Malgré une saison 2020 perturbée par la pandémie de la Covid-19, Dominic Thiem semble être le grand gagnant de l’année. Cerise sur le gâteau, il s’offre (enfin) son premier tournoi du Grand Chelem à Flushing Meadows. Décryptage d’une année au sommet.

Début de saison encourageant

Thiem ne fait que trois tournois avant l’arrêt du circuit en mars. Il entame d’abord sa saison en Australie à l’ATP Cup. Moitié exhibition moitié officiel, ce tournoi permet surtout à l’Autrichien de se préchauffer avant l’Open d’Australie. Ce premier tournoi du Grand Chelem est donc l’occasion pour Thiem de montrer qu’il peut remporter son premier titre majeur. Mais après deux semaines à un niveau incroyable avec notamment son quart de finale face à Nadal en point d’orgue, il chute en finale contre Djokovic en cinq manches. Après deux finales perdues à Roland-Garros, « Domi » s’approche encore un peu plus de son Graal, mais ça ne sera pas pour cette fois.

Optimisation de l’arrêt des compétitions

La saison ATP 2020 est interrompue entre mars et août pour l’ensemble des compétitions officielles. Mais avant la reprise du circuit, Thiem décide de multiplier les exhibitions afin de parfaire sa préparation pour être dans le rythme dès les premiers tournois post-Covid. Il en dispute en tout sept allant de l’Adria Tour de Djokovic à l’UTS de Mouratoglou en passant par sa propre idée, le Thiem’s 7. Un peu comme Nadal, Thiem a besoin de beaucoup jouer pour avoir de bonnes sensations sur le court. Pour autant, il est difficile de dire si ces différents tournois lui ont permis d’être plus performant dès la reprise du circuit.

Sacre new-yorkais

Après une chute prématurée dans le tournoi de Cincinnati (disputé à Flushing Meadows) dès le premier tour face à Krajinović, Thiem entame l’US Open avec les crocs. Les absences de Nadal, Federer et la disqualification rapide de Djokovic aurait pu faire penser que ce tournoi n’avait que peu de valeur. Mais l’Autrichien bat des joueurs de premier rang avec Čilić, Auger-Aliassime, De Minaur, Medvedev et en finale Zverev.

Malgré une demi-finale difficile, Zverev commence cette finale pied au plancher et mène rapidement deux sets à zéro. Mais alors qu’il est plus de 3h du matin en France, Thiem fait basculer la rencontre dans un tie-break d’anthologie qu’il remporte 8-6. Après trois tentatives, il rentre dans le cercle des vainqueurs de Grand Chelem de manière grandiose.

Ce Grand Chelem, (presque) sans le trio magique, était l’occasion de se montrer pour la nouvelle génération. Dans ce contexte, le numéro 4 mondial montre qu’il est le plus fort et confirme par la même occasion les attentes qui pèsent sur lui comme le visage de l’ère post-big 3.

Fin de saison mitigée

Après cette petite tournée américaine riche en émotions, Thiem arrive à Roland-Garros avec le plein de confiance, mais les jambes lourdes. Ce déficit physique se paye d’abord en huitième où le jeune Français Hugo Gaston le fait vaciller. Un tour plus tard, il perd contre Swartzmann et voit la possibilité du doublé s’envoler.

Après un petit tour au pays du côté de Vienne où il perd en quart de finale face à Rublev, « Domi » débarque à Londres. Il est dans le même groupe que Nadal, Tsitsipas et Rublev. Après une phase de poules de très haute voltige avec un des meilleurs matchs de l’année remporté 7/6 7/6 face à « Rafa », Thiem file en demi-finale face au numéro 1 mondial. Second match d’anthologie dans l’O2 Arena, Thiem dispose de Djokovic après 2h54 de jeu sur le score de 7/5 6/7 7/6. En finale, ce long combat pèse dans les jambes de l’Autrichien. il perd finalement en trois manches face à Daniil Medvedev. Le niveau de jeu était là, le physique moins.

Pour Dominic Thiem, le bilan de cette saison 2020 est très positif. Il débloque enfin son compteur en Grand Chelem, il développe un énorme niveau de jeu du début à la fin et surtout il sait maintenant qu’il peut battre les membres du big 3. S’il continue comme cela en 2021, il devra songer à agrandir l’armoire à trophées…

Crédit : Eurosport