Le Canada peut être fier de sa franchise. Malgré le départ de Kawhi Leonard, les Raptors ont prouvé qu'ils restaient une équipe dangereuse qu'il fallait respecter. Après une élimination en demi-finale de conférence face à Boston au terme d'une série d'anthologie, il faut maintenant regarder vers l'avenir pour Masai Ujiri et son board.

Espoirs et promesses

Qu'elle fut belle cette saison mine de rien. Alors que certains journalistes ne pensaient même pas que Toronto atteindrait les play-offs, la franchise canadienne a surpris tout le monde ou presque en finissant à la seconde place de la saison régulière à l'Est. L'année de la confirmation pour Pascal Siakam, Fred Van Vleet, OG Anunoby (nouveau pensionnaire de l'agence Klutch Sport) et de l'éclosion pour Norman Powell et Terence Davis. Le tout dirigé de main de maître par celui dont le nom résonne déjà comme celui d'une légende au Nord des Etats-Unis, Kyle Lowry, et coaché par celui qui vient d'être prolongé à la tête de l'équipe, le coach of the year, Nick Nurse. De quoi partir sur de bonnes bases pour la nouvelle saison, même si certains mouvements ne sont pas à écarter. Vraisemblablement pas celui de Lowry puisque Masai Ujiri souhaite voir son meneur jouer encore dix ans. Encore sous contrat jusqu'en 2021, il y a fort à parier que Lowry restera chez lui la saison prochaine, surtout après ses play-offs de qualité.

“Je vais vous dire un truc. Je ne veux plus entendre qu’il y a toujours des hauts et des bas avec Kyle Lowry. Ce gars est un génie ok ? Je dis au monde entier que ce gars est incroyable. Ce qu’il a fait pour cette franchise est fou. Je ne vais pas commencer à dire qu’il a sa place au Hall of Fame et tous ces trucs parce que j’espère encore 10 années incroyables de ce gars. Plus il vieillit, meilleur il est, c’est fou. Je n’ai jamais vu une chose pareille. En tant qu’humain, en tant que joueur, Kyle est phénoménal.” Masai Ujiri

Les dilemmes de la Free Agency  

Trois joueurs majeurs des Raptors sont en fin de contrat au terme de cette saison à rallonge. Le plus populaire d'entre eux est Fred VanVleet dont le contrat à 8M de dollars devrait facilement doubler. Les New York Knicks seraient d'ailleurs prêts à offrir 22M de dollars par an à l'artilleur des Raptors qui a confirmé les belles promesses entrevues lors des play-offs 2019 avec une saison à 17 pts à 39% derrière l'arc. Un prix sur lequel devrait sans doute s'aligner Masai Ujiri qui ne souhaite pas se séparer de son meneur/arrière.

Les deux big men espagnols de Toronto sont eux-aussi agents libres. Serge Ibaka a montré qu'il pouvait encore rendre de très bons services avec ses excellentes performances dans la bulle. Il ne devrait donc pas avoir de mal à se faire offrir un probable dernier gros contrat, similaire à celui qu'il avait cette année (23M$). L'avenir de Marc Gasol semble davantage s'écrire en pointillés. L'apport offensif de Big Spain est de moins en moins important et ses 35 ans ne jouent pas en sa faveur quand il s'agit de défendre face à des pivots plus mobiles. Le champion du monde espagnol penserait d'ailleurs à retourner dans son pays d'origine pour se rapprocher de sa famille.

Tous deux trentenaires, un choix sera certainement fait entre les deux membres de la Roja pour libérer de l'espace à un autre intérieur. Chris Boucher, lui aussi en fin de contrat mais restricted free agent, pourrait alors voir son temps de jeu augmenter si l'organigramme des Raptors venait à le conserver.

L'échiquier des Trade

Crédit : nba.com

Ce n'est un secret pour personne, surtout pas pour Adrian Wojnarowski, les Raptors se sont positionnés pour accueillir Giannis Antetokoúnmpo lors de la Free Agency 2021. L'élimination prématurée des Bucks face à Miami en demi-finale de conférence va t-elle précipiter le départ du Greek Freak vers le Canada ? Difficile à croire à moins d'un deal impliquant la prolongation de certains free agent des Raptors ou/et le départ de Pascal Siakam et son contrat à 125M$ sur quatre ans.

Toronto compterait également utiliser la Free Agency pour compenser l'éventuel départ de ses intérieurs. Le board canadien aurait jeté son dévolu sur le sixième homme de l'année, Montrezl Harrell.

L'explosif ailier fort des Clippers apporterait un renouveau en terme de dynamisme et de hustle au secteur intérieur de l'équipe canadienne.

La rumeur Bradley Beal sera elle remise au goût du jour ? L'intérêt des Raptors pour le scoreur des Wizards auteur d'une saison stratosphérique à plus de 30 pts ne date pas d'hier mais nombreuses sont les franchises à être intéressées par celui qui a été très en colère de ne pas faire partie des équipes All-NBA cette année.

Toronto a souvent fait les bons choix depuis l'arrivée de Masai Ujiri aux commandes de la franchise. Des trade parfois surprenants mais souvent payants. Il n'y a plus qu'à se demander quel sera le prochain, en attendant la reprise.