Top 10 des matchs historiques des Bleus en Coupe du Monde : demi-finale 1987, et Blanco surgit…

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Crédit photo : AFP/Georges Gobet
Ligue 1

Une Coupe du Monde, dans n’importe quel sport, reste un moment à part dans sa mémoire. Des matchs à répétition, des oppositions qu’on n’a pas l’habitude de voir, et forcément des rencontres qui sont ancrées dans les têtes des supporters.

Le rugby n’y fait pas exception, même si la première compétition du genre n’est pas si vieille que cela : 33 ans exactement. 9 éditions depuis, et des moments inoubliables, conclus sur des victoires pleines de panache, ou au contraire des défaites les plus cruelles : chacun a évidemment sa propre vision et ses propres souvenirs.

Pour faire passer ce satané confinement un petit peu plus vite, la rédaction de We Sport FR a décidé de relater les 10 matchs historiques des Bleus en Coupe du Monde : plusieurs époques, des joueurs et équipes différentes, mais les émotions sont encore et toujours au rendez-vous…

 

Le contexte 

Première Coupe du Monde, et premiers frissons pour les amateurs de rugby : pour la première fois, les équipes des Hémisphères Nord et Sud s’affrontent dans une seule et même compétition. Aux pays du Rugby, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les Bleus, qui sortent d’un Grand Chelem dans le Tournoi des 5 Nations la même année, ont une équipe qui joue clairement le dernier carré de la compétition, emmenée par un pack dominateur et des arrières flamboyants, et gérée de main de maître par un certain Jacques Fouroux.

Au terme d’une phase préliminaire qui les verra faire match nul avec l’Ecosse (20-20) de Gavin Hastings et gagner plus largement contre le Zimbabwe et la Roumanie, le XV de France l’emporte face aux Fidji 31-16, pour rejoindre le dernier carré et l’imprenable Australie, pense-t-on alors.

 

Le XV de départ face à l’Australie

Ondarts, Dubroca, Garuet – Lorieux, Condom – Champ, Erbani, Rodrigue – Berbizier – Mesnel – Lagisquet, Charvet, Sella, Camberabero – Blanco

 

Une première mi-temps étriquée

Une première mi-temps tendue et fermée, qui ne verra pas les flèches Blanco ou Sella côté français trouver la faille dans une défense des Wallabies bien huilée, Michael Lynagh se chargeant de convertir au pied les pénalités récoltées par son équipe.

Menés 0-9, les Français répondent juste avant la mi-temps par un essai rageur de Lorieux, qui réussit à arracher le ballon des mains australiennes, puis à se sortir du maul pour aplatir en coin : converti par Camberabero, cet essai ramène les Bleus à 4 longueur à la pause (6-9, l’essai étant à 4 points à l’époque).

 

Un chassé-croisé incroyable

Au retour des vestiaires, le match s’emballe : Sella (44ème), à la suite d’un mouvement magnifique initié par Lorieux, encore lui, s’en va en terre promise pour refaire passer devant son équipe (12-9). Suivi de près par un essai de l’inévitable Campese (46ème), qui redonne l’avantage aux Australiens (12-15), après la transformation de Lynagh.

Forcément, avec la fatigue et l’enjeu, la partie devient irrespirable, d’autant que les trous s’accumulent en défense de part et d’autre : c’est Lagisquet côté bleu qui profite d’une contre-attaque menée par les magiciens Charvet et Blanco, pour filer le long de la ligne de touche et aplatir. Avec la transformation de Camberabero, le score est de 18-15 pour la bande à Fouroux. Avec une nouvelle pénalité de Camberabero, le XV de France prend alors 6 points d’avance, à 20 minutes de la fin du match (21-15).

Hélas, cela n’arrêtera pas les Wallabies, bien au contraire : après une phase de jeu dans le camp français, les Australiens obtiennent une touche à 1 mètre de la ligne (les anciennes règles…) : bien qu’un en-avant soit réalisé par les Aussies, l’arbitre décide de leur accorder l’essai, malgré les protestations des Bleus. Lynagh ne tremble pas, et remet son équipe à hauteur de ses adversaires 21-21.

 

Une fin de match irrespirable

A quatre minutes du terme, le combat fait rage, et chaque ballon perdu peut faire la différence : Camberabero châtié à 15 mètres de sa ligne, et voici que les Wallabies marquent la pénalité qui semble sonner le glas des espoirs français de voir la finale (21-24).

Mais impossible n’est pas Tricolore ! Alors que les Australiens tentent de garder le contrôle, une faute bête vient offrir la pénalité de l’égalisation à Camberabero (24-24) : on joue alors la 81ème minute. En 1987, pas d’arrêt à 80 minutes pile : on joue les arrêts de jeu, jusqu’à ce que des points soient marqués, ou qu’une faute soit commise.

Ce sont les Australiens qui essayent les premiers de se mettre en bonne position, notamment pour le drop de l’impeccable Lynagh. Sauf que les Bleus ne l’entendent pas de cette oreille, et récupèrent le cuir après une grosse bataille dans un ruck à 20 mètres de leurs poteaux : Lagisquet envoie le ballon dans le camp des Wallabies, et l’héroïque Lorieux (deuxième ligne !) surgit pour empêcher la récupération de la gonfle par les Aussies.

Le reste appartient à l’Histoire : dans cette dernière action désespérée, tous les Français ou presque vont toucher le ballon, balayant le terrain en travers, s’enfonçant dans tous les espaces, jusqu’à la course hors du temps de Blanco, qui s’en va aplatir en coin malgré le retour du talonneur…

 

L’essai accordé, la France l’emporte 30-24 après la transformation de l’incroyable Camberabero, et verra donc l’Eden Park d’Auckland quelques jours plus tard pour tenter de remporter la première finale de cette Coupe du Monde !

Crédit photo en Une : AFP/Georges Gobet

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