Une Draft, un portrait : Yves Pons

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Yves Pons
(Crédits : NCAA)
Ligue 1

Traverser l’Atlantique pour jouer en NBA est le rêve ultime pour un jeune basketteur. Pour transformer ce rêve en réalité, la Draft est le moyen le plus simple pour y parvenir. Qu’ils jouent en France, en Allemagne ou encore aux États-Unis, le rêve de ces 6 jeunes français pourrait se réaliser cet été au Barclays Center de Brooklyn. Après Killian Tillie, partons à la découverte d’Yves Pons, jeune prospect français qui évoluait chez les Volunteers de Tennessee en NCAA.

Son parcours :

Tout comme Joel Ayayi, Yves Pons a lui aussi fait le choix d’étudier aux États-Unis en allant en NCAA. Après un passage à l’INSEP, il s’est engagé avec la fac de Tennessee malgré les propositions d’autres facs comme Texas Tech ou encore Florida. Ce poste 3/4 très physique est vite devenu un élément fort des sélections françaises jeunes. Natif d’Haïti, Yves Pons ne connaît pas ses parents biologiques et a été adopté à l’âge de 4 ans. Pas forcément destiné à faire du basket, ce sont les remarques de son entourage sur « sa grande taille » idéale pour le sport qui l’ont incité à se lancer. Désormais en troisième et avant-dernière année, il réalise la meilleure saison de sa carrière avec un statut de titulaire. Bloqué les saisons précédentes par Admiral Schofield et Grant Williams, deux NBAers sur son poste, il peinait à s’illustrer avec un temps de jeu très faible. Cette année, il affiche des statistiques excellentes chez les Volunteers avec 10,8 points à 48,9% de réussite aux tirs, 5,4 rebonds, 1,1 passes décisives et 2,4 blocks, le tout en 34 minutes de jeu en moyenne. Il a donc décidé de se présenter à la draft cette année avec la possibilité de revenir sur sa décision et de jouer son année senior.

Chez les bleus, il a été champion d’Europe U16 en 2014 en Lettonie où il avait un rôle de remplaçant (il ne jouait que 10 minutes par match). Par la suite, il a réalisé une Coupe du Monde U18 incroyable avec 10 points de moyenne en 16 minutes. Cette compétition lui a permis d’attirer davantage l’attention des scouts NBA malgré la décevante 6ème place de l’Équipe de France. Sa dernière compétition européenne date de 2019 avec l’Euro U20, une compétition décevante avec seulement 2,6 points par match. Mais si son apport offensif n’a pas été conséquent, son apport défensif a lui été impressionnant. On retient notamment son match face à l’Israël où il a tenu tête à Deni Avdija, futur top 10 de la prochaine Draft et joueur d’Euroleague.

Ses points forts :

Pas de doute, Yves Pons est athlétiquement prêt pour la NBA. Il saute haut, très haut même, ce qui lui permet d’être régulièrement dans des highlights grâce à ses dunks ou ses blocks. Contrairement à Zion Williamson, il n’a pas un poids excessif pour sa taille l’empêchant a priori d’avoir des problèmes de genoux dans le futur. Attention tout de même car le joueur a déjà souffert par le passé d’une sévère tendinite au ménisque qui l’empêchait de s’exprimer pleinement. Parmi les prospects de cette cuvée 2020, il est sûrement l’un des meilleurs défenseurs. Dur sur l’homme face aux postes 4, il peut aussi se montrer agile et vif en défense face à un plus petit. Dans un podcast pour le média Envergure, le joueur se compare d’ailleurs à Kawhi Leonard au début de sa carrière, soit à un joueur très défensif mais qui pourrait apporter plus en attaque, ce qui lui demandera beaucoup de travail. Ça tombe bien, son éthique de travail est aussi l’un de ses points forts.

Ses points faibles :

Pouvant évoluer sur les postes 3 et 4, il ne dispose pas pour autant  du bagage nécessaire pour être le deuxième meneur de l’équipe comme cela peut-être le cas dans beaucoup d’équipes. On pense à Lebron James bien-sûr mais aussi Paul George et Kawhi Leonard qui peuvent organiser l’attaque et créer pour les autres. Yves Pons n’en a tout simplement pas les capacités pour l’instant. Il manque également de handle et a des difficultés avec sa main droite. Son pourcentage au shoot peut être trompeur car il inscrit beaucoup de dunks ou des tirs dans la raquette. Il doit de surcroît améliorer sa mécanique de tir au vu de son taux de réussite aux lancers-francs (64%).

Son futur :

Si vous espérez voir Yves Pons être appelé par Adam Silver au premier tour, vous serez sûrement déçu. Cependant, il mérite totalement une place au second tour ce qui pourrait lui permettre d’évoluer en G-League la saison prochaine et même d’avoir quelques minutes en NBA. L’hypothèse de le voir retirer son nom pour retourner à Tennessee est possible, mais ne pas se présenter constituerait également un risque. En effet, il n’est pas à l’abri d’une blessure la saison prochaine ou d’un coup de moins bien. Cependant, il aurait sûrement la possibilité d’être drafté plus haut comme cela pourrait être le cas pour Joel Ayayi à Gonzaga. Il formerait un bon trio de prospects français estampillés NCAA avec Olivier Sarr, nouveau joueur de Kentucky.

Article écrit par Étienne Le Pape

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