesta disputait sa deuxième Coupe du monde. Après avoir vécu l’élimination en huitièmes de finale face à la France lors du Mondial de 2006, le petit magicien du milieu de terrain devint une pièce maîtresse de la Selección très tôt sacrée championne d’Europe en 2008 sous les ordres de Vincente del Bosque.

Forte de son style de jeu « tikitaka » légendaire, l’Espagne s’avançait naturellement parmi les grandes nations favorites de l’édition 2010 en comptant dans ses rangs quelques références légendaires du Barça comme Piqué, Puyol, ou encore Xavi et Iniesta au milieu de terrain.

Celui qui passa d’Andrésito à « Don Andrés » un soir de Ligue des Champions à Stamford Bridge en 2009 sous le maillot Blaugrana, allait très vite devenir le héros national de toute une génération à l’occasion de ce sommet en Afrique du Sud.

Sur le chemin de la gloire, le virtuose du milieu de terrain connut pourtant quelques embuches puisqu’au terme d’une saison compliquée et de blessures à répétitions, il perdit un ami cher et sombra dans la dépression.

Il fit le voyage en Afrique du Sud avec le soutien inconditionnel de son entourage et avec la confiance de son sélectionneur qui le nomma dans le onze de départ pour la première journée face à la Nati. Au terme d’un match qui semblait pourtant largement maîtrisé, la Roja s’inclina en succombant à une contre-attaque des Suisses (1-0).

Renvoyé sur le banc contre le Honduras la journée suivante en raison d’un changement de sytème, le Maestro fit son retour sur scène pour affronter une autre Roja, celle du Chili de Marcelo Bielsa.

À 10 minutes de la pause alors que l’Espagne menait 1-0 grâce à une réalisation de David Villa, la brillante lecture de jeu d’Iniesta lui permit d’intercepter le ballon très haut pour s’enfoncer rapidement dans la surface adverse via un jeu de passes très bien orchestré avec Fernando Torres en soutien, puis Villa sur le flanc gauche pour trouver à nouveau Iniesta qui termina l'action en logeant une frappe à ras de terre dans les filets chiliens.

Le premier but d’Iniesta en Coupe du monde allait déjà permettre à la Roja de valider son billet pour les huitièmes de finale en remportant trois points précieux, mais le meilleur restait à venir…

11 juillet 2010 : Un but, une étoile, hommage à Dani Jarque

Le Maestro allait encore être l’un des artisans majeurs du parcours glorieux de la Roja. À l’origine de l’unique action de but contre le Portugal en huitièmes de finale, Iniesta allait encore rayonner en quart, contre le Paraguay.

Pour débloquer la situation face à la Albirroja, le Magicien espagnol reçut la balle dans les 30 derniers mètres et parvint à slalomer entre deux défenseurs pour servir Pedro qui frappa en dernière intention le montant du cadre de Justo Villar, avant que David Villa sur la trajectoire ne vienne forcer le destin et inscrire sa cinquième réalisation dans la compétition.

La tête de l’impérial Carlos Puyol fut ensuite salvatrice au terme d’une rencontre éreintante face à la redoutable Mannschaft en demi-finale, et la Roja fut qualifiée pour la première finale de Coupe du monde son histoire.

Au Soccer City de Johanesbourg, les Ibères allaient rencontrer en dernière instance une sélection Oranje également à la conquête de son premier sacre, et armée de quelques-uns des plus grands noms du football européen de l’époque tels qu’Arjen Robben, Robin van Persie ou encore Wesley Sneijder.

Les deux camps s’engagèrent dans une confrontation intense et très indisciplinée si bien que l’arbitre Howard Webb comptabilisait déjà un total de 9 avertissements à la pause.

Le score resta vierge jusqu’aux prolongations et au bout de quelques minutes supplémentaires seulement, Iniesta allait mettre en œuvre tout son génie pour faire douter les Bataves en servant au millimètre Cesc Fabregas devant le but. Le portier Maarten Stekelenburg fut à la hauteur de l’effort cette fois, mais la pression était montée d’un cran à Johannesburg. Après 16 minutes enfin, le plus légendaire des milieux de terrain allait enfin être à l’apogée de sa carrière en inscrivant le but le plus symbolique de toute l'histoire du football espagnol.

Cesc Fabregas dans la trajectoire d’un centre espagnol mal repoussé trouva Iniesta à l’affût dans la surface de réparation. L’enfant de Fuentealbilla parvint à contrôler le ballon pour enchaîner sur frappe basse et porter le coup de grâce en laissant Maarten Stekelenburg et ses coéquipiers totalement décontenancés.

Don Andrés devint héros de tout un peuple et permit à l’Espagne championne d’Europe de s’offrir le plus prestigieux des trophées. Il dédia son but au regretté Dani Jarque, son ami et joueur de l’Espanyol Barcelone, disparu soudainement d’une crise cardiaque un an plus tôt.

Par cet hommage, Andrès Iniesta associa à jamais l’étoile de la Roja au nom de Dani Jarque et le sien au rang des meilleurs joueurs espagnols de tous les temps.


Sylvain Cacheux

"Le sport développe la molécule du plaisir" - José Doval

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