L'automne réussit décidément bien à Daniil Medvedev. Après une fin d'année 2019 auréolée d'un titre à Shangaï, le Russe a réussi une fin de saison idyllique en 2020, en remportant coup sur coup le Masters 1000 de Bercy et le Masters de Londres. Retour sur une saison aux allures de montagnes russes.
On avait laissé un Daniil Medvedev émoussé au terme d'une saison 2019 couronnée de nombreux succès. En 2020, ce dernier a retrouvé le chemin des courts à l'occasion de l'ATP Cup, lors de laquelle il a contribué à amener son pays jusqu'en demi-finale. Après quatre victoires successives en simple contre Fognini, Ruud, Isner et Schwartzman, le n°1 russe s'est seulement incliné lors d'une opposition de grande qualité face à Novak Djokovic (1-6/7-5/4-6), et a rassuré les observateurs après deux dernières sorties très moyennes en 2019. Dans la foulée, le protégé de Gilles Cervara a atteint la deuxième semaine de l'Open d'Australie, où il s'est incliné contre Stanislas Wawrinka en 8èmes de finale.
Quand la dynamique s'enraye…
La suite va être bien plus compliquée, puisque Medvedev s'incline d'entrée à Rotterdam (face à Pospisil) et au deuxième tour à Marseille (face à Simon). Le néo-Top 5 ne parvient plus à retrouver l'efficacité qui avait fait sa force lors de la deuxième moitié de sa saison 2019. Cela l'empêche de facto de mieux rentrer dans le terrain et d'exploiter toute sa palette offensive. Medvedev débarque alors à Indian Wells déterminé à trouver des solutions pour retrouver son meilleur niveau. Mais malheureusement pour lui, la Covid-19 en a décidé autrement, et le circuit sera suspendu jusqu'à l'été.
Au mois d'août, le natif de Moscou est de retour sur les courts américain. Medvedev tombe en quarts de finale du tournoi de Cincinnati face à Bautista-Agut, mais atteint surtout la demi-finale à l'US Open pour la deuxième année consécutive. Malgré sa défaite face à Dominic Thiem, on pense la fin de saison du Russe (enfin) lancée. Mais les doutes reviennent, et le n°5 mondial enchaîne les mauvais résultats, notamment sur terre-battue, où il ne gagne qu'un match entre les tournois de Hambourg, de Roland-Garros et de Saint-Pétersbourg. Daniil Medvedev doute, et, on l'apprendra plus tard dans la saison, confie à sa femme son inquiétude quant à son niveau de jeu et sa capacité à rivaliser avec les meilleurs.
Une fin de saison comme dans un rêve
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3ème titre en Masters 1000 à Bercy
Heureusement pour lui, lors de la saison en indoor, la première partie de cette année si particulière ne deviendra qu'un lointain mauvais souvenir. Le Russe retrouve confiance en son tennis. Il démarre son parcours à Bercy par une victoire contre son bourreau de Vienne, Kevin Anderson. Il doit ensuite se sortir d'un match piège face à Alex De Minaur pour rallier les quarts de finale. Après avoir perdu la première manche, Medvedev s'adapte tactiquement à son adversaire, et parvient à renverser l'Australien pour s'octroyer le gain de la rencontre (5-7/6-2/6-2). Une victoire qui a des allures de tournant, tant on commence à retrouver le Daniil Medvedev de l'été 2019.
Diego Schwartzman balayé, Milos Raonic maîtrisé, c'est Alexander Zverev qui se dresse sur la route du Russe en finale. Là encore, Medvedev perd le premier set. Mais là encore, le Russe va réussir à s'adapter à son adversaire. Grâce à sa science du jeu et à sa qualité dans les domaines du service et du retour, Medvedev prend peu à peu le dessus sur l'Allemand. Finalement, il continuera d'être le plus fort physiquement dans l'ultime manche, et ne sera plus rejoint. Il remporte son troisième titre en Masters 1000. Après quelques mots de remerciements pour son équipe, les regards sont tournés vers Londres, où tous les espoirs sont permis.
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Feu d'artifice à l'O2 Arena
Pour son premier match de poule, Medvedev retrouve Zverev, une semaine après sa victoire contre l’Allemand à Bercy. Bien loin de ses standards habituels au service, le finaliste de l’US Open ne trouve toujours pas la solution et s’incline en deux petites manches. Un succès inaugural qui donne confiance au Russe, qui avait perdu ses trois matchs de poule au Masters l’an dernier. Deux jours plus tard, le nouveau numéro 4 mondial réalise l’exploit de venir à bout de Novak Djokovic. Intenable du fond du court, Medvedev fait craquer le Serbe, qui n’a pas la force de produire un effort suffisant pour revenir après la perte du premier set. Le Russe retrouve son efficacité au retour de service, et le numéro un mondial ne parvient pas à trouver des solutions face à un adversaire qui lui résiste dans des secteurs qui lui sont habituellement préférentiels.
Un succès référence, qui lui servira quelques jours plus tard à 3. Mené 3-6/4-5 service à suivre pour le Majorquin, Medvedev trouve les ressources mentales pour renverser la partie. Ce dernier relance souvent dans les pieds de l’Espagnol, et n’hésite pas à monter à contre-temps pour lui mettre la pression au filet. Après un tie-break rondement mené puis une troisième manche de tous les dangers achevée sur une dernière faute en revers de Nadal, le Russe peut exulter. Bien qu'il n’ait pas l’air d’en revenir, le voilà en finale du Tournoi des maîtres.
Opposé à Dominic Thiem en finale, il perd une nouvelle fois la première manche. Mais une nouvelle fois, sa force de caractère prend le dessus, et sa capacité d’adaptation va lui permettre de retourner la situation en sa faveur. Éprouvé physiquement comme mentalement, l’Autrichien voit son plan de jeu contré de toutes parts, et commet de nombreuses fautes directes, laissant passer plusieurs occasions de se rapprocher du titre. Dans un scénario presque similaire à celui de sa demi-finale, le Moscovite doit passer par un tie-break dans le deuxième set pour rester en vie. Finalement, à l’usure, Daniil Medvedev conclut son tournoi et sa saison d’un service gagnant, et remporte le Masters de Londres. Une victoire majeure, qu’il aura acquise en écartant sur sa route les numéros un, deux et trois mondiaux. Une première dans l’histoire du tournoi.

Des victoires significatives qui ont mis en lumière les progrès et les sensations retrouvées de Daniil Medvedev sur cette fin de saison. Ce titre à Londres, consécutif à celui de Bercy, vient très clairement embellir son bilan annuel, et confirmer que le Medvedev entrevu fin 2019 n’était pas qu’un simple « one-shot ». Le joueur de 24 ans peut désormais envisager la suite avec le plein de confiance, et sera assurément l'un des joueurs sur lesquels il faudra compter à l’avenir.
Crédit photo de l’image en Une : Vosges Matin