Il faut se l’avouer : un classico à huis clos, c’est tout de suite moins fun. Un crève-cœur pour tous ces passionnés. Des guichets désertés, des couloirs silencieux, et un kop d’ultras tristement absent, vitrine de l’ambiance qui émane du chaudron Limousin, voilà le triste constat. Mais si les travées de Beaublanc vont rester historiquement silencieuses ce soir, sur le parquet, Limougeauds et Palois vont sortir les coudes.
Avantage Limoges, Pau en grande difficulté

Dans un championnat fortement biaisé par la crise sanitaire, les chiffres peuvent parfois être trompeurs. Alors que Limoges n’a joué que huit de ses matchs, les Palois ont déjà disputé dix rencontres. Dix rencontres au goût sensiblement amer, puisque les joueurs du Béarn ne présentent qu’un mince bilan de trois succès (3v, 7d). Il faut remonter au 28 octobre dernier pour voir la bande de Laurent Vila sortir victorieux face au Mans (90-81). Depuis, c’est un peu le néant, à l’image du sixième revers concédé la semaine passée contre Châlons-Reims, qui n’avait pourtant connu qu’un seul succès cette saison. Le constat est réel, et condamnent les Palois à flotter dangereusement en eaux troubles dans le bas du classement (16e). Un constat d’autant plus inquiétant à l’aube d’une possible reprise du club. Un fond américain CounterPointe Sport Group, basé à Seattle, sous le coude Jamal Mashburn et Rick Pitino devrait atterrir dans les caisses du club. Mais pour ça, le maintien en Jeep Elite semble une des conditions non négociables à la reprise… De l’autre côté du terrain, les Limougeauds affichent un bilan équilibré (5v,5d). Et même si le CSP sort d’une énorme désillusion lors de son déplacement du côté du Mans (91-68), la coupe d’Europe a sans doute permis à ces derniers d’huilé plus longuement son collectif. Les supporters limougeauds, dévoués pour leur club et ce rendez-vous si particulier, n’auront pas manqué d’embellir leur antre. Une grande banderole de plusieurs mètres, confectionnée pour l’occasion à pris place cette semaine dans le temple limougeaud : « Toute une ville avec vous ».
Evans et Sanford hommes forts Palois, Scrubb apte côté Limougeaud
Si le collectif ne brille pas de mile feu, le talent individuel ne manque pas côté Palois. L’ancien limougeaud, Vincent Sanford, qui performe depuis qu’il a enfilé le maillot rival, possède de belles statistiques. Fortement utilisé par son coach (31 minutes en moyenne), l’américain apporte grandement en attaque. Avec 16,1 points de moyenne par match, seul Shannon Evans fait mieux (21,8 pts). Ce dernier, au dernier geste décisif, sait également faire jouer ses coéquipiers. Auteur d’une moyenne de 8 passes décisives par match, cette arme offensive devra impérativement être cadenasser par les Limougeauds.
Au CSP, la bonne nouvelle s’oriente du côté du Canadien Scrubb. Gêné depuis le déplacement au Mans, il devrait tenir son rôle ce soir. Autre arme majeure, l’imposant Jerry Boutsiele. Tour de contrôle incontournable du CSP, le français est même le meilleur rebondeur depuis le début de ce championnat (7.9 reb/match). Mais les Palois devront tout autant avoir les yeux rivés sur Nicolas Lang. Gâchette reconnue, l’ailier converti un peu plus d’un 1 sur 2 de ses tirs à longue distance. Tout récemment arrivé en France, Speedy Smith porte quant à lui bien son nom. Celui qui avait offert le succès de prestige face à Bourg-en-Bresse au buzzer lors de son premier match, aura sans nul doute une nouvelle fois des fourmis dans les jambes pour faire valser la défense Paloise.
Le dimanche 10 novembre 2019 dernier, le palais des sports accueillait le dernier classico en date. Porté par un Brian Conklin des grands soirs (21 pts), le CSP avait su enflammer Beaublanc avant de sceller leur succès dans les dernières minutes (77-70). Si ce soir, le contexte n’est pas le même, le Classico ne manque jamais de réserver de belles surprises. Entre un Pau en manque de victoires, et un Limoges au porte des playoffs, la lutte s’annonce palpitante. Alors, à qui le dernier mot ? Réponse ce soir !
Match à suivre sur la chaîne l’Equipe 21, à 21h.
Les chiffres
107 : Les deux rivaux se sont croisés à 107 reprises dans leur existence. A ce petit jeu-là, le CSP comptabilise deux victoires de plus que Pau. (54v pour Limoges, 52v pour Pau)
41 : Sur les 52 rencontres disputées à Limoges, le CSP s’est imposé à 41 reprises ! Les Palois sont prévenus.
44 : Les deux clubs sont incontestablement des vitrines du basket français. Preuve en chiffres, Limoges et Pau possèdent 44 titres à eux deux (17 pour Pau, 27 pour Limoges). Les Limougeauds ont décroché cinq coupes d’Europe.
Les effectifs
Crédits photo : Le Populaire/ Twitter CSP / Magazine CSP