Top 10 des matchs historiques des Bleus en Coupe du Monde : France – Nouvelle-Zélande 2011, un regret éternel…

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Crédit photo : Europe1
Ligue 1

Une Coupe du Monde, dans n’importe quel sport, reste un moment à part dans sa mémoire. Des matchs à répétition, des oppositions qu’on n’a pas l’habitude de voir, et forcément des rencontres qui sont ancrées dans les têtes des supporters.

Le rugby n’y fait pas exception, même si la première compétition du genre n’est pas si vieille que cela : 33 ans exactement. 9 éditions depuis, et des moments inoubliables, conclus sur des victoires pleines de panache, ou au contraire des défaites les plus cruelles : chacun a évidemment sa propre vision et ses propres souvenirs.

Pour faire passer ce satané confinement un petit peu plus vite, la rédaction de We Sport FR a décidé de relater les 10 matchs historiques des Bleus en Coupe du Monde : plusieurs époques, des joueurs et équipes différentes, mais les émotions sont encore au rendez-vous…

 

Le contexte

Arrivée sur la pointe des pieds dans cette Coupe du Monde 2011, l’équipe de France aura connu une compétition pour le moins mouvementée.

Maltraitée pendant les phases de poule, où elle fut balayée par les Blacks 37-17 et battue à la surprise générale par les Tonga (14-19), la formation emmenée par Marc Lièvremont aura eu du mal à construire une confiance durant l’événement.

Au sortir d’un Tournoi 2011 en demi-teinte, avec une défaite là aussi surprise en Italie, les vieux grognards bleus auraient, selon la légende, pris les choses en main dès les 1/4 de finale, préparant eux-mêmes ces matchs couperets.

Credit photo : Getty

Deux victoires plus tard face à l’Angleterre (le match le plus abouti certainement du Mondial côté bleu) et contre le pays de Galles, voici que notre XV du Coq s’avance en finale face au pays hôte, la Nouvelle-Zélande, dont il ne fait aucun doute qu’elle va remporter cet ultime match…

Mais on le sait, le XV de France n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il se sent en danger, et le pays du long nuage blanc le sait mieux que quiconque : on s’attend donc à une rencontre serrée, que l’on espère voir basculer du côté des Bleus dans l’Hexagone.

D’autant plus qu’il y a un absent de marque chez les All Blacks, puisque Dan Carter n’est pas sur la feuille de match, remplacé par Aaron Cruden, talentueux demi d’ouverture mais bien moins expérimenté…

 

L’équipe face à la Nouvelle-Zélande

 

Le déroulement du match 

Dans un match de cette importance, l’avant-match peut être décisif, notamment face aux équipes du Sud, qui exécutent leurs hakas respectifs : les Bleus, emmenés par le Dark Destroyer Thierry Dusautoir, ont donc échafaudé un plan pour inverser la pression et la faire basculer sur leurs adversaires.

Après des hymnes nationaux, l’Eden Park d’Auckland sent les frissons monter et ses poils s’hérisser : il est l’heure du haka, cette danse rituelle grâce à laquelle les Blacks ont tant de fois pris le dessus sur des adversaires impressionnés.

Piri Weepu, le demi-de-mêlée, emmène ses équipiers vers cet état de transe, et première surprise, c’est le guerrier Kapa O Pango qui a été choisi pour affronter une première fois les Bleus. Souvenez-vous, ce haka qui avait tant fait parler lors de sa première sortie, où les joueurs terminaient en mimant l’égorgement…

Le stade, transcendé par cette marque de confiance, acclame les siens, pour les pousser vers la victoire… Mais c’était sans compter sur l’imagination et la volonté de rébellion des Bleus : habillés de blanc, ils forment alors le “V” de la victoire, et s’avancent inexorablement vers leurs adversaires.

L’IRB, voulant bien évidemment protéger son joujou marketing qui lui rapporte tant d’argent, avait interdit aux équipes de dépasser la ligne du centre du terrain pour éviter qu’elles ne se rapprochent trop des demi-dieux néo-zélandais.

Faisant fi de cette réglementation (à juste raison), les Français, désormais serrés en ligne, s’approchent au maximum de leurs adversaires, les yeux dans les yeux, leur faisant bien comprendre qu’ils ne leur lâcheraient rien dans ce qui s’annonçait alors comme une guerre des tranchées légendaire…

Le ton est donné, et chacun va devoir désormais assumer ses faits et gestes dans ce protocole d’avant-match ô combien intense, et qui est resté dans toutes les mémoires.

 

Un début de match totalement français

L’espoir, les promesses, les Bleus savent trop qu’elles peuvent s’envoler en un clin d’oeil, à cause d’un début de match raté ou d’une saute de concentration.

Alors pour éviter que la Nouvelle-Zélande ne prenne les devants, et sachant bien qu’elle risquait d’avoir à faire à une pression difficile à supporter, le XV de France se lance à corps perdus dans la bataille.

Et ça marche ! Jouant leur va-tout, étant agressifs dans les duels et assassins sur les plaquages, à l’image de Dusautoir sur Cruden, qui aura du mal à s’en remettre, les 15 coqs réalisent un premier 1/4 d’heure excellent.

Crédit photo : Est Républicain

Jeu au pied millimétré, conquête quasi-parfaite, défense imperméable, tout y est pour que nos Bleus sortent le match qu’il faut au meilleur moment.

 

La première douche froide pour les Bleus

Hélas, si le niveau d’engagement est total du côté français, cela ne leur permet pas d’engranger des points, et le score reste de 0-0 après 14 minutes.

C’est le moment choisi par les Blacks pour venir dans le camp adverse, à la faveur d’une touche : la combinaison est parfaite, avec Kaino qui est trouvé en position de 2nd sauteur, qui remet à Woodcock qui est lancé entre les deux blocs de saut et qui va aplatir derrière la ligne française (0-5, 15ème).

Crédit photo : Irish Sun

Fort heureusement pour les Bleus, Weepu ne transforme pas, mais cela donne des idées et de l’enthousiasme aux Blacks, qui rentrent définitivement dans la partie et commencent à enchaîner les temps de jeu.

Dusautoir sauve une première fois la patrie grâce à un grattage dans un ruck dont il a le secret, avant que Rougerie ne plonge dans son en-but pour aplatir le ballon suite à un petit jeu au pied dans le dos d’un Black : c’est tendu, intense, le roseau bleu plie mais ne rompt pas…

Crédit photo : Bleacher

D’autant plus que le demi-d’ouverture français, Morgan Parra, est clairement visé par la 3ème ligne néo-zélandaise : c’est d’ailleurs Richie McCaw qui lui fera subir une véritable agression avec un coup volontaire porté au niveau de son visage, et qui précipitera la sortie du jeune ouvreur dès la 23ème minute, remplacé par François Trinh-Duc.

Si on sent bien que les Blacks sont fébriles et n’hésiteront pas à utiliser toute la panoplie des mauvais coups pour gagner, Mr Joubert, l’arbitre du match ne semble en plus pas décidé à les sanctionner ou du moins à les surveiller d’un peu plus près…

Crédit photo : Rugbyrama

Qu’importe, les Bleus ne s’en laissent pas compter, et Trinh-Duc, le nouvel entrant, fait passer le frisson dans le dos des Blacks avec une superbe relance depuis ses 22, qui terminera sur les 22 néo-zélandais : des hors-jeux en pagaille non sifflés, mais le ballon est hélas perdu par les Français, alors que l’action avait été magnifique.

La mi-temps est sifflée sur ce score de 0-5, et le public français est conquis par cette courageuse équipe des Bleus, qui font plus que tenir tête à l’ogre All Blacks.

 

Un début réussi de seconde mi-temps

Pour repartir sur des bases aussi élevées qu’en première période, le XV de France doit immédiatement remettre la tête dans le match : ce qui est fait avec brio, grâce à une envolée de Rougerie qui se termine par une pénalité pour les Bleus !

Hélas, Dimitri Yachvili n’est pas en réussite, et voit son coup de pied flirter avec le poteau extérieur des Blacks, et le score reste donc à 0-5.

Trois petites minutes plus tard, les Néo-zélandais sont à l’attaque, et profitent d’un arbitrage très réactif en leur faveur : si la faute y est clairement, on regrette qu’elle ne soit pas sifflée avec la même vivacité lorsque les Bleus sont en possession du ballon…

Stephen Donald, qui a remplacé lui aussi précocement Aaron Cruden dès la 34ème minute, se charge de convertir l’avancée de son équipe par 3 nouveaux points (0-8, 45ème).

Crédit photo : RWC.com

L’Eden Park chavire, car il sait que son équipe est désormais à plus d’un essai transformé de ses adversaires du soir…

 

Dusautoir, comme un symbole

46ème minute, c’est alors que tout bascule : jouant bien le coup, Rougerie, encore lui, vient perturber la sortie d’un ruck sur Nonu, qui ne peut récupérer le ballon.

Ce dernier arrive dans les pieds de Weepu, qui tente de faire une passe au pied pour l’un de ses coéquipiers : Trinh-Duc, qui avait senti le coup, capte la gonfle et perce dans la défense des Blacks.

Crédit photo : Pundit Arena

Avant d’être plaqué, il transmet à Yachvili venu en soutien, qui ne peut hélas faire vivre le ballon du fait d’une glissade : son sang-froid lui permet cependant de donner le cuir à Médard, qui retrouve Rougerie.

Le Clermontois fait jouer sa puissance et se rapproche dangereusement de la ligne adversaire : mis au sol, il libère son ballon pour Yachvili, qui allonge une longue passe vers Servat.

Crédit photo : Stuff.co.nz

La Bûche part tout droit et compte sur lui pas moins de 3 All Blacks pour l’arrêter : si l’action est quelque peu coupée, on voit bien que les Néo-Zélandais commencent à avoir les mains sur les genoux et ont du mal à reprendre leur souffle…

Le cuir finit par sortir après une farouche bataille, pour Trinh-Duc, qui ouvre directement vers Rougerie : le centre fixe alors parfaitement la défense, et passe à Dusautoir, lancé comme un obus, qui ne trouve que le poteau pour l’arrêter !

Essai français, 33 minutes à jouer et 1 seul petit point d’écart entre ces fabuleux Bleus et des Blacks qui ne savent plus trop où ils habitent (7-8, 47ème) !

Crédit photo : Rugbypass

 

Une fin de match marquée par un acteur inattendu

Dès lors, les deux équipes se tendent, entre volonté de ne pas faire de faute dans son camp et jeu de plus en plus restrictif, ceci dû notamment à la fatigue qui se fait de plus en plus présente.

Crédit photo : RWC.com

Le seul moment d’affrontement “pur”, la mêlée, met en exergue la domination des Bleus face à des Blacks à l’agonie dans ce secteur : le 8 de devant obtient d’ailleurs une pénalité, aux 45m, que décide de taper Trinh-Duc.

Et fait assez inhabituel, le public de l’Eden Park se transforme et siffle chaque tentative française, preuve de la tension ambiante et que les fameuses “Valeurs du rugby” disparaissent du moment où un trophée est en jeu.

Le coup de pied de l’ouvreur bleu passe à droite, mais son équipe est plus que jamais en position de force pour aller chercher ce trophée Webb Ellis…

Crédit photo : L’Obs

Hélas, un personnage va faire irruption dans la fin de rencontre, et fausser quelque peu le suspens : Mr Joubert. Ce dernier semble décidé à ne pas avoir d’influence sur la partie, ce qui est tout à son honneur : mais il faut parfois avoir le cran de siffler des pénalités lorsque les fautes sont grossières… Ce qu’il ne fait pas dans les 10 dernières minutes : chaque ruck est une bataille rangée, où chacun ne veut céder le moindre pouce de terrain.

Les Blacks, Richie Mc Caw en tête, se couchent sur tous les ballons, ne sortent pas de la zone plaqueur-plaqué, sont en position de hors-jeu sur leurs phases défensives, mais rien n’y fait, l’arbitre a décidé de laisser son sifflet dans sa poche.

Le score restera donc figé à 7-8, et cette équipe de France pourra garder un goût d’inachevé dans la bouche au vu de sa prestation dans cette finale.

Crédit photo : Sud Ouest

Si les Néo-Zélandais méritent amplement leur titre au vu de leur parcours, cette finale laisse un goût amer, au vu du niveau de jeu affiché par les Blacks : terrifiés par l’enjeu et timorés dans le jeu, ils n’auront pas imposé leur griffe comme ils ont pu le faire 4 ans plus tard au Mondial 2015.

Mr Joubert aura été l’un des acteurs majeurs de cette finale, notamment dans les 10 dernières minutes de cette rencontre : voulait-on absolument que les Néo-Zélandais remportent le titre suprême chez eux, après avoir annoncé qu’ils n’organiseraient plus d’événement de ce type ?

Crédit photo : RWC.com

Au-delà de ces considérations, il est bon de rappeler que le XV de France aura le temps d’un match redonné de la joie à ses supporters : hélas, cette rencontre a surtout été l’arbre qui cache la forêt, car les 7 ou 8 années qui ont suivi n’auront été qu’errements et magouilles au sein de la FFR, empêchant le XV de France de surfer sur ce match qui est resté dans toutes les mémoires…

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