Rétro CDM 2006 : Au bon souvenir de Zizou

En ce 1er juillet 2006, un grand événement attend le football Français : France – Brésil, quart de final de la coupe du monde Allemande. Un remake de la finale 1998 remportée par l’équipe de France. Les bleus ne sont pas favoris, et malgré une belle prestation face à l’Espagne, restent friables et leur parcours n’incite pas forcément à l’optimisme. C’est alors que le Maestro, Zinedine Zidane, entre en piste. Et va nous offrir l’un des plus beaux récitals de ce XXIème siècle. 

Un Brésil favori pour un 6ème sacre :

Avant d’arriver en quart de final pour y affronter la Seleçao, le parcours des Bleus n’a pas été de tout repos. Passés tout proche de l’élimination dès le premier tour, il a fallut un but de Thierry Henry en fin de match lors de la rencontre face au Togo pour assurer une qualification à l’équipe de France (2-0). Car les matchs nuls 0-0 contre la Suisse puis 1-1 contre la Corée du Sud n’avaient rien auguré de bon. Zizou suspendu pour le 3ème match, c’était toute la France qui tremblait de revivre 2002. Mais heureusement, Vieira puis Henry ont tiré une bien belle épine du pied à Raymond Domenech. Mais arrivait désormais les matchs couperets, et l’Espagne, qui ne rêvait que d’une chose: envoyer le grand Zinedine à la retraite. Les rêves commençaient à devenir réalité lorsque David Villa ouvrit le score sur pénalty à la demie heure de jeu. Mais l’avènement d’un “petit bonhomme” cher au regretté Thierry Gilardi entra en scène : juste avant la pause, Ribéry, néo international et surprise de la liste des 23, profite d’un relais avec Vieira pour se présenter seul face à Casillas. Le français élimine facilement le gardien et marque dans le but vide .Le coup de massue est rude pour les Ibériques, juste avant la pause. La seconde période sera une montée en puissance des Français incarnée par Zizou. Alors qu’il reste moins de 10min à jouer, le double buteur en finale de la coupe du monde 1998 envoie un coup franc que reprend parfaitement Patrick Vieira. Les Bleus ont prit le bon wagon. D’autant que c’est Zidane en personne qui clôturera les débats, d’un raid solitaire dont il a le secret. Et renverra les Espagnols à la maison. La revanche est belle. Mais se dresse désormais le Brésil, grandissime favori et tenant du titre. Les auriverdes se sont facilement hissés en quart de final, après avoir survolés leur phase de groupe (3 succès contre l’Australie, la Croatie et le Japon), puis avoir éliminés les valeureux Ghanéens grâce à un gros match de Ronaldo, superstar de cette équipe. Le quator offensif Ronaldinho-Kakà-Adriano-Ronaldo est même sans aucun doute ce qui se fait de mieux sur la planète à cette période. Et c’est à cela que les Français devront résister.

Le festival Zidane :

Bien qu’outsiders en ce 1er juillet 2006, les Français parurent serein au coup d’envoi, avec en tête de gondole Zidane, tout sourire à l’idée de retrouver ses potes Ronaldo et Ronaldinho. Les Bleus furent malgré tout quelque peu en difficulté en début de match, acculés dans leur camp par le pressing brésiliens et la qualité technique de la Seleçao. Mais s’il y avait bien un magicien sur le terrain ce soir-là, il était du coté Bleus. Zidane régale la planète d’entrée de jeu: après tout juste 30 secondes de jeu, le mythique numéro 10 Français élimine Juninho, titulaire pour l’occasion et Ze Roberto d’un rateau, puis mystifie Gilberto Silva d’un passement de jambe avant d’envoyer Thierry Henry se présenter face à Dida. Malheureusement, le ballon est trop profond, mais le ton est donné.

Les Brésiliens sont malgré tout dominateur mais ne se procurent pas de réelles occasions, si ce n’est un coup-franc de Juninho puis quelques situations sur corners. Petit à petit, les Français reprennent le dessus, sous l’impulsion de leur maître à jouer, qui bonifie chaque ballon qu’il touche. Le tandem Abidal-Malouda, rôdé depuis l’époque Lyonnaise, fait mal à Cafù, esseulé défensivement par l’absence de repli de Kakà. Après quelques situations Bleus, venus notamment du coté droit Ribéry-Sagnol, suite notamment à des coups de pied arrêtés, Zidane récupère un ballon alors qu’il reste 2min avant la pause. Une feinte de corps pour éliminer Lucio, un passement de jambe qui laisse pantois Gilberto Silva, puis un délice, une passe en profondeur magique pour Vieira, parti seul pour affronter Dida mais repris plus qu’irrégulièrement par Juan. Malheureusement le coup-franc ne donnera rien et le score sera toujours nul et vierge à la pause.

Une mi-temps en apothéose

Galvanisés par leur capitaine, les Français repartent à l’assaut du but Brésilien. Pendant que Zidane continue son chef-d’œuvre. Sombrero tout en démonstration sur son pote Ronaldo pour décaler Abidal, qui amènera un coup-franc à la 56ème minute de jeu. C’est à se moment que le ballon d’or 1998 offre sur un plateau, son unique passe décisive en Bleu à Thierry Henry. Les Français viennent d’ouvrir le score et semblent désormais maîtres des opérations, alors que la panique commence à envahir le camp Sud-Américain. Zizou continue son festival, sans s’affoler, emmenant avec lui ses partenaires. Gilberto Silva continue d’en prendre pour son grade: feinte de corps, roulette, l’ex-milieu de terrain récupérateur d’Arsenal aura passé plus de temps sur les fesses que sur ses appuis face au maestro. Zidane joue juste et bien, et rien ni personne ne semble en mesure de l’arrêter. Les Brésiliens auront quand même quelques occasions en fin de match, avec les entrées d’Adriano et de Robinho. C’est ce dernier qui aura la balle d’égalisation, seul dans la suface de Barthez. Mais son tir passera à coté. En contre, les Français auront quelques situations de break, notamment avec Thierry Henry ou Louis Saha, entré en jeu. Mais Dida et Roberto Carlos, les deux seuls Brésiliens restés défendre veilleront au grain.  Les nombreux centres Auriverde laisseront passer quelques sueurs froides à Domenech mais ses hommes sont impériaux, et éliminent donc le grand favori de l’épreuve, au terme d’un match de haute volée.

Il ne voulait pas s’arrêter maintenant

Tout comme les Espagnols précédemment, les Brésiliens rêvaient d’envoyer Zizou à la retraite. Malheureusement pour eux, le Marseillais à sans doute réaliser le meilleur match de sa carrière, au moment où les siens en avaient le plus besoin. Il aura été fantastique de maîtrise, de leadership. Même si la fin (de la compétition) ne sera pas heureuse, en ce 1er juillet, Zizou a livré une prestation dont lui seul à le secret, et qui le place tout en haut du panthéon du football, avec les Maradona, Pelé et autres Cruyff. Mais avait-il réellement besoin de ce match-là pour les accompagner? Toujours est-il que cette prestation ne fait que renforcer l’idée que Zinedine Zidane est l’un des plus grands joueurs de l’Histoire du football.

A propos de l'auteur

Supporter inconditionnel de l'Olympique de Marseille mais aussi du football en général. Fan des Houston Rockets mais surtout de The Beard.

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