Dans une année si particulière à bien des égards, bon nombre de joueurs n’ont pas évolué au niveau que l’on attendait d’eux en 2020. We Sport dresse pour vous la liste des principales déceptions ATP de la saison.
Matteo Berrettini, trois petits tours et puis s’en va
Alors qu’il faisait office de révélation de l’année 2019, Matteo Berrettini est passé en 2020 dans le camp des déceptions. En effet, pour l’Ietalien, 2020 ne s’est pas passé comme prévu. Certes, le natif de Rome avait mis la barre très haut la saison dernière. Parti du 54ème rang mondial début 2019, le joueur de 24 ans était parvenu à décrocher une place au Masters en novembre, une performance exceptionnelle qu’il n’a pas su rééditer cette année. Il faut dire que Matteo Berrettini finissait la saison 2019 sur les rotules. Après presque 70 matchs disputés au cours de l’année, son corps lui disait stop. Comme c’est le cas pour tout être humain normalement constitué, un contrecoup physique se fait ressentir et quelques blessures pointent le bout de leur nez. Au moment de repartir pour la saison 2020, Matteo Berrettini n’est toujours pas au top et n’arrive pas à l’Open d’Australie dans une forme optimale. Cette méforme, l’Italien la paye. Son tournoi prend fin au deuxième tour au terme d’un combat en cinq manches perdu face au vétéran Tennys Sandgren.

Le protégé de Vincenzo Santopadre décide alors de se poser et de prendre le temps de revenir au top physiquement avant de rejouer sur le circuit. Malheureusement, au moment où il s’apprête à faire son retour, la Covid-19 entre en piste et interrompt la saison jusqu’au mois de juillet. Au retour du confinement et après quelques tournois d’exhibition, c’est aux États-Unis que Matteo Berrettini fait son retour à la compétition. Pas au mieux, il sort au deuxième tour à Cincinnati, battu par Reilly Opelka. À l’US Open, c’est face à Andrey Rublev que l’Italien cède en huitièmes. La demi-finale à Flushing-Meadows en 2019 face à Rafael Nadal semble bien loin. L’Italien est encore en manque de rythme et avec le jeu qui est le sien, ça ne pardonne pas. À Rome puis à Roland-Garros, le numéro 10 mondial ne passe pas le troisième tour. Il s’incline même dès son entrée en lice à Bercy, face à l’américain Marcos Giron. Bref, une saison à oublier pour le jeune homme de 24 ans qui aura à cœur de revenir en force en 2021 histoire de montrer à tous que 2019 n’était pas qu’une parenthèse enchantée.
David Goffin : pour le petit vélo, la roue est voilée
À l’inverse de Matteo Berrettini, la saison avait bien commencé pour David Goffin. Pourtant, elle s’est rapidement transformée en cauchemar pour le Belge qui a fêté ses 30 ans le 7 décembre. Tout commence en Australie. À l’ATP Cup, le Belge développe un tennis de qualité et s’offre notamment Grigor Dimitrov et Rafael Nadal. Les débuts sont encourageants pour celui qui reste déjà sur une saison 2019 compliquée. À l’Open d’Australie, David Goffin est une des nombreuses victimes de l’ouragan Rublev qui emporte tout sur son passage en 2020. S’en suit une demi-finale perdue à Montpellier face à Vasek Pospisil puis deux éliminations précoces à Rotterdam et à Marseille. Pour le Belge, la tête est tournée vers les États-Unis. S’il compte bien faire un gros coup à Miami ou à Indian Wells, c’est sans compter sur la Covid-19 qui l’empêche finalement d’entrevoir la côte américaine. Le cauchemar se poursuit.

De retour à Cincinnati, David Goffin connaît une petite éclaircie à l’US Open où son parcours n’est stoppé qu’en huitièmes de finale par le très en forme Denis Shapovalov. Les semaines qui suivent sont un désastre. De mi-septembre à la fin de la saison, David Goffin ne gagne pas un match. Il sort dès son entrée en lice à Rome, Roland-Garros, Anvers et Bercy. De quoi déclarer être « content que la saison se termine ». On le comprend. Comme pour son homologue italien, le Belge compte bien remettre la machine en route en 2021 « On ne s’attendait pas à une telle année. Je pense que ça va commencer de la même manière l’année prochaine mais on est prêt. »
Grigor Dimitrov, l’abonné
Lui est un habitué de la rubrique « déceptions ». Surnommé « Baby Federer » à ses débuts, Grigor Dimitrov semble ne jamais avoir donné la pleine mesure de son potentiel. S’il demeure l’un des plus beaux joueurs du circuit lorsqu’il est en forme, le Bulgare a encore déçu en 2020, à 29 ans désormais. Après dix ans sur le circuit, un mot colle toujours à la peau de Grigor Dimitrov : irrégularité. Avec lui, il est plus rapide de trouver les moments et matchs durant lesquels il nous a enthousiasmé, certes relativement rares mais toujours présents dans une saison. En 2020, le match à Vienne remporté en trois sets face à Stefanos Tsitsipas au terme d’un superbe combat est le premier qui nous vient à l’esprit. Son quart de finale face à Stan Wawrinka à Acapulco était aussi plaisant à voir. Le problème est qu’en dehors de ces quelques coups d’éclat, il n'y a pas grand-chose à retenir chez le Bulgare, la faute à un mental défaillant et une propension importante à céder face à la difficulté.
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Si nous sommes durs avec Grigor Dimitrov, c’est parce qu’il nous enthousiasme parfois, capable de faire si bien par moment comme lors de l’année 2017, la seule durant laquelle il nous avait déployé toute l’étendue de son talent durant une saison entière. Résultat ? Une troisième place finale au classement ATP, un titre au Masters, des matchs d’anthologie comme face à Rafael Nadal en demi-finales de l’Open d’Australie… Le reverra-t-on un jour à ce niveau-là ? On l’espère en 2021 même s’il est important de relativiser. Le Bulgare occupe encore aujourd’hui la 19ème place du classement mondial.
Cilic et Wawrinka, géants en fin de course
Pour certains, l’entrée dans la décennie 2020 a fait mal à la tête…et aux jambes. Au palmarès des vainqueurs de tournois du Grand Chelem entre 2010 et 2019, six noms apparaissent. Ces six noms se sont partagés les 39 majeurs disputés sur la décennie (le 40ème étant Wimbledon, annulé en 2020). Parmi eux, on trouve bien sûr les trois dinosaures, accompagnés de la quatrième pièce du « Big Four », Andy Murray. Sur les 39, seize ont été remportés par Novak Djokovic, quatorze par Rafael Nadal, quatre par Roger Federer et trois par Andy Murray. Deux autres hommes manquent à l’appel : Stan Wawrinka et Marin Cilic. Le premier a soulevé trois majeurs, le second un seul, à l’US Open en 2014. Pour eux, 2020 sonne comme l’entrée dans le crépuscule de deux bien belles carrières pourtant restées dans l’ombre des trois extraterrestres. Pour ces deux-là, les jambes sont allées moins vite en 2020.
Si la saison avait bien débuté pour Stan Wawrinka à l’Open d’Australie, c’est la reprise post-Covid qui a été compliquée pour le Suisse. Pour le vainqueur de l’édition 2015 de Roland-Garros, la saison sur terre est laborieuse. À Rome puis à Roland-Garros, il est surpris par les deux novices du circuit, Lorenzo Musetti et Hugo Gaston. Face au jeune français, sur le court Suzanne Lenglen, on sent un Stan usé, marqué. Le Suisse fait presque peine à voir. Même chose à St-Pétersbourg où il se défait difficilement de Dan Evans puis d’Evgeny Donskoy avant de céder face à Denis Shapovalov. S’il montre un meilleur visage à Bercy, le natif de Lausanne aura à cœur de faire mieux en 2021 pour ce qui sera peut-être, qui sait, sa dernière saison sur le circuit. Même chose pour Marin Cilic, qui, malgré des tirages au sort des plus difficiles à l’US Open et à Roland-Garros du fait qu’il ne soit plus tête de série, n’est plus aussi impérial sur le court.
La fin s’approche pour les mousquetaires
Côté français, 2020 n’est pas une année très faste. Si le début de saison de Gaël Monfils et la fin de saison d’Ugo Humbert « sauvent les meubles », pour les trois autres mousquetaires, c’est dur. Hormis au premier tour de l’Open d’Australie, Jo-Wilfried Tsonga n’a pas joué cette saison. Récemment, sur un live Twitch de son pote Gaël Monfils, le Manceau confiait même souffrir de blessures d’usure au niveau du bassin. Richard Gasquet manie lui l’autodérision lorsqu’il faut parler de sa forme actuelle : « Sur une heure, je suis injouable. Après, c’est compliqué… ». Tout est dit. Quant à Gilles Simon, 35 ans et marathonien du groupe au style de jeu épuisant rien qu’à le voir jouer, les kilomètres sont de plus en plus difficiles à avaler.

De quoi rendre triste et nostalgique toute la génération qui a grandi et vécu avec ces quatre joueurs dans le top 20 pendant plus de dix ans. Heureusement, Gaël Monfils est, à 34 ans, encore capable de rivaliser avec les meilleurs, comme le témoignait une saison avant-Covid qui pourra lui laisser quelques regrets…