Top 10 des matchs des Bleus en Coupe du Monde : demi-finale 2003, la perfide Albion terrasse le XV tricolore à l’usure

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Crédit photo : Icon-sport
Ligue 1

Une Coupe du Monde, dans n’importe quel sport, reste un moment à part dans sa mémoire. Des matchs à répétition, des oppositions qu’on n’a pas l’habitude de voir, et forcément des rencontres qui sont ancrées dans les têtes des supporters.

Le rugby n’y fait pas exception, même si la première compétition du genre n’est pas si vieille que cela : 33 ans exactement. 9 éditions depuis, et des moments inoubliables, conclus sur des victoires pleines de panache, ou au contraire des défaites les plus cruelles : chacun a évidemment sa propre vision et ses propres souvenirs.

Pour faire passer ce satané confinement un petit peu plus vite, la rédaction de We Sport FR a décidé de relater les 10 matchs historiques des Bleus en Coupe du Monde : plusieurs époques, des joueurs et équipes différentes, mais les émotions sont encore au rendez-vous…

 

Le contexte : 

Peut-être l’une des plus belles équipes de France que le rugby tricolore ait connu : du talent et de l’expérience à tous les postes, des vieux grognards vaillants et travailleurs associés à des jeunes loups aux dents longues et à l’insouciance totale, et un summum de niveau de jeu depuis quelques années déjà.

Après sa reprise en main du XV de France au lendemain de la coupe du Monde 1999, Bernard Laporte a imposé sa patte sur son équipe, qui fait peur à tout le monde et qui caracole dans le duo de tête du classement du rugby mondial.

Entre deux Grand Chelem (2002 et 2004), les Français vacillent de leur trône dans le Tournoi des 6 Nations 2003, finissant 3èmes après avoir perdu en Angleterre et en Irlande.

La phase de poule laisse entrevoir un potentiel intéressant pour les Bleus, qui remportent leurs 4 rencontres largement, il est vrai dans un groupe plutôt abordable (Ecosse, Fidji, USA et Japon), même s’ils ont malgré tout été parfois secoués, notamment par les Fidji d’un certain Rupeni Caucaunibuca…

La démonstration arrivera en 1/4 de finale face à une Irlande elle aussi en pleine bourre : au terme d’un match où Frédéric Michalak ou Imanol Harinordoquy (et plus largement l’ensemble de la 3ème ligne française) se révèle à la face du monde, les hommes de Laporte concassent le XV du Trèfle et l’emportent 43-21, après avoir longtemps laissé les Irlandais à 0 points dans ce match.

Et pour la 1/2 finale se dresse l’ennemi intime, la perfide Albion d’un nouveau venu sur la scène internationale, un certain Johnny Wilkinson, qui rayonne entouré d’un pack conquérant et de flèches à la fois puissantes et véloces derrière…

 

L’équipe face à l’Angleterre : 

Crenca, Ibanez, Marconnet – Pelous, Thion – Betsen, Harinordoquy, Magne – Galthié, Michalak – Dominici, Jauzion, Marsh, Rougerie – Brusque

Le déroulé du match : 

Il faut peu de choses pour faire basculer des rencontres de cette intensité dans ce mondial : alors que celui-ci est disputé depuis le début sous un soleil radieux en Australie, il tombe une pluie battante en ce 16 novembre.

Evidemment, les sujets de Sa Majesté sont bien plus habitués à jouer sous ce temps typiquement britanniques, contrairement aux Bleus qui flambent lorsque les conditions sont plus sèches.

Et dès le début de la rencontre, on sent bien que ce match ne verra pas de nombreuses envolées : les Anglais ont des consignes de jeu très strictes, instiguées par un Clive Woodward qui veut à tout prix empêcher les Français d’imposer leur vitesse et d’envoyer le ballon sur les ailes, et qui compte sur le jeu au pied impeccable (euphémisme) de son diamant, Johnny Wilkinson, ainsi que sur ses avants ultra-physiques, à l’image de Martin Johnson, son capitaine emblématique.

Une tactique qui porte ses fruits

Forcément, sous la pluie, face à un XV de la Rose rôdé et sans grandes ambitions, si ce n’est d’être présent au combat et d’attendre la faute adverse, le XV de France a du mal à réagir : 8ème minute, et la France entière ne le sait pas encore, premier des trois drops de Wilkinson, qui sera son arme fatale durant toute la partie (0-3, 8ème).

Les Bleus, perturbés en conquête, sentent bien qu’il va falloir serrer les rangs pour contrer ce bulldozer blanc : suite à un ballon récupéré un peu miraculeusement sur un lancer d’Ibanez, Serge Betsen s’engouffre dans une brèche laissée par les Anglais à 20m de leur ligne.
Se battant comme il sait si bien le faire, le n°6 bleu arrive à franchir la ligne, et voit fondre sur lui 3 joueurs adverses, qui se jettent pour éviter qu’il aplatisse.

Après un temps d’arrêt, mr l’arbitre décide d’accorder l’essai au 3ème ligne, faisant passer la France devant au score après la transformation de Michalak (7-3, 9ème) !

Mais il en fallait plus pour perturber ces Britanniques, qui repartent directement à l’assaut du camp français, multipliant les départs au ras et les jeux au pied, comptant ainsi sur les erreurs du XV de France qui n’arrive pas à contenir ces vagues incessantes.

Le premier sanctionné sera Christophe Dominici, qui ne peut que faire un croche-pied face au bondissant Jason Robinson qui l’aura pris à revers : carton jaune pour l’ailier français, qui laisse ses coéquipiers à 14.

Crédit photo : PA

Forcément, le XV de la Rose s’en trouve moralement encore plus gonflé, Wilkinson se chargeant de convertir le travail de sape de ses avant par un drop et deux pénalités : à la pause, les hommes de Woodward sont aux commandes, et comptent 5 points d’avance sur leurs adversaires du jour (7-12).

Mais ce qui marque les esprits, c’est qu’on sent les Français impuissants et bien en-dessous des futurs champions du monde : si Bernard Laporte procède à du changement assez rapidement, le mal est déjà fait, l’emprise des hommes de Clive Woodward est bien trop importante sur la rencontre pour que le résultat soit autre qu’une victoire.

Plus qu’une seule équipe sur le terrain en 2nde mi-temps

Et cela n’est pas près de s’arrêter au retour des vestiaires : les Anglais, bien assis dans leur fauteuil, bombardent toujours la défense bleue de petits tas et de chandelles, dans une atmosphère toujours plus humide.

Hélas, l’un des Tricolores se fait prendre au piège : Serge Betsen, décidé à mater le stratège anglais grâce à un plaquage dont il a le secret, arrive une demi-seconde trop tard au moment de terrasser l’ouvreur anglais.

La sanction tombe immédiatement, et le troisième ligne se voit infliger lui aussi un carton jaune pour son action.

Ayant perdu leur sécateur, le XV de France ne peut que constater les dégâts : submergés par les attaques incessantes de leurs adversaires, les Français accumulent les fautes et concédant 3 pénalités (54ème, 63ème, 73ème) et un dernier drop de l’inarrêtable Wilkinson (57ème).

Saoulés de coups, matraqués de charges et de chandelles, les Bleus rendent les armes au terme de cette rencontre frustrante sur le score de 7-24, qui les verra donc affronter la Nouvelle-Zélande pour… la 3ème place !

Une nouvelle fois, les flambants Bleus sont tombés face à leurs ennemis historiques, qui ont fait montre d’un contrôle et bien évidemment d’une capacité de chambrage bien à leur image : ces derniers, surfant sur cette 1/2 finale parfaite, remporteront le titre quelques jours plus tard grâce à notamment un dernier drop de… Johnny Wilkinson.

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