Pas de titre mais enfin une médaille pour le triathlon français, qui arrache la troisième place du relais mixte au terme d'un final tonitruant de Cassandre Beaugrand et Vincent Luis. Longtemps au-dessus du lot avant de douter, les Britanniques sont eux devenus champions olympiques.

Un départ difficile

Après la déception de Vincent Luis chez les hommes et une belle place d'honneur pour Léonie Periault, la France se présentait sur le relais mixte avec de fortes ambitions. Champions du monde en titre 2019 et revanchards après deux courses individuelles sans médailles, les Bleus avaient soif de revanche. Pourtant, les débuts furent compliqués pour l'équipe de France. Cinquième en individuel, Léonie Periault peine à lancer le relais français et accuse vingt-six secondes de retard sur la tête avant de passer la main à Dorian Coninx. Pas forcément à l'aise dans l'eau et sur le vélo, la Française limite toutefois la casse à pied avant de laisser son coéquipier s'élancer.

À son tour, Dorian Coninx peine à combler le retard de la France sur la tête, où les Britanniques écrasent la concurrence. Après un relais très fort de la tête de course, l'Isérois lance Cassandre Beaugrand dans un groupe jouant la médaille de bronze, avec trente secondes de retard sur la Grande-Bretagne, les USA s'intercalant à la deuxième place.

Beaugrand remonte, Luis supersonique

Luttant pour une médaille, la France va alors opérer une folle remontée. Habituellement moins à l'aise dans l'eau, Cassandre Beaugrand donne tout sur la partie natation et recolle avec le reste du groupe jusqu'à prendre la troisième place. Plus dans le dur sur le vélo, la Française (24 ans) laisse revenir l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas mais va faire la différence sur les deux kilomètres de course à pied. Accusant quarante secondes de retard sur la Grande-Bretagne, Beaugrand décroche ses concurrentes sur le premier kilomètre et laisse entrevoir une potentielle médaille. Si elle ralentit sur la fin du parcours, la France pointe à la troisième place à trente-trois secondes des Britanniques avant que Vincent Luis ne prenne le relais. Toujours intercalés, les Américains sont eux à vingt-et-une secondes des leaders.

Le miracle va alors s'opérer. Champion du monde en titre, Vincent Luis va réaliser un relais stratosphérique. Dans l'eau, le natif de Vesoul grappille son retard sur l'Américain et ressort à seulement deux secondes de la deuxième place et ne pointe qu'à une petite vingtaine de secondes de la tête. Sur le vélo, Luis va poursuivre son gros travail et lâcher l'Américain Morgan Pearson et même revenir sur le Britannique Alex Yee ! Avec une place sur le podium presque déjà assurée, la France joue maintenant le titre.

Au sortir de la partie vélo, Vincent Luis doit maintenant tout donner mais va prendre du retard sur la transition. Au contact du Britannique après la deuxième partie, le Français perd des secondes précieuses et laisse Alex Yee, l'un des meilleurs coureurs parmi les triathlètes engagés dans ce relais, sortir avec trois secondes d'avance. Encadré par les deux meilleurs coureurs du circuit, Morgan Pearson talonnant de près le Français, Luis se met dans le rouge et voit le Britannique s'envoler. Également lâché dans la deuxième partie à pied par l'Américain, il devra se contenter de la médaille de bronze après avoir fait une énorme première partie de course. Après un relais parfaitement réalisé, la Grande-Bretagne devient championne olympique, tandis que les USA (+14 sec) termine deuxième, devant la France (+23 sec) qui décroche la première médaille de son histoire dans la discipline (hors Jeux paralympiques).

Enfin une médaille pour le triathlon français, qui rapporte le bronze à l'équipe de France ! La déception des épreuves individuelles est partiellement effacée, tandis que la Grande-Bretagne s'inscrit dans les livres d'histoire en devenant la première nation championne olympique dans la discipline.

Crédit image en une : Reuters / Kacper Pempel