Compétitions internationales

Qatar, mission 2022

Pays organisateur du prochain Mondial, le Qatar se prépare petit à petit pour cette grande échéance. Bien entendu en terme d’infrastructures, d’organisation, afin d’organiser une compétition parfaite mais aussi et surtout sur le plan purement sportif. Actuellement 55ème au classement Fifa, cette sélection qatarienne ne cesse de progresser et de surprendre. Alors à désormais trois ans de l’échéance tant attendue, où en est cette sélection, quelles sont les attentes et comment fonctionne-t-elle? Éléments de réponse…

Un élan positif

Onze matchs, sept victoires, un match nul et trois défaites, tel est le bilan annuel du Qatar en ce 08 août 2019. Un bilan plus que positif pour cette sélection dont les résultats ne cesse de progresser d’année en année (seulement 2 victoires en 11 matchs en 2017 par exemple). Le Graal pour le Qatar a été cette Coupe d’Asie que les hommes de Sanchez ont remporté très logiquement avec une finale d’anthologie face au Japon (3-1). Une compétition durant laquelle Al-Annabi (les bordeaux) ont inscrits 19 buts pour seulement un seul but concédé. Avec 23 joueurs évoluant dans le championnat qatarien, le pays du Golfe a montré à l’Asie et plus généralement au monde du football qu’il avait des arguments à faire valoir. Almoez Ali, l’attaquant d’Al Duhail Sports Club termine meilleur buteur de la compétition avec neuf réalisations prouvant aussi la force de ses individualités. Dans le contenu, le Qatar a proposé un football offensif orchestré par son tacticien espagnol Felix Sanchez dont cette Coupe d’Asie est le premier trophée de l’histoire de la sélection.
Quelques mois après, Almoez Ali et ses coéquipiers prenaient la direction du Brésil pour y disputer la Copa America en tant qu’invité d’honneur, une opportunité permettant ainsi de se confronter à des sélections plus «huppées» et ainsi découvrir un football différent. Positionné dans le groupe B, le Qatar terminera dernier de son groupe derrière la Colombie, l’Argentine et le Paraguay contre qui un match nul a été obtenu (2-2). Un résultat loin d’être inquiétant pour le Qatar cependant
Une sélection jeune et ambitieuse à qui il reste trois ans pour progresser. Qualifiés d’office pour le Mondial, Al-Annabi auront tout le temps de se préparer.

Felix Sànchez, el profesor

Ce nom vous dit peut être rien mais pourtant, son travail est remarquable. Petit CV rapide: Felix Sanchez entraîneur espagnol de 43 ans est à la  tête de la sélection bordeaux depuis juillet 2017. Barcelonais de naissance et dans le cœur, Sanchez a été éducateur à la célèbre Masia durant près de dix ans (de 1996 à 2006) puis a posé ses valises en 2006 au Qatar, au tout début du projet ambitieux de la fédération. Il va dans un premier temps s’occuper des jeunes au sein de l’Aspire Academy dont on reviendra plus en détail après où il va continuer à s’exercer en tant qu’éducateur durant sept ans. Puis en 2013, il prend les reines de la sélection qatari U19 avec laquelle il va être Champion d’Asie en 2014. Sanchez s’occupe ensuite des U20 de 2014 à 2017 avant d’atteindre le summum à savoir la sélection A. Le tacticien espagnol a gravit les échelons, prenant son temps pour découvrir ce nouveau pays de football tout en y apportant ses connaissances au sein des catégories de jeune. L’héritage Masia est indéniable cela se ressent dans le jeu et des valeurs inculquées par le sélectionneur espagnol. Si cette sélection et de manière générale le foot qatari ne cessent de progresser, Felix Sanchez en est sans aucun doute l’un des principal protagoniste. Beaucoup des internationaux l’ont connu au sein des catégories jeunes et de l’Aspire Academy ce qui a permis une transmission naturelle de ses idées sans que les joueurs soient bouleversés et c’est aussi ça l’idée de la fédération: avoir un projet cohérent. Le Qatar de Sanchez a une touche très barcelonaise dans le style de jeu. Néanmoins, il en est pas une copie conforme et Sanchez reste un sélectionneur flexible, en apportant sa pâte et en sachant parfaitement s’adapter à son adversaire. Il n’a pas de système préférentiel, il peut ainsi utiliser un 4-3-3 classique comme lors de finale face au Japon mais aussi utiliser un 4-4-1-1 comme face au Paraguay ou encore un 5-4-1 contre l’Argentine. Un tacticien innovant qui n’a pas peur d’essayer mais dont la philosophie reste elle intacte: le football offensif. Le Qatar joue généralement en bloc bas et pratique un football de possession avec une vitesse de percussion dans les derniers mètres notamment aidé par l’attaquant Almoez Ali, véritable poison. Le travail de Sanchez est remarquable d’autant plus que les résultats suivent. Et logiquement ce bon travail réalisé par l’espagnol a séduit la fédération qui l’a prolongé jusqu’au Mondial dans trois ans.

Aspire Academy, la fabrique à champions

Pour se développer, la QFA mise sur la formation et sur son Aspire Academy, un projet ambitieux mis en place il y a quinze ans maintenant, en 2004. Pour faire simple, c’est en quelque sorte le Clairefontaine qatarien avec des infrastructures dignes des plus grandes fédérations de football au monde: un complexe de 250 hectares avec une dizaine de terrains, des appareils derniers cris etc… L’objectif de cette institution est simple: dénicher et former les meilleurs jeunes du territoire pour en faire devenir des joueurs de talents pour ainsi faire du Qatar une grande sélection. Cette formation se déroule entre 12 et 18 ans avec un fonctionnement vraisemblable à Clairefontaine: les jeunes s’entraînent au sein de l’académie la semaine et retrouvent leurs clubs respectifs le week-end. L’Aspire Academy dispose aussi d’éducateurs compétants venant de l’occident comme Felix Sanchez passé entre 2006 et 2013 mais aussi Michael Browne le directeur de l’académie, Francesco Farioli qui s’occupait des gardiens de 2015 à 2017 ou encore Bora Milutinovic le célèbre entraîneur serbe qui a un rôle de conseiller au sein de l’académie. Des dirigeants connaissant l’exigence des grands clubs européens, une exigence qui permet ainsi de professionnaliser l’Aspire Academy dans son ensemble. Les résultats de ce projet sont positifs avec lors de la dernière Coupe d’Asie une sélection dont les ¾ de ses joueurs sont passés par l’Aspire Academy. Une centralisation de la formation qatarie nécessaire puisque le pays est peuplé de seulement 300 000 qatariens (sur 2,6 millions d’habitants au total) . En effet le pays connait une forte vague migratoire que ce soit des indiens, des népalais, des égyptiens etc,… Tout ça pour dire que les ressources sont moins importantes qu’en France et le Qatar a su parfaitement gérer cette contrainte. Pour avoir un avis concret sur l’efficacité de l’Aspire Academy rendez-vous en 2022 pour en voir le fruit de cette formation dont cette Coupe du Monde était la première étape.

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