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Les 30 Moments marquants de 2021 : Edward Gaming ramène les Worlds en Chine

Après onze mois fournis en évènements sportifs, notamment à cause du report de nombreuses compétitions qui devaient avoir lieu l’an passé, le mois de décembre conclut un cru 2021 encore riche en émotions. De la septième bague de Tom Brady au titre de champion du monde de Fabio Quartararo en Moto GP, en passant par les Jeux olympiques et paralympiques, We Sport revient sur 30 moments marquants qui ont rythmé l’année civile. Aujourd’hui, place à l’un des moments forts de la scène esport, le titre d’Edward Gaming aux Worlds de League of Legends.

Un retour sur le devant de la scène

L’année 2021 fut celle du rebond pour Edward Gaming. Présente sur la scène League of Legends depuis septembre 2013, la structure chinoise avait très rapidement dominé sa scène nationale, remportant presque tout en Chine entre 2014 et 2017 et se qualifiant sans discontinuer aux Worlds jusqu’en 2018. Néanmoins, les deux dernières années furent nettement plus contrastées pour EDG. Non-performante en playoffs sur trois des quatre splits de ce laps de temps, les Chinois manquèrent même la postseason pour la première fois de leur histoire lors du Summer 2020, ne terminant que dixièmes de la saison régulière.

Cette mauvaise passe, Edward Gaming va totalement la faire oublier cette année. Tout d’abord, la structure opère deux changements dans sa lineup. Sur la toplane, Li « Flandre » Xuan-Jun arrive de LNG Esports, tandis que le Coréen Park « Viper » Do-hyeon, anciennement chez Hanwha Life, prend place en tant qu’ADC. Pour le reste pas de changements : le jeune Zhao « Jiejie » Li-Jie reste dans la jungle, et les vétérans de l’équipe Lee « Scout » Ye-chan et Tian « Meiko » Ye – présents dans l’équipe depuis 2016 et 2014 – restent sur la midlane et dans le rôle de support. Avec ces cinq hommes, EDG va trouver la recette et goûter à nouveau au succès. Deuxièmes de la saison régulière au Spring puis au Summer, les Chinois chuteront face à Fun Plus Phoenix puis RNG au printemps (3e place finale) avant de prendre leur revanche l’été venu pour s’offrir leur premier titre depuis trois ans. Particulièrement en forme, à l’image de son midlaner Scout, EDG décroche par la même occasion une place aux Worlds, qui plus est avec le seed #1 de sa région.

Des Worlds impressionnants

Pour la sixième fois de son histoire, Edward Gaming se retrouve donc aux Worlds. Jusqu’ici, les Chinois n’ont jamais vraiment réussi à réitérer leurs performances réalisées sur leur scène nationale dans la plus grande des compétitions. En cinq participations, EDG s’est arrêté à quatre reprises au stade des quarts de finale, s’arrêtant également une fois en poules (2017). 2021 était donc une nouvelle occasion de prouver que la structure pouvait mettre fin à cette mauvaise série, et c’est exactement ce que Scout, Meiko et leurs coéquipiers vont faire.

Placé dans le groupe B avec les Coréens de T1, les Américains de 100 Thieves et les Japonais de DetonatioN FocusMe, EDG démarre sa campagne par quatre victoires en quatre rencontres, assurant d’ores et déjà sa qualification. Si les Chinois tomberont contre T1 et 100 Thieves pour conclure la phase de groupe, laissant la tête du groupe aux Coréens, l’essentiel est là avec une qualification pour les quarts de finale.

Royal Never Give Up, l’adoubement

Pour ouvrir la phase à élimination directe, Edward Gaming retrouva un adversaire bien connu, leurs compatriotes de RNG. Cette opposition fratricide entre les deux derniers représentants de la Chine – FPX et LNG Esports étant tombés dès les poules – offrait une affiche plus qu’alléchante sur le papier. D’un côté, EDG venait de s’offrir le Summer chinois. De l’autre, RNG avait roulé sur le début de saison, remportant le Spring chinois puis le Mid-Season Invitational, mais restait sur un frustrant top 5-6 au segment d’été national. Prometteur, ce BO5 (Best-of-five, série au meilleur des cinq matchs) fut spectaculaire.

Dès la Game 1, les deux équipes se rendent coup pour coup mais c’est bel et bien RNG qui frappe du poing sur la table en premier. Après vingt-neuf minutes de combat, GALA et ses coéquipiers trouvent un teamfight avantageux autour du dragon et achèvent quatre de leurs cinq adversaires, se dirigeant ainsi vers le Nexus pour enlever la première manche : 1-0. Toutefois, cette défaite aura le mérite de réveiller Edward Gaming. Après un early game dominant, EDG enchaîne les offensives mais bute sur une défense solide des vainqueurs du MSI 2021. Acculé, RNG finira par lâcher prise avant la demi-heure de jeu, ne parvenant notamment pas à faire tomber un Flandre intenable sur sa Yuumi.

1-1, tout est à refaire alors que la Game 3, celle réputée comme la plus importante, se profile. Cette troisième manche sera la plus longue et la plus disputée de ce quart de finale. Pendant trente-huit minutes, les deux équipes enchaînent les teamfights exceptionnels, et la balance penche finalement du côté d’EDG après avoir récupéré trois kills et le buff Baron autour du Nashor. Première balle de match pour Scout et ses coéquipiers, mais première balle de match gâchée par des RNG qui ne leur ont laissé aucune chance : 19 kills à 5 en moins de trente minutes, et une égalisation pour forcer un Game 5 décisive.

Alors que Royal Never Give Up aurait pu capitaliser sur sa belle victoire en Game 4, c’est tout l’inverse qui va se produire. Piqué dans son orgueil, Edward Gaming domine de bout en bout la rencontre déterminante, roulant sur leurs adversaires. Dès la quinzième minute, EDG s’offre un ace après un affrontement sur la botlane, et leur qualification ne semble être qu’une question de temps. RNG résistera treize minutes supplémentaires, mais le mal était fait : Edward Gaming arrache la première qualification en demi-finale des Worlds de son histoire.

GenG, pour l’honneur national

Désormais seul représentant de la Chine dans la compétition, Edward Gaming se retrouve dans le dernier carré entouré de trois équipes coréennes. Pour une place en finale, leur adversaire est de taille : GenG, digne héritier de Samsung Galaxy (champion du monde en 2017, n.d.l.r). Pour parvenir à la demi-finale, les Coréens avaient dû commencer par se faire violence. En phase de poules, ils ne purent faire mieux qu’un bilan de (3-3) et durent passer par un double tie-breaker pour valider leur qualification et tout de même sécuriser la première place de leur groupe. La suite fut en revanche nettement mieux négociée, avec un sweep 3 à 0 contre les Américains de Cloud 9 en quarts. Une sorte d’échauffement avant le choc face à Edward Gaming.

Dans un scénario assez proche du BO5 face à RNG, Edward Gaming prit la Game 1, mais lâcha la suivante à GenG pour se retrouver à 1-1 à l’orée de la Game 3 si importante psychologiquement. Cette manche tint toutes ses promesses, et les deux équipes s’échangèrent les coups pendant plus de quarante minutes. Toutefois, contrairement au quart de finale, cette fois-ci EDG laissa filer la victoire après avoir concédé trois morts au milieu de la carte. Première balle de match pour GenG.

Dos au mur et dans l’obligation de s’imposer, Edward Gaming va répondre de la meilleure des manières et assommer les Coréens. Impériaux lors de la Game 4, Scout et ses coéquipiers enchaînent deux démonstrations, d’abord pour égaliser et ensuite pour sécuriser leur place en finale. GenG a craqué, Edward Gaming est qualifié.

Damwon KIA, pour faire tomber le champion

Pour tenter de soulever la Summoners Cup pour la première fois de son histoire, Edward Gaming avait encore une étape à franchir, et non des moindres : le tenant du titre Damwon KIA. Favoris à leur propre succession, les Coréens arrivaient en confiance. Après une phase de groupe parfaite et un sweep face aux Européens de MAD Lions, ils ont éliminé T1 au terme d’un BO5 absolument extraordinaire. S’ils ont montré quelques signes de nervosité face à leurs compatriotes en demi-finale, difficile de ne pas les voir aborder cette finale en tant qu’équipe à abattre. Beaucoup d’observateurs attendaient une grande finale, et ils n’ont pas été déçus.

Dès la Game 1, et alors qu’on s’attendait à voir Damwon poursuivre sur sa lancée pour donner le ton dans cette finale, Edward Gaming a rappelé que leur place à ce stade de la compétition n’avait pas été volée. Dominants, les Chinois ont tout simplement écrasé les grands favoris des Worlds 2021, réalisant notamment un ace autour du Baron Nashor après trente minutes de jeu pour aller chercher la première manche. Sûrement surpris, les Coréens ne furent en revanche pas décontenancés et se remirent en ordre de bataille dès la game suivante. 22 kills à 3 en un peu plus de trente-minutes, avec pour conclure un clean ace aux portes de la base pour aller égaliser. Tout est à refaire (1-1).

Décisive pour ne pas se retrouver dos au mur au pire moment, la Game 3 vit tout d’abord Edward Gaming se construire un avantage. Meilleurs sur la carte, les Chinois vont néanmoins déchanter dès la vingt-huitième minute. Autour du quatrième dragon, Damwon KIA force un teamifght et récupère quatre kills, Canyon étant le seul à mourir de leur côté. Cette alerte entraînera la chute d’EDG cinq minutes plus tard autour du Baron Nashor, avec un ace qui enterra les outsiders. 2-1, première balle de doublé pour le tenant du titre.

Aux portes d’un nouveau sacre, Showmaker et ses coéquipiers ont la possibilité de conclure mais se montrent très conservateurs dans leur style de jeu. Pendant près de trente minutes, les deux équipes s’observent – seulement six kills au total, trois de chaque côté – et l’avantage n’est que très légèrement pour EDG, en possession de quatre dragons et ayant l’avantage aux golds. Dans une ambiance électrique, cette Game 4 basculera peu après la demi-heure de jeu à l’issue d’une action sensationnelle sur la midlane. Grâce au bon travail de Jiejie et Flandre, Edward Gaming récupère deux kills et s’engouffre sans opposition dans la base adverse, faisant tomber le Nexus quelques minutes plus tard. EDG égalise, ce BO5 ira jusqu’au bout.

Après celle de 2016 entre SK Telecom T1 et Samsung Galaxy, une Game 5 va être disputée pour la deuxième fois de l’histoire des Worlds de League of Legends. Une tension énorme qui va aboutir sur un dénouement de toute beauté. Pendant vingt-cinq minutes, Edward Gaming et Damwon KIA se rendent coup pour coup, aucune équipe ne voulant commettre d’erreur potentiellement rédhibitoire dans la quête du titre suprême. Si EDG compte alors un léger avantage, les Coréens vont inverser la tendance à la vingt-septième minute en s’offrant un Baron Nashor en cachette, remettant les deux camps sur un pied d’égalité. Vraisemblablement frustrés de s’être fait avoir sur une action de la sorte, les Chinois prirent alors un malin plaisir à punir Damwon KIA. Autour d’un dragon juste avant la demi-heure de jeu, EDG récupère l’objectif neutre, s’assurant par la même occasion l’âme des océans, et élimine un à un les membres de l’équipe adverse. La game a pris un tournant décisif, et les Coréens ne s’en relèveront pas. Pendant onze minutes, Damwon résistera tant bien que mal, encaissant les coups assénés par l’équipe chinoise. Cette résistance de moins en moins nette laissera finalement à Edward Gaming la possibilité de conclure la partie, et ainsi de s’adjuger le titre. Après Invictus Gaming en 2018 et Fun Plus Phoenix en 2019, Edward Gaming est la troisième équipe chinoise à être sacrée.

Après l’interlude Damwon Gaming l’an passé, Edward Gaming a ramené le titre des Worlds en Chine, provoquant d’énormes scènes de liesse dans l’Empire du Milieu. Rendez-vous demain pour la suite de notre série avec un passage par le monde du tennis, où l’année fut notamment marquée par le forfait de la Japonaise Naomi Osaka à Roland Garros.

Crédit image en une : Riot Games


Louis Rousseau

Les mots "Minnesota Miracle" et "No-Call" sont rayés de mon vocabulaire. Mon cœur pleure la retraite de Drew Brees et la solitude de RJ Barrett au Madison Square Garden.

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